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/ Petites bêtes à concours

Les élèves de l’école Jules-Vallès se sont illustrés dans le cadre de deux concours nationaux ces dernières semaines. Une approche différente des apprentissages à méditer.
Les lettrines travaillées par les élèves de l'école Jules-Vallès
Les lettrines travaillées par les élèves de l'école Jules-Vallès

Pauline Binten, Charlotte Thellier et Emmanuel Papelier sont des profs de CM2 heureux et surtout fiers de leurs élèves qui s’avèrent être de véritables « bêtes à concours ». « Ce sont eux qui réclament désormais : maître, maître, quand est-ce qu’on s’entraîne ? », relate Emmanuel Papelier, tout sourire. Mais qu’est-ce qui peut bien motiver ces petits dionysiens ? Un castor. Pas le génial bâtisseur à queue plate mais le concours éponyme d’informatique qui voit se prêter au jeu chaque année depuis 2011 plus de 600 000 élèves, du CM1 à la terminale, partout en France. L’objectif de Castor est de faire découvrir aux jeunes l’informatique et les sciences du numérique. Au menu, exercices de logique et casse-tête en tout genre, telle que cette tour infernale à reproduire en cinq étapes maximum dans un temps imparti. Autant dire que beaucoup s’y cassent les dents… mais pas les élèves de l’école Vallès, tous dans la première moitié du classement. « Sur les 15 000 CM2 participants, notre moins bon élève s’est classé 6 093e et notre meilleure 146e », détaille Emmanuel Papelier. Une élève a même dépassé le maître. Toni a en effet réalisé l’exploit de cumuler plus de points que son prof qui retient que « l’on peut motiver les élèves en leur proposant des activités et une approche différente. La compétition, les lots à gagner et l’outil informatique, ça les pousse ». Après avoir franchi l’étape Castor, nos petits champions peuvent donc se frotter désormais sans complexe à Algoréa, concours centré sur la programmation et l’algorithmique.

Mais l’informatique n’est pas le seul dada des CM2 de Vallès qui aiment aussi les belles lettres. Ainsi ils sont des 26 heureux élus retenus par le jury du concours national des Mots et des lettrines, initié par les éditions Le Robert (le dictionnaire). S’ils ont travaillé sur le Y de yoga, le Q de queue et le W de wagon, c’est le X de xylophone (notre photo) qui les a fait gagner. « Il a fallu penser au sens des mots pour les traduire en image, analyse Pauline  Binten. Mais sans la contrainte de l’écrit et de la définition. C’est plus ludique. » La reconnaissance finale a aussi été un véritable moteur. « Ils attendent avec impatience l’édition du dictionnaire où figurera leur lettrine avec leur nom », témoigne l’enseignante. À l’heure où le niveau académique des élèves dionysiens est souvent pointé du doigt, on veut croire que l’expérience heureuse de l’école Vallès n’est pas qu’un simple concours de circonstances et qu’à Saint-Denis aussi, quand les conditions sont réunies, on réussit.

Yann Lalande