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Street-pooling
/ Les habitants se mobilisent face aux ouvertures de bouches

Face aux ouvertures intempestives des bouches à incendie qui entraînent chaque année des dégâts physiques et matériels, certains Dionysiens se retroussent les manches.
Samedi 29 juin, à la Saussaie, une piscine démontable a été installée, par le collectif la Petite liberté de la tour bleue, pour les enfants en raison des fortes chaleurs. © Yann Lalande
Samedi 29 juin, à la Saussaie, une piscine démontable a été installée, par le collectif la Petite liberté de la tour bleue, pour les enfants en raison des fortes chaleurs. © Yann Lalande

« On attend quoi ? Qu’il y ait un mort ? » Le ras le bol semble général. Avec l’arrivée des chaleurs estivales, les ouvertures intempestives de bouches à incendie se sont multipliées à Saint-Denis. Sur le seul mois de juin 2019, Plaine Commune a recensé 39 ouvertures dans la ville royale. La semaine de forte chaleur de la fin du mois de juin ayant entrainé un véritable « record sur le territoire ». Plus d’une centaine de bouches à incendie ont été ouvertes dans les 9 villes de l'Etablissement public teritorial (EPT). Parmi elles, 28 bouches ont été ouvertes à Saint-Denis du 25 au 30 juin. « Et on ne compte que celles sur lesquelles Plaine Commune est intervenu », précise-t-on. Les bouches à incendie sont en effet sous la responsabilité de l’EPT et ce sont les agents de l’UT Voirie qui sont chargés de les refermer.

Risques et conséquences

Les véritables geysers engendrés par ses ouvertures ne sont pas sans conséquences et ont failli coûter la vie d’un petit garçon de 6 ans jeudi 27 juin. Si la tragédie a heureusement été évitée de peu, le street-pooling a aussi des répercutions plus matérielles. Les bus 153 et 239 ont par exemple dus être détournés jeudi 27 et samedi 29 juin de 17 heures jusqu’à la fin du service vers 23 heures en raison de ces ouvertures intempestives. A la Plaine se sont des caves qui ont été inondées rue Saint-Just « après plus de 3 heures d’écoulement », causant des coupures d’électricité. « Chaque année c’est pareil, il n’y a pas assez d’activités aquatiques surtout à la Plaine », s’indigne une habitante du quartier. On essaie de protéger les petits comme on peut en mettant des petites piscines, en achetant des pistolets à eau mais cela ne suffit pas, c’est à Plaine Commune de prendre ses responsabilités. » La future piscine olympique qui fera face au stade de France sera accessible au public d'ici quelques années et devrait endiguer une partie du problème. Bien que les travaux de l'édifice n'aient pas encore démarrés, la Ville y a d'ailleurs d'ores et déjà réservé des créneaux pour ses écoliers dionysiens.

Pour beaucoup de Dionysiens la répression de ces actes est insuffisante. Il n’existe en effet pas de sanctions spécifiques contre les ouvertures de bouches à incendie. Les contrevenants risquent jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour la destruction ou la dégradation d’un bien destiné à l’utilité publique. Mais certaines villes comme Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) ont décidé d’agir localement. Un arrêté municipal de 2015 sanctionne le street-pooling d’une amende forfaitaire de 9 000 euros, soit le prix de 2 000 m3 d’eau qui correspond au gaspillage moyen par bouche dégradée. Une initiative qui pour Renaud, habitant de la Plaine, perd son intérêt « si on ne donne pas d’alternative aux jeunes en mettant à disposition des points d’eau ».

Mobilisation des habitants

Face à une situation qui se répète chaque année certains habitants de la Plaine ont décidé d’agir en alertant à travers une pétition le président de Plaine Commune Patrick Braouezec et le maire de Saint-Denis Laurent Russier. « On subit ses ouvertures et tous les problèmes de sécurité qui les accompagnent depuis des années, on a donc décidé de faire entendre nos voix », souligne Renaud, l'un des auteurs de la pétition qui a pour l’instant récolté plus de 160 signatures. " La meilleure façon d’entrer dans l’action est d’alerter les élus ».

