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Festival de Saint-Denis
/ Pincemaille en son orgue

Pierre Pincemaille deavtn le grand orgue de la basilique de Saint-Denis
Pierre Pincemaille deavtn le grand orgue de la basilique de Saint-Denis

Il est rare d’être invité chez soi. C’est pourtant ce qui arrive à Pierre Pincemaille, titulaire de l’orgue de la basilique depuis 1987, que le Festival de Saint-Denis, en partenariat avec le Centre des monuments nationaux dans le cadre de Monuments en musique, a convié pour un grand concert dimanche 12 juin (17 h). Au programme, des pièces de nombreux musiciens. « Je veux montrer la diversité de cet instrument », annonce Pierre Pincemaille, en précisant comment il a construit ce concert. « On sait que Bach d’une part, au début du XVIIIe siècle, César Franck au XIXe et Maurice Duruflé au XXe d’autre part, ont beaucoup composé pour orgue. Et l’on pense à tort qu’il n’y a rien entre eux ! Alors que, ce qu’on sait beaucoup moins, de prestigieux musiciens ont également composé pour cet instrument. » Et de citer aussitôt Mozart, Mendelssohn, Schumann, Brahms… « Oui, monsieur, ces gens-là ont composé pour orgue, et je vais le montrer ! », insiste-t-il. C’est donc à un vaste panorama historique de l’instrument qu’il nous invite, qu’il terminera par une improvisation. « Cela fait partie de la grande tradition de l’école d’orgue française, dont le patriarche n’est autre que ce même César Franck, connu dans le monde entier », lance-t-il avec enthousiasme.

Pierre Pincemaille est intarissable sur l’orgue de Saint-Denis, son orgue. « C’est l’opus n°1 du célébrissime facteur d’orgue Cavaillé-Coll. Il fut réalisé en 1840 à la demande de François Debret qui en a dessiné le superbe buffet néo-gothique, un véritable écrin. » Il s’agit donc d’un instrument historique, conçu en fonction de l’acoustique de la basilique et qui, restauré dans les années 1980, comprend pas moins de 3 claviers, 69 jeux et… 4 200 tuyaux ! « Certes, depuis 176 ans, on a fait des progrès, mais il est somptueux et sa valeur historique est inestimable », affirme-t-il. Cela fait donc plus de vingt-huit ans que Pierre Pincemaille en est titulaire. « Et je compte bien fêter mes trente ans en novembre 2017 ! », annonce-t-il, en se disant non pas organiste mais musicien, autant interprète qu’improvisateur, qui joue de l’orgue. Nuance. Jusqu’en 1995, il donnait des concerts tous les dimanche. Depuis 2014, ceux-ci ont repris, un dimanche après-midi par mois à 17 h, d’avril à octobre. S’il est également professeur au conservatoire national de musique de Paris, ce n’est curieusement pas l’orgue qu’il enseigne. « Je suis professeur de contrepoint, qui est une science d’écriture de la musique superposant plusieurs lignes mélodiques, précise-t-il. Ça m’aère, ça me sort de mes tuyaux », ajoute-t-il en souriant. Des tuyaux vers lesquels il revient cependant avec une passion toujours aussi vive et qu’il aime à partager.

Benoît Lagarrigue