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/ Les femmes à la conquête de leur espace

L’association Partenaires pour la ville, avec l’aide de la Maison de quartier Plaine, a constitué un groupe d’une douzaine de femmes, âgées de 35 à 70 ans, pour identifier les points problématiques de leur quartier. Pour ce faire, entre avril et mai, elles ont effectué trois marches exploratrices…
Elles sont une douzaine de femmes, habitantes de La Plaine à faire des marches exploratrices pour identifier les problèmes récurrents de leur quartier. © Aziz Oguz
Elles sont une douzaine de femmes, habitantes de La Plaine à faire des marches exploratrices pour identifier les problèmes récurrents de leur quartier. © Aziz Oguz

« L’espace public est pensé par les hommes pour les hommes », pose comme constat Josy Hebert. Ce mardi 10 septembre, posées autour d’une table à la Maison de quartier de la Plaine, ses camarades – toutes des femmes – partagent le même avis. « Quand la nuit on entend des bruits de pas derrière nous, cela peut nous angoisser. Ce sentiment, les hommes ne le ressentent pas », estime Marie Leroy, chargée de mission droits des femmes à la Ville. 

« On peut se sentir vulnérable, fragile », ajoute Marliese Feser, habitante du quartier de la Petite Espagne depuis presque dix ans. Récemment, elle a été agressée : un individu lui a volé un bijou alors qu’elle se déplaçait dans la rue. « Je n’ai pas envie de vivre dans la peur, mais c’est difficile de s’en détacher », confie-t-elle. Chacune d’entre elles ont des astuces pour se protéger : un sifflet pour faire peur ou encore une bombe… de déodorant pour éloigner un potentiel agresseur.

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Marches exploratrices

Pourtant, les femmes sont présentes dans la rue. « On constate que les hommes sont plus statiques et les femmes plus mobiles dans l’espace public », explique Loélia Marseille, médiatrice dans l’association Partenaire pour la ville (PPV). Cette dernière est à l’initiative d’une opération pour se réapproprier l’espace public, s’inspirant d’une action initiée en 2018 au Clos-Saint-Lazare à Stains. En mars, elle a constitué, avec l’aide de la Maison de quartier, un groupe d’une douzaine de femmes de la Plaine, de 35 à 70 ans, pour identifier les points problématiques de leur quartier. Entre avril et mai, elles ont effectué trois marches exploratrices, en partant du Pont Commun (sous le pont de Soissons) en passant par les rues Cristino-Garcia, de la Procession, de la Montjoie et l’avenue du Président-Wilson.

Elles ont effectué le même trajet en journée en semaine, le week-end et enfin en soirée. Elles ont classé les lieux selon qu’elles les évitent absolument parce « désagréables, peu sécurisants », d’autres qu’elles n’évitent qu’occasionnellement, et enfin ceux où elles se sentent en sécurité. La rue Saint-Just est l’endroit où elles sont le plus à l’aise, parce qu’il y a la médiathèque, l’annexe de la marie, la Maison de quartier, des écoles, le square et le théâtre de la Belle Étoile, expliquent-elles.

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« Les femmes sont aussi force de proposition »

L’un des gros points noirs est au niveau du pont de Soissons, au croisement de la rue du Landy et de l’avenue Wilson. C’est un nœud où la circulation piétonne et cycliste est dangereuse à cause des voitures. Elles l’évitent, notamment le soir à cause de « gens qui y zonent ». Deux squares de cette avenue principale, l’une au nord, l’autre au sud, sont désinvestis par les familles et les femmes parce que vétustes, sales et sources d’insécurité. « Ça sent l’urine. Il y a des rats », déplorent-elles. Elles regrettent qu’il n’y ait pas de toilettes publiques en bon état dans le quartier alors qu’il y a des sans-abris et des migrants à la rue.

Le 2 juillet, les marcheuses de la Plaine ont rencontré des élus et les services de la Ville (voierie, propreté, police municipale, etc.) pour faire remonter les problématiques et leurs doléances. « Il ne suffit pas d’être dans le constat. Les femmes sont aussi force de proposition », avance Loélia Marseille. Comme préconisation, elles ont par exemple proposé d’installer avenue du Président-Wilson des bandes lumineuses et de créer un espace de rencontre pour les femmes. 

Elles demandent aussi par exemple à revoir les éclairages dans certaines rues, de rénover les squares. Le 24 septembre, elles vont revoir les services de la ville au Pont Commun, en espérant qu’elles seront entendues.

Aziz Oguz

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