Pour un petit groupe d’habitants de la Plaine, zone fortement touchée par le phénomène, la seule solution est de surveiller les bouches pour en empêcher l’accès, quitte à essuyer « des insultes et de l’agressivité de la part de certains ados ». « Je m’étonne que toutes les bouches ne soient pas munies d’un système de sécurisation », s’étonne Renaud. Une soixantaine de kits de sécurité ont été installés dans tous le territoire Plaine Commune dont plus d’une quinzaine à Saint-Denis : « insuffisant », juge une Dionysienne. « Surtout quand on sait que certains trouvent une parade ». En effet il n'existe pas, à ce jour, de système homologué qui empêche complètement l'ouverture de bouches à incendie.

A la Saussaie, Thierry Durieux, habitant de la tour bleue a décidé pour la deuxième année consécutive de prendre les choses en main. Ce dernier a fait l’acquisition, à ses frais, de quatre piscines gonflables dont une « très grosse » de 14 m3. « On met trois heures à la remplir », indique le fondateur de l’association La petite liberté qui organise des événements dans le quartier. Tous les samedis ce maître d’œuvre dans le BTP installe ainsi « illégalement » ses piscines sur la prairie de la Saussaie. Jusqu’à 180 enfants ont été dénombrés le samedi 29 juin. « Ça fait du bien à tout le monde, les parents viennent pique-niquer autour des piscines », détaille fièrement Christophe le fils de Thierry. « C’est une démarche citoyenne, on fait ça pour la communauté. »

Olivia Kouassi

Bel été à Saint-Denis

Du 19 juillet au 18 août du mardi au dimanche de 14 heures à 19 heures le village estival de Saint-Denis mettra à disposition au parc de la Légion d’honneur des jeux d’eau (brumisateurs, ventre glisse, pataugeoires et toboggan) et d’autres activités et ateliers.

Pour trouver le programme en détail : http://ville-saint-denis.fr/actualite/bel-%C3%A9t%C3%A9-%C3%A0-saint-denis-1

Réactions

A Saint-Denis VEOLIA facture le m3 d'eau 4,25 euros ttc (cf tarifs 2019 SEDIF). Chaque ouverture de bouche à incendie consomme 2000 m3 d'eau en moyenne et coûte donc 8500 euros à la collectivité territoriale. En juin 2019 VEOLIA a facturé 331500 euros ces 39 ouvertures de bouche à la ville de Saint-Denis. La répression de ces dégradations est insuffisante. Depuis mars 2014 combien de millions d'euros d'argent public dionysien dépensés pour payer des dégradations jamais sanctionnées ? L'absence d'un arrêté municipal punissant d'une lourde amende forfaitaire une ouverture de bouche revient à encourager celle-ci.
"Mais certaines villes comme Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) ont décidé d’agir localement. Un arrêté municipal de 2015 sanctionne le street-pooling d’une amende forfaitaire de 9 000 euros, soit le prix de 2 000 m3 d’eau qui correspond au gaspillage moyen par bouche dégradée." Voilà vous pouvez vous balader à Asnières ya pas de bouche ouverte quasiment. Comme quoi quand on veut régler un problème, on prend des mesures.
Qui paye la facture d'eau...
Outre les bouches d'incendie ouvertes, il y aussi le problème des piscines posées sur l'espace public. Dire que "A la Saussaie, Thierry Durieux, habitant de la tour bleue a décidé pour la deuxième année consécutive de prendre les choses en main. Ce dernier a fait l’acquisition, à ses frais, de quatre piscines gonflables dont une « très grosse » de 14 m3. « On met trois heures à la remplir », indique le fondateur de l’association La petite liberté qui organise des événements dans le quartier." :c'est signifier que cette association défie la loi et qu'elle ne prend pas en considération les risques pour les estivants. Qui contrôle la qualité de l'eau? Qui surveille le bassin? Qui prodigue les premiers secours en cas d'accident... En France on ne se noie pas dans une mer démontée mais dans des piscines privées n'ayant pas plus de 50 cm de profondeur ! 35 morts lors de la canicule de juin ! En cas d'accident la police sera trouver un coupable: l'association et la Ville qui a laissé la gestion de son espace public aux inconscients

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