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Mary Stuart vie privée vie publique

Sur fond de guerre de religion et de luttes ancestrales entre les différentes puissances d’alors, la pièce de Schiller se situe juste avant que Mary Stuart ne soit décapitée. Et interroge sur la place de l’intime dans la responsabilité publique. Du 28 septembre au 18 octobre.

C’est avec une pièce du dramaturge allemand Friedrich Schiller (1759-1805), Mary Stuart, que le TGP ouvre sa saison 2009-2010. Personnage historique, reine d’Écosse à l’âge de… 3 jours, fille de Marie de Guise, Mary Stuart est fiancée au futur roi de France François II, qu’elle épouse et dont elle devient rapidement veuve. Elle retourne alors en Écosse, se marie avec un lord qui meurt dans un attentat, dont elle épouse l’instigateur ! Elle est alors chassée du trône et va chercher protection auprès de sa cousine, la reine Élizabeth d’Angleterre, qu’elle n’a jamais reconnue et qui va la jeter au cachot. Sur fond de guerre de religion entre le catholicisme et la Réforme, de lutte ancestrale entre l’Angleterre d’une part, l’Écosse, la France, l’Église et l’Espagne de l’autre, Mary est accusée de fomenter des complots contre sa sœur qui la condamne à la décapitation en 1587, à l’âge de 44 ans. Voilà pour le contexte historique.

La place du personnel dans la responsabilité publique…

L’action de l’œuvre de Schiller se situe juste avant l’exécution de Mary. C’est cette pièce que Stuart Seide a choisi de monter. De ce metteur en scène, né à New York et qui vit et travaille en France depuis 1970, on avait vu l’an dernier au TGP Baglady, émouvant solo d’une femme brisée. Avec Mary Stuart, il s’attache encore à des personnages féminins. « Cela fait quinze ans que j’avais cette pièce en moi. Et la rencontre avec Cécile Garcia Fogel (Élizabeth), qui jouait Baglady, et Océane Mozas (Mary Stuart), qui a joué également l’an dernier au TGP dans Classe, de Blandine Keller, fut déterminante. C’est une histoire de personnes, que j’ai abordée comme une fable. Il était une fois… », annonce-t-il pour parler de l’adaptation de la pièce qu’il a faite avec le germaniste Eberhard Spreng. Pour lui, si Schiller se situe bien dans la lignée de Shakespeare, qu’il admire, il se place aussi comme le précurseur d’Ibsen ou de Strindberg. « Pour moi, la question que pose Schiller est celle du rapport entre les personnages publics, les gouvernants, et les personnes privées. Comment ces mêmes individus font des choix qui ont forcément des conséquences capitales, avec leurs vécus, leurs sentiments, leurs faiblesses, leurs élans. C’est fascinant de voir comment ces décisions sont prises, la place du personnel dans la responsabilité publique… »

Ce sont aussi les deux faces de la même femme

Et puis ce sont ici deux femmes. Autre sujet de réflexion pour Stuart Seide. « Elles se ressemblent et sont dans une opposition frontale. Mais ce sont aussi les deux faces de la même femme. La pièce parle de la façon dont elles assument le fait d’être une femme de pouvoir dans un monde d’hommes. L’une, Élizabeth, leur ressemble, dit : “Je suis roi”, nie sa sexualité ; l’autre Mary, affirme sa féminité, utilise la séduction, le charme. » Mais il ne faudrait pas, selon le metteur en scène, limiter la pièce à ces deux personnages, si centraux soient-ils. « Tous ont cette dualité, hésitent devant les choix à effectuer et sont profondément humains. Il n’y a pas d’un côté les bons et de l’autre les méchants. Chaque personnage vit un vrai drame intime et, en ce sens, la vraie question posée, à laquelle je ne réponds pas, est : peut-on gouverner uniquement avec des bons sentiments ? » Quoi de plus actuel ?

Benoît Lagarrigue

Mary Stuart de Friedrich Schiller, mis en scène par Stuart Seide, au Théâtre Gérard-Philipe (59, boulevard Jules-Guesde) du 28 septembre au 18 octobre, du lundi au vendredi à 20 h, samedi à 19 h, dimanche à 16 h. Relâche le mardi et le mercredi. Tarifs : 20 €, 13 € pour les habitants de Seine-Saint-Denis, 10 € pour les Dionysiens. Réservations au 01 48 13 70 00 ou sur reservation@theatregerardphilipe.com

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