Cultures

Leur fibre musicale a vibré avec le projet Démos

Salle Pleyel à Paris, les 29 et 30 juin, ces garçons et filles de 7 a 16 ans ont participé au concert de jeunes issus des quartiers populaires, sous la direction de Zahia Ziouani.
Vendredi 29 juin, salle Pleyel à Paris
Vendredi 29 juin, salle Pleyel à Paris


« Toréador, en garde ! Toréador ! Toréador ! » Vendredi 29 et samedi 30 juin, les 450 enfants du Projet Démos ont terminé leur parcours de trois ans en chantant à tue-tête cet extrait du Carmende Bizet. La salle Pleyel à Paris a acclamé les fanfarons, qui reprenaient en boucle le passage plutôt que de rejoindre les coulisses.


Les quatre orchestres composés de musiciens âgés de 7 à 16 ans, issus des quartiers populaires de Paris et de sa banlieue, avaient auparavant joué sur des partitions de Bartòk, Mendelssohn, Prokofiev, Fauré et Gershwin, entre autres.


À en juger par le sourire des enfants et leur implication, le Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale – Démos – aura donc été un succès pour son premier essai. L’idée de favoriser l’accès des jeunes à la musique classique, par groupe de quinze, en s’appuyant sur 37 structures locales franciliennes, de maisons de quartier en centres socioculturels, a bien fonctionné.


Les instruments étaient prêtés, les séances encadrées par des éducateurs et des professionnels de la musique, avec le soutien des conservatoires locaux. La pédagogie, elle, se voulait innovante : travail sur les sons et l’émotion, arrivée progressive de partitions célèbres adaptées au niveau des élèves, notion de groupe puis passage sur scène placés au cœur de l’apprentissage.


« Au départ, on ne savait pas jouer de la musique. Peut-être qu’on n’aurait jamais essayé seules. Maintenant, on joue du violon tous les jours, on veut que ça continue et on va peut-être aller au conservatoire », racontent Kadidiatou, 10 ans, et Aïssata, 12 ans. Elles font partie des seize Dionysiens membres de la formation du 93.

L’orchestre du 93 en 3e position

Tous jouent du violon ou du violoncelle et viennent de la maison de quartier Plaine ou de la Réussite éducative, avec le renfort de quatre jeunes du conservatoire municipal de Saint-Denis . « Comme c’est notre dernier concert, c’était important de s’habiller encore mieux que d’habitude », s’amusaient-elles en coulisse, entre maquillage, choix des boucles d’oreille et dernières répétitions dans la cacophonie générale de l’avant spectacle.


Sur scène, l’orchestre du 93 est passé en troisième. Vêtu de rouge et de noir, il a joué sous la direction de Zahia Ziouani des extraits de la Symphonie numéro 5de Beethoven, du Concerto pour violoncellede Dvorak et de Harry Potter à l’école des sorciersde John Williams. Le résultat était excellent, à raison de deux heures de répétition par semaine à Saint-Denis, sans oublier les réunions mensuelles avec tous les musiciens du département.


« C’était super ! Même si on est triste de devoir rendre nos instruments. Ils vont nous manquer, on avait mis nos initiales dessus… En tout cas, on était un groupe vraiment soudé ! Et à ceux qui disent que le violon c’est nul, détrompez-vous, c’est le meilleur instrument du monde ! », s’enflamme Elysée, définitivement happée par sa passion pour la musique.


Le projet Démos devrait bientôt repartir pour trois nouvelles années, cette fois-ci avec mille jeunes d’Île-de-France et trois nouvelles régions concernées. Saint-Denis sera peut-être de la partie.

Aurélien Soucheyre


Le projet Démos a été coordonné par l’Association de prévention du site de La Villette, en partenariat avec la Cité de la musique, l’Orchestre de Paris, l’orchestre Divertimento et la salle Pleyel.

Soutenu par le ministère de la Culture, l’Acsé et le Mécénat musical Société Générale, son budget annuel était du 1,2 millions d’euros. Le groupe de Saint-Denis était encadré par Nabila Talbi de la Réussite éducative, Aquiinson Petitfrère de la maison de quartier Plaine et les professeurs de musique Nathalie Priot et Catherine Brisset.

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