En ville

10, boulevard Ornano
/ Les habitants expulsés ont été dirigés vers des hôtels

Mercredi 3 juillet, une quarantaine d'occupants du 10, boulevard Ornano dans le quartier Pleyel ont été évacués de leur logements insalubres suite à une décision de justice.
© Yann Mambert (Archives)
© Yann Mambert (Archives)

Aucun des occupants de l'immeuble du 10, boulevard Ornano n'a été mis au courant. Mercredi 3 juillet, la Préfecture a procédé à l'évacuation d'une quarantaine de personnes – dont des ménages avec enfants – qui habitaient depuis plusieurs années dans un immeuble insalubre du quartier Pleyel.

Cette opération « fait suite à la demande du nouveau propriétaire du bâtiment, validée par la justice », a précisé la Ville dans un communiqué mercredi 3 juillet. La Préfecture de Seine-Saint-Denis a indiqué dans un communiqué lapidaire qu’il s’agissait de « l’évacuation d’un squat », occupé depuis plusieurs années « de manière illicite ». L'immeuble repris en 2018 par un nouveau propriétaire va faire l'objet d'une « opération de réhabilitation pour une remise en conformité de cet hôtel », a précisé la Préfecture. 

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Les locataires de cet ancien hôtel meublé payaient entre 450 et 600 euros pour vivre dans ces logements aux états sanitaires indignes : humidité, moisissures, fenêtres borgnes, absence d'électricité... Victimes de marchands de sommeil, plusieurs d’entre eux sont éligibles au dispositif Dalo et sont en attente de relogement. Mi-avril, quatre ménages qui occupaient l'immeuble et qui avaient fait valoir leur droit au logement opposable étaient en processus de relogement.
 

Logés dans des hôtels

« Les services de l’État ont proposé une mise à l’abri à tous les occupants », souligne le communiqué de la Préfecture. Ces familles ont été redirigés vers des hôtels situés dans le département. Leur mise à l’abri est provisoire. La mairie de Saint-Denis a de son côté pris en charge 14 occupants de l’hôtel – parmi eux des hommes seuls, une famille de quatre personnes et deux couples – restés sans solution de « relogement pérennes », et ce, « à titre humanitaire », dans l’attente d’un relogement par le 115. Ces personnes logent aujourd’hui dans un hôtel de la ville. La durée de leur séjour n'a pas été communiquée.

« Un gros travail va être fait avec les familles » a expliqué la Ville afin de les aider dans leurs démarches de relogement et/ou régularisation. En février, Laurent Russier (PCF), maire de Saint-Denis et Éric Coquerel (LFI) député de la 1ère circonscription de Seine-Saint-Denis avaient écrit au préfet concernant la situation de cet immeuble où vivaient encore il y a cinq mois dans des conditions d’hygiène indignes une trentaine de personnes. 

Jeudi 4 juillet, Laurent Russier a adressé une nouvelle lettre au ministre chargé de la ville et du logement, Julien Denormandie. « Il me semble urgent de réunir au plus tôt une réunion avec l’ensemble des acteurs (État, Ville, Département) pour travailler à des solutions de relogement », indique la lettre.


Une situation dénoncée sur Twitter 

Dimanche 23 juin, le témoignage de la journaliste Laura Wojcik sur le réseau Twitter au sujet de la situation au 10, boulevard Ornano avait ému la Twittosphère. La jeune femme qui effectuait un reportage avait publié une quinzaine de photos commentées, décrivant l’état insalubre et indigne dans lequel vivaient plusieurs locataires. Plusieurs médias nationaux avaient par la suite relayé l'affaire.

La journaliste a réagi le mercredi 3 juillet dans la matinée à l'évacuation des familles sur Twitter : 

Réactions

Juste pour information. L'immeuble est insalubre depuis des années et tous les services de l'état (mairie inclus) se renvoient la balle. Mais comme c'est bizarre, l'immeuble change de proprio (à cause des JO comme c'est bizarre) et hop les habitants se retrouvent à la rue... Pendant des années, la municipalité a fermé les yeux alors que l'ancien proprio touchait des loyers. Mais à cause (ou grâce) aux JO, on expulse, l'immeuble va être rasé et des familles se retrouvent à la rue. Et ensuite, un élu (d'ici la, on ne sait pas qui sera le prochain maire) va poser la première pierre du nouvel ensemble. Beaucoup de larmes de crocodiles ont été lâchés. On y croiraient presque... Ville bâtisseuse... On ne demande vers qui vont les profits.
Il y a de l'insalubrité, Azzedine n'est pas content ! On évacue un immeuble insalubre, Azzedine n'est pas content ! Sacré Azzedine : carrément méchant, jamais content !
Bonjour @Pauline. C'est facile de bipolariser les débats. Cela permets d'évacuer les responsabilités et de rentrer tranquillement à la maison en ayant la conscience tranquille. Le vrai sujet est pourquoi un immeuble sur la ville est resté autorisé ouvert aussi longtemps alors qu'il mets en danger des personnes. On peut toujours dire que c'est la faute à pas de chance... Mais la malchance est vraiment présente sur Saint Denis. Et dire qu'on va loger tous le monde à Saint Denis dans de bonnes conditions est un vœux pieu. Il n'y a que les élus de la majorité pour le dire. Je ne suis même pas sur qu'il y croient vraiment... On a bien un président de commune qui votent Macron le dimanche et qui prends sa carte au PCF le lundi. On est plus à une contradiction prés. Ps: Si la situation de Saint Denis vous plait, tant mieux pour vous. Mais je ne suis pas sur votre avis soit partagé par la majorité de la population... Voir même des élus étant donné le nombre de candidature issues de la majorité municipale.
Le boulevard Ornano et le quartier Pleyel sont contrôlés par les trafiquants de drogue. Une pme du cannabis y emploie plusieurs dizaines de "salariés" avec une organisation impressionnante. En aout 2024 les dealers de Pleyel vendront leurs drogues aux athlètes olympiques et aux spectateurs/journalistes venus du monde entier. Combien d'athlètes olympiques se feront contrôlés positifs au cannabis par l'AMA ? Quel sera l'impact pour l'image de Saint-Denis et pour celle de Plaine Commune ?

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