Cultures

Littérature
/ Michel Bezzina : poète des mers

Michel Bezzina vit à Saint-Denis depuis trente ans. Le poète publie à compte d’auteur Escales Insulaires aux éditions Vérone. Le recueil tiré à 300 exemplaires est disponible à la librairie Folies d’Encre. Entretien avec cet amoureux du voyage.
 Michel Bezzina vit à Saint-Denis depuis trente ans. Le poète publie à compte d’auteur Escales Insulaires aux éditions Vérone. Le recueil tiré à 300 exemplaires est disponible à la librairie Folies d’Encre. Entretien avec cet amoureux du voyage.
Michel Bezzina vit à Saint-Denis depuis trente ans. Le poète publie à compte d’auteur Escales Insulaires aux éditions Vérone. Le recueil tiré à 300 exemplaires est disponible à la librairie Folies d’Encre. Entretien avec cet amoureux du voyage.

LE JSD : Ce recueil est le premier ouvrage que vous publiez. Pourtant, la poésie, cela fait longtemps que vous la pratiquez…

MICHEL BEZZINA :J’écris des poèmes depuis que j’ai 16 ans en effet. J’ai appris tout seul à écrire de la poésie. D’ailleurs le poème intitulé L’Autan a été publié dans la revue trimestrielle Les Pharaons quand j’étais adolescent. Plus globalement, les écrits compilés dans ce recueil ont été écrits ces cinq dernières années.

LE JSD : Vous êtes poète autodidacte mais vous avez aussi tenu à transmettre ce que vous saviez.

MB :J’animais des ateliers d’écriture à Saint-Denis avec l’association Mots et Regards. C’était il y a une petite dizaine d’années. J’ai dirigé des ateliers d’écriture pendant sept à huit ans. Nous nous retrouvions dans les cafés, à Folies d’Encre sur un coin de table et parfois même parvis de la basilique. Nous partions d’un thème et nous le développions un peu comme ce que préconise Gianni Rodari dans Grammaire de l’imagination. Cela permettait de s’exercer à l’écriture et, aujourd’hui, grâce à ces ateliers, je n’ai plus l’angoisse de la page blanche. 
 

Orientalisme 

LE JSD : Justement, vous semblez tirer votre inspiration de vos voyages. Dans Escales insulaires vous faites souvent référence à la mer, au continent africain…

MB :J’ai commencé à naviguer quand j’avais 13 ans. Mes premiers grands voyages, je les ai faits en bateau. J’ai fait le tour de l’Atlantique par exemple. D’ailleurs, tout ce qui est dans le livre je l’ai plus ou moins vu. Je m’inspire de l’océan et des tropiques même si aujourd’hui je ne voyage plus. Dans mon écriture il y a aussi un certain orientalisme, j’en suis conscient. On pourrait imaginer un tableau de Delacroix. Je voulais m’emparer aussi de thèmes philosophiques comme l’éternel retour de Nietzsche ou du temps qui passe tout en restant dans un registre maritime.

LE JSD : Il y a aussi un poème sur Saint-Denis…

MB :J’ai habité le long du canal. Souvent, je l’imaginais dans la brume avec un derviche sur un tapis volant qui apparaîtrait soudainement. Il y a aussi des choses cachées, quand je parle de paradis fictif au bas de l’escalier, je fais référence à des femmes qui prenaient du crack… Parfois, j’essaie juste d’enjoliver la dure réalité.

LE JSD : Quels sont les poètes qui vous inspirent ?

MB :Charles Baudelaire, José-Maria de Heredia, Henry Jean-Marie Levet et ses Cartes postales, Louis Brauquier… Pour moi il y a un point commun entre tous: on retrouve un certain orientalisme et une poésie très visuelle.

LE JSD : Comment décririez-vous votre processus d’écriture ?

MB :Je conçois des nuages de mots qui m’intéressent ou je sélectionne des rimes déjà préétablies. C’est une contrainte de style. Avec l’habitude, les alexandrins viennent plus vite, les hémistiches et les césures également… Mais il faut toujours travailler. C’est une gymnastique.

LE JSD : Vous vous inspirez aussi des auteurs membres du groupe de l’OuLiPo. Selon vous, la poésie doit-elle être contrainte ?

MB :Je pense qu’il y a toujours des contraintes que l’on se fixe. Que ce soit dans le graffiti, la musique, la sculpture… Dans l’art il faut toujours une contrainte pour pouvoir déclencher l’imaginaire. Ce n’est pas forcément de l’emprisonnement. La contrainte doit être vue comme un cadre. Par exemple, Perec, dans La Disparition (écrit sans la lettre e, ndlr), voulait symboliser la disparition de sa famille dans les camps.

 

Propos recueillis par MLo

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur