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Solidarité avec les migrants
/ Les Wallons en aide avenue Wilson

Le 13 janvier, le collectif Solidarité migrants Wilson a reçu le renfort de bénévoles arrivés de Belgique pour un petit-déjeuner servis avec l’appui d’autres bonnes volontés. Mais l’inquiétude prévaut pour ces jeunes migrants dont ils dénoncent « la mise en danger » par l’État.
Des bénévoles de Belgique ont porté main forte au Collectif Solidarité migrants Wilson en distribuant de la nourriture aux migrants installés avenue du Président Wilson.
Des bénévoles de Belgique ont porté main forte au Collectif Solidarité migrants Wilson en distribuant de la nourriture aux migrants installés avenue du Président Wilson.

Le 9 janvier, l’association France Terre d’Asile recensait 2 039 migrants échoués au nord de Paris. Dont 800 dans le secteur de la Porte de La Chapelle. Sous la pression des évacuations successives, ils s’y agglutinent avec leurs tentes sous le pont du périphérique, le long de la voie de sortie de l’A1, ou en contrebas de la « colline », repaire de fumeurs de crack entre périph et maréchaux. La concentration est telle qu’ils sont de plus en plus nombreux à se replier le long de l’avenue du Président-Wilson, où les campements démantelés voilà deux ans se sont reconstitués ces derniers mois.

Ils seraient aujourd’hui cinq cents, d’après le collectif Solidarité migrants Wilson (275 selon la municipalité). Des jeunes hommes de 20 à 30 ans, venus de Somalie, du Soudan ou d’Erythrée, et que les bénévoles du collectif accompagnent sans faillir, quelle que soit la météo, avec le renfort d’autres bonnes volontés.

Le dimanche 13 janvier, sont arrivés de Belgique une vingtaine de personnes, dont deux infirmières, avec quantité de victuailles. Des centaines de kilos de fruits et de boîtes de conserve, du pain, 300 crêpes fabriquées par une « crêperie solidaire »… C’était le deuxième convoyage de ce collectif wallon d’aide aux migrants qui avait déjà fourni vivres et matériels début septembre.

« Le collectif s’est constitué depuis près de trois ans. Il y avait eu d’abord des convois dans la jungle de Calais et à Grande-Synthe », raconte son principal animateur, Philippe Mercenier, qui estime aujourd’hui le nombre de migrants en errance « entre 500 et 700 migrants à Bruxelles, et de 100 à 120 sur les aires d’autoroute » dans cette région. « Paris, Bruxelles, Calais sont les trois épicentres », relève-t-il. Mais pour lui, « ici, à Paris, c’est pire qu’à Calais ». 
 

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Entraide

C’est par la presse qu’il dit avoir eu connaissance des actions du collectif Solidarité migrants Wilson. En effet connu et reconnu depuis ses débuts en octobre 2016, le collectif dionysien a inspiré un collectif Audonien Solidarité migrants, et attiré des bénévoles de toute l’Île-de-France. Dans ce mouvement d’entraide qui s’exerce à la Plaine, comme en maraudes aux portes du nord de Paris, le collectif dionysien est notamment épaulé par des habitants du quartier.

Ainsi Rached, un pâtissier qui fournit régulièrement pains et viennoiseries. Mais ce matin-là, les bornes fontaines de l’avenue n’étant plus alimentées, c’est une vingtaine de packs d’eau qu’il est allé acheter avec une voisine. Une association du 20e arrondissement, quant à elle, a déboulé avec des couvertures et des bonnets en polaire. De quoi compléter la distribution de gants et de chaussettes effectuée par Bahia, bénévole dévouée, chaleureuse, volontiers maternante envers les jeunes migrants. 
 

Le collectif, qui fournit un petit-déjeuner et un repas chaud par semaine – dont un barbecue au soir du Nouvel An – a ouvert en mars 2017 une cagnotte pour financer l’achat de nourriture et de matériels (1). « On les entrepose dans le garage mis à disposition par des particuliers, qu’on ne connaissait pas », relève Philippe Caro. Très investi dans le collectif, le conseiller municipal explique par contre combien il a bataillé pour obtenir de la Ville deux WC, un urinoir et des bacs à ordures, finalement installés le 3 janvier.
 

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Les migrants qui campent à la Plaine n’en sont pas moins exposés aux problèmes de santé et au manque de soins, aggravés par la malnutrition et par le froid. À la fin décembre, le collectif Solidarité migrants Wilson était, aux côtés de Médecins du Monde et du Secours catholique, au nombre des 12 associations qui interpellaient le président Macron sur sa promesse de mise à l’abri des personnes à la rue. Elles dénonçaient « une faillite de l’État », aggravée par « la violence policière » et « la pression administrative ». Ainsi qu’une « mise en danger délibérée ». Le risque est d’autant plus grand, constate Jean-Jacques Clément, qu’à la Porte de La Chapelle, « il y a des dealers pour leur proposer du crack, avec d’abord une dose gratuite ».

Marylène Lenfant

1. Cagnotte Solidarité migrants wilson : www.lepotcommun.fr/pot/tusyjrwc

Réactions

Merci Jean-Jacques Clément pour l'explication. La première dose de crack est addictive. Il serait bon de mettre ces migrants à l'abri loin de la porte de la chapelle. Dans un pays, où des milliers de gymnases sont sous-utilisés, et où trois millions de logements sont inoccupés, la mise à l'abri de huit cent migrants ne semble pas impossible. Qu'est-ce qu'attendent l’État et la ville de Saint-Denis ? Que tous les migrants au nord de paris deviennent accrocs au crack ?
Mon épouse est passée hier pour donner des affaires d'hiver. Il semblerait que l'évacuation des migrants soit proche. Il ne faudrait pas que tout ce que les donateurs ont fourni aux migrants terminent à la benne comme çà était le cas pour l'évacuation de Paris VIII.

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