En ville

Les Européennes en un coup d’œil

Quelques repères factuels pour les électrices et les électeurs qui seraient jusqu’alors passés à côté de l’information minimale sur le scrutin de dimanche.

Du 4 au 7 juin, en Europe, a lieu une élection transnationale, l’une des plus grandes au monde. 375 millions d’électeurs potentiels, de 27 pays, doivent élire les 736 députés qui composent le Parlement européen. En France, nous votons comme d’habitude le dimanche, dans le bureau de vote (39 à Saint-Denis) où nous sommes inscrits, de 8?h à 20?h, pour élire 72 députés sur huit listes régionales. La France dispose ainsi, après l’Allemagne mais à égalité avec le Royaume-Uni et l’Italie, de la deuxième plus forte représentation au Parlement européen du fait de l’importance de sa population.

Qui vote??

Tout ressortissant d’un des pays membres de l’Union européenne, âgé de 18 ans au moins (16 ans pour l’Autriche) au moment du scrutin pour peu qu’il soit inscrit sur les listes électorales et ne soit pas déchu de ses droits civiques. L’âge minimal pour être candidat est de 23 ans en France. Elle varie de 18 à 25 ans dans les autres pays.

Combien de listes et de députés??

Au total, le ministère de l’Intérieur a enregistré 161 listes sur le territoire national, dont 28 en Île-de-France, d’où l’abondance des panneaux électoraux installés en ville (http://www.interieur.gouv.fr pour connaître le détail). Au total, un peu plus de 6?000 candidats vont se disputer les suffrages des électeurs, mais seuls 72 deviendront eurodéputés pour une durée de cinq ans. Depuis la loi sur la parité votée en 2000, les listes présentées en France sont soumises à l’alternance entre candidats de chaque sexe. L’élection s’effectue à la proportionnelle et ne comporte donc qu’un seul tour. La campagne officielle s’arrête le 6 juin, à minuit.

Quelles sont les principales instances européennes??

Elles sont au nombre de trois?: la Commission européenne, présidée depuis 2004 par le Portugais José Manuel Barroso, est chargée de proposer et de mettre en œuvre les politiques communautaires. La commission ne dépend pas des États membres, mais elle doit rendre des comptes au Parlement européen qui peut la censurer. Les commissaires disposent d’une administration puissante (environ 24?000 personnes), ils travaillent à Bruxelles.
Le Parlement européen?: c’est le seul organe parlementaire de l’Union à être élu au suffrage universel direct. Avec la réunion des ministres de chaque État (conseil de l’UE) et la Commission européenne, il constitue le troisième maillon du pouvoir législatif de l’Europe. Il vote le budget et contrôle la Commission. Son siège est à Strasbourg.
Le Conseil de l’Union européenne?: on l’appelle également le Conseil des ministres. Il réunit les ministres des gouvernements de chaque État membre. C’est lui qui adopte les règlements et les directives. Il partage le pouvoir budgétaire avec le Parlement. Attention?! le Conseil de l’Union n’est pas le Conseil européen, qui lui réunit les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, ni le Conseil de l’Europe qui s’occupe de la Convention européenne des droits de l’homme mais ne dépend pas de l’UE…

Le parti de l’abstention vainqueur??

Peut-être est-ce cette complexité de la structure, pourtant brossée à grand trait ci-dessus, qui classe le scrutin européen au rang de dernier de la classe en termes de participation citoyenne?? Toujours est-il que si les instituts de sondage ont vu juste, le taux de d’abstention pourrait tourner cette fois, en France, autour de 60 % voire le dépasser. Il était déjà de 57,5 % en 2004 (54 % en moyenne en Europe).
D.Sz

Benoît Hamon candidat du Parti socialiste

« Les gens vont mal, partout et dans toutes les générations. La question est de savoir si le vote du 7 juin est neutre pour leurs vies. Je ne le crois pas?: soit on laisse ceux qui ont organisé le recul des services publics, des droits sociaux, facilité les délocalisations, continuer pour cinq ans supplémentaires et alors il ne faudra pas se plaindre quand ça ira encore plus mal. Soit on se donne les moyens de mettre en œuvre un bouclier social, la solidarité budgétaire en Europe et pour cela, on fait passer la majorité de droite à gauche. Sans aucune arrogance vis-à-vis des autres listes de gauche, le seul groupe qui est capable d’avoir un nombre de députés conséquent pour constituer une majorité en lieu et place de la droite, qui malgré la crise s’attaque aux protections des salariés, c’est le groupe socialiste européen. Le 7 juin, voter social, c’est voter socialiste. »
Benoît Hamon sera en meeting à Saint-Denis vendredi 5 juin à 18?h?30 salle de la Légion d’honneur.

