En ville

Nuit blanche et fête de Saint-Denis

Du centre-ville aux berges du canal, du musée au square Degeyter, une déambulation nocturne et culturelle ponctuée de moments forts. Récit.

La Nuit blanche haute en couleurs

Le jour tombe. D’abord, il faut préparer l’affaire. Bien établir son parcours pour en rater le moins possible. Savoir si on va commencer par le canal ou le musée. Ou la basilique. Les portes y sont grandes ouvertes. À l’intérieur, une curieuse installation attire le regard. Le collectif d’architectes Lab[Au] a installé une déclinaison de cadres carrés et lumineux qui en encadrent d’autres et se meuvent de façon aléatoire et fascinante. Le son qu’ils produisent en bougeant fait penser au vent dans les blés… Direction le canal, dont les berges, en contrebas du square Degeyter, sont re-créées et ré-inventées. Un collectif d’artistes, enseignants et étudiants de Paris 8, ainsi que le plasticien Vincent Ganivet et ses roues de parpaing devant un immeuble en construction, habillent ce rivage qui suggère alors la possibilité d’un lieu à habiter, à jouer, à exposer. Le long de ces berges, magnifiques, on croise des têtes connues, ou pas, ou qui le deviennent, il y a même Françoise avec un joli chapeau à damier. On attend, tranquilles. Il fait maintenant nuit et une sirène retentit. Sur le canal surgit une barque, de la brume, des lumières. Un enfant dit que c’est beau, un autre rit, et un drôle d’homme-grenouille trébuche sur l’eau. Il est en équilibre précaire au fur et à mesure qu’une grosse boule émerge peu à peu des profondeurs, alors qu’une trompette résonne au loin…

Le premier set de l’académie Fratellini au square Degeyter

On retourne maintenant vers la basilique. On croise des familles pressées qui se dirigent vers le premier set de l’académie Fratellini au square Degeyter. Ça a commencé ? Les enfants pressent les parents. Nous, on ira plus tard. Pour l’heure, on passe devant le Soixante d’où Christoph(j) projette sur la maison d’en face des images d’arbres mouvantes. Rue du jambon, Mai 68 resurgit à la faveur d’images, elles aussi projetées sur un mur. Plus loin, belle ambiance aux cuisines du monde de la place Robert-de-Cotte. Salle de la Légion d’honneur, le calme et la sérénité règnent. C’est une scène ouverte de contes, avec Mots et Regards. Les enfants sont assis devant, les adultes derrière, et l’on écoute en souriant l’histoire de la conteuse. Tiens, Françoise est là, avec son drôle de chapeau et sa copine.

Sur le parvis de la basilique, le Soleil noir d’Aktuel Force

Changement de décor sur le parvis de la basilique. Le Soleil noir d’Aktuel Force brille de mille sons, mouvements, gestes, devant la façade qui prend des couleurs et devient décor poétique et merveilleux de la danse. Il faut repartir, il y a encore moult choses à voir. Un pavillon de la rue Moreau est transformé par Ophélie Estève en salon de coiffure gentiment déjanté. Un peu plus loin, l’espace Synesthésie présente plusieurs expositions, dont de drôles et étranges Shadow Monsters de Philip Worthington, que l’on crée soi-même par nos propres mouvements. Ça va toujours, Françoise ? On rigole de se croiser plusieurs fois dans la soirée, au gré des visites et des spectacles. Allez, direction le musée où la fanfare Mardi Brass band met l’ambiance et les danseurs de la compagnie Pernette la poésie, jusque dans la rue.
Il est tard et le deuxième set de Fratellini va débuter à Degeyter. Univers de poésie, de beauté, créé par les apprentis qui montrent tout leurs talents. La troupe de l’académie donne là un magnifique point final à cette nuit magique et échevelée. Fourbus, mais des étoiles plein les yeux, on jure, même si c’est un peu tôt, qu’on nous y reprendra bien l’an prochain…

Benoît Lagarrigue

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Une fête en demi-teinte

La Fête de Saint-Denis 2009 était éclatée : les associations place Jean-Jaurès ; les cuisines du monde place Robert-de-Cotte ; les spectacles place Victor-Hugo ; les enfants place du Caquet, allée des Six-Chapelles et jardin Pierre-de-Montreuil ; sans oublier le vide grenier autour du marché, le chantier de fouilles archéologiques du Cygne, les ateliers de Franciade... Il y en avait pour tous les goûts et il y avait un peu de monde partout, mais peut-être manquait-il une forme d’unité de lieu pour faire en sorte que l’on se sente encore en fête, malgré les efforts et talents déployés dans chacun de ces pôles. Un peu comme s’il y avait eu plusieurs petites fêtes, en lieu et place d’une seule, à la fois plus resserrée et plus ample. La fête recentrée sur une journée a eu du mal à trouver ses marques. Rendez-vous en 2010 pour que la fête (re)commence.

B.L.

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