Philippe Julien candidat sur la liste Lutte ouvrière

« Partout en Europe, c’est le même spectacle. Celui des patrons qui licencient et des usines qui ferment. Et une usine qui ferme c’est une ville, une région qui meurent. Il faut voter pour une Europe débarrassée de la dictature financière, contre l’Europe du chômage, des exclusions, de la chasse aux immigrés. Il faut que s’exprime la colère des classes populaires, pour que soit exigées l’interdiction des licenciements et la répartition du travail pour sauver les emplois quand cela est absolument nécessaire. Il faut que les travailleurs défendent leur pouvoir d’achat, revendiquent des augmentations de salaires et de pensions parce qu’il n’y a pas de raison de se laisser étrangler. Enfin, il faut exercer un véritable contrôle des banques pour les empêcher de nuire et en finir avec les paradis fiscaux et le secret bancaire. »

Jérôme Jurjevic pour Europe écologie

« Europe écologie est LA liste qui combat réellement pour les droits de l’homme en mettant au cœur de ses préoccupations le refus du pillage de l’Afrique par les multinationales?; pillage qui, comme l’explique Eva Joly, transite par les paradis fiscaux. Europe écologie veut replacer l’humain au centre. Europe écologie est favorable à un “Bruxelles de l’emploi” pour contrecarrer le chômage. Avec notamment José Bové, nous défendons le principe d’une agriculture saine pour une alimentation saine. Au plan énergétique, nous refusons le nucléaire et nous voulons une énergie 100 % propre. Nous sommes également favorable à un bouclier social européen et à un revenu minimum d’existence. Europe écologie, c’est la liste qui met l’écologie au cœur des politiques européennes, échelon approprié pour être efficace. »

Patrick Le Hyaric tête de liste du Front de gauche

« Nous présentons une innovation politique majeure. Celle d’un front
unitaire de la gauche composé du Parti communiste, du Parti de gauche, de la Gauche unitaire, le Mouvement politique d’éducation populaire, République et socialisme pour ne citer que les organisations. Nous avons aussi l’appui de nombreux citoyens, de syndicalistes, d’économistes, de créateurs. Notre objectif est de peser en faveur de l’Europe sociale. Nous proposons par exemple d’augmenter les salaires de 250 à 300 euros en utilisant les 2?400 milliards de profits réalisés dans l’Union européenne. Nous voulons promouvoir une autre répartition des richesses, sécuriser l’emploi et la formation, en finir avec la privatisation des services publics pour, au contraire, les moderniser afin que les Européens de chaque pays aient accès aux biens communs humains que sont les transports ou l’énergie par exemple. »

Julien Mugerin (UMP) candidat sur la liste

Quand l’Europe veut, l’Europe peut
« Rénovation urbaine à Montfermeil, Emploi des jeunes à Saint-Denis avec les missions locales, l’Europe n’est pas lointaine, elle est dans notre quotidien. Avec Michel Barnier et Rachida Dati, nous voulons une Europe qui agit, protège, une Europe puissance politique, économique, culturelle qui parie sur l’avenir. Ne laissons pas l’Europe à une gauche prête à gager cet avenir sur une opposition puérile et stérile, qui propose des solutions qui n’ont fait leurs preuves que par leurs échecs. Choisissons de changer l’Europe avec Nicolas Sarkozy, de poursuivre les réussites de la présidence française de l’Union européenne, de répondre aux défis de la crise, de l’environnement, l’emploi, l’immigration, la jeunesse. En tant que candidat de Saint-Denis, usager de la ligne 13 et du RER, je veux que l’Europe s’investisse pour nos transports lorsque Valérie Pécresse gagnera la région Île-de-France en 2010?; en tant que jeune, je veux une Europe où tout est possible car tout simplement “quand l’Europe veut, l’Europe peut?!” »

Claire O’Petit pour le MoDem
« Le destin de la France et de l’Europe sont aujourd’
hui indissociables. L’Europe est notre seule chance
de lutter contre la crise et de surmonter les défis immenses auxquels nous avons à faire face. Elle est notre seule chance de défendre un modèle de société qui place l’Homme au cœur des politiques. L’Europe doit répondre à la crise actuelle, par un projet économique et social, qui refonde l’organisation actuelle de la mondialisation. Nous ne gagnerons ce combat que si les citoyens européens y sont associés. Nous voulons les informer de ces enjeux, construire une Europe transparente et proche de leurs préoccupations. L’Europe est aujourd’hui le “premier législateur français”. Elle est donc notre quotidien, et est aux côtés des acteurs publics pour les aider à réaliser différents projets. À Saint-Denis, au cours de la dernière législature, les subventions européennes ont été d’environ 1 million d’euros. »

Omar Slaouti tête de liste du NPA
« Je veux dire à toutes celles et tous ceux qui vivent dans les quartiers populaires qu’ils ont plutôt intérêt à se déplacer pour aller voter puisque ceux qui profitent des parachutes dorés ou du bouclier fiscal vont, eux, se déplacer et voter plutôt à droite. Il faut que celles et ceux qui subissent la crise aillent voter pour une liste anticapitaliste qui exige une harmonisation des salaires vers le haut, des services publics notamment de l’énergie et des transports. Ces mesures passent par une répartition des richesses. Aujourd’hui, ceux qui se proposent à gauche de porter des avancées sociales n’appuient pas obligatoirement sur cette nécessité. Nous, si. Autre chose importante?: il va falloir recomposer à la gauche du Parti socialiste, et il faut pouvoir compter sur le Nouveau parti anticapitaliste pour peser très fort dans ce sens-là. »

Le bus « Dieudonné » au marché de Saint-Denis

Accueil hostile aux militants du Parti antisioniste

Le vendredi 29 mai au matin, parmi les étals du marché, des militants font le guet, téléphone portable à portée de main. Issus du réseau dionysien de gauche et d’extrême gauche, NPA, CGT, PCF, Comité Saint-Denis en lutte, etc., ils attendent de pied ferme l’indésirable visiteur, Dieudonné. En campagne européenne à travers la banlieue, le président-fondateur du Parti antisioniste avait renoncé quelques jours plus tôt à son étape à Chelles où l’annonce de sa visite avait déclenché une levée de boucliers. Il ne sera pas davantage visible à Saint-Denis. Vers 10?h?40, quand les militants dionysiens, alertés, convergent vers la rue de la République, le bus de campagne, garé devant l’office de tourisme, ne livre pour seuls passagers qu’une quinzaine de jeunes, quelques Blacks, des Blancs, des Beurs. De quoi contrer les accusations antiracistes visant le grand ami de Le Pen et ses équipiers. Dans le tract qu’ils ont réalisé la veille, les militants dionysiens avaient pris soin d’en répertorier les principaux, Alain Soral, n° 2 de la liste, ex membre du comité central du FN, Cyrille Rey-Coquais, Emmanuelle Grilli… Tous connus dans les rangs de l’extrême droite.

« Le numéro que vous faites, Doriot l’a fait »

Pendant une heure trente, les invectives pleuvront de part et d’autres sous le regard d’une quinzaine de policiers. « Voyez, on ne peut pas s’exprimer, ils nous insultent », se plaignent auprès des passants les jeunes « antisionistes », qui en rajoutent une couche?: « Vous savez que ces gens-là, dans les manifs, ils ratonnent les Arabes et frappent les femmes voilées?? » « Je suis moi-même antisioniste », fulmine le conseiller régional PCF Jean Brafman en dénonçant l’antisémitisme qui fonde le « programme » de Dieudonné, ami du négationniste Faurisson. « Le numéro que vous faites, Doriot l’a fait ici même il y a soixante-dix ans », sermonne un autre militant dionysien. Son jeune interlocuteur hausse les épaules. Visiblement, il ignore l’histoire du Parti populaire français, son faux nez de cause prolétarienne pour faire passer des sympathies nazies.
À l’écart du tumulte, une petite table a été installée par le Collectif Paix Palestine Israël, pour contrer l’argumentaire de Dieudonné et de ses amis. « La cause palestinienne, on en parle depuis des années, on est lié au camp de Rafah, explique Nathalie L’Hopitault. Ce n’est un combat ni communautaire, ni religieux. Il y a des pacifistes israéliens qui nous demandent de l’aide. » Elle parle de la complaisance « désastreuse de l’Europe vis-à-vis de la politique israélienne », compare les jeunes militaires israéliens aux jeunes français dans la guerre d’Algérie, et distribue des tracts contre la prochaine visite en France du président Netanyahou.
Marylène Lenfant

Initiative du Front de gauche

Les militants fêtent 2005

Le Front de gauche a fêté la victoire du « non à l’Europe libérale » remportée lors du référendum du 29 mai 2005. Les militants du PC, du Parti de gauche ou n’appartenant à aucune formation, s’étaient donnés rendez-vous devant l’hôtel de ville vendredi dernier, en fin d’après-midi, pour tenter de convaincre les hésitants (et il y en a?!) qui passaient par là. Ces militants qui ont mené campagne bras dessus bras dessous appartiendront-ils au même Front passé le 7 juin et sous quelle forme??
Thierry, qui n’a plus de carte de parti en poche, l’espère?: « Je souhaite qu’un Front encore plus large continue après les élections européennes. C’est l’unité qui est porteuse d’avenir. » De l’autre côté de la place Jean-Jaurès, Frédéric, du Parti de gauche, fait remarquer que « ça continue déjà. À Nice, il y a eu une élection cantonale partielle et le Front de gauche était présent en tant que tel ». De là à franchir le pas d’une fusion PC-PG, il ne pense pas que ce soit à l’ordre du jour.
Hayat, candidate aux Européennes, venue en voisine depuis Saint-Ouen, va dans le même sens et précise que « c’est le peuple, la capacité à construire un Front populaire qui déterminera la forme d’organisation ultérieure ». Jean, resté sur sa faim unitaire, insiste sur la nécessité d’aller plus loin?: « Si ça ne s’élargit pas, ça se rabougrira », pronostique-t-il. Les militants goûtent semble-t-il l’attelage constitué et ne souhaitent pas que la parenthèse d’union se ferme.
D.Sz

29 élus de Saint-Denis appellent à voter pour le Front de gauche le 7 juin.

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