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Projet Arcadie
/ Les députés au crible

La Dionysienne Tris Acatrinei, juriste de formation, informaticienne autodidacte, a créé un site Internet pour tout connaître de nos parlementaires et du fonctionnement des institutions.
Tris Acatrinei
Tris Acatrinei

 


Vous voulez savoir qui est votre député ? Son âge, son métier ? Son parti, son groupe, les commissions auxquelles il appartient, ce qu’il fait de sa réserve parlementaire, ses résultats électoraux, les mandats qu’il cumule ? Vous souhaitez comparer ces informations avec un(e) autre des 925 parlementaires qui composent l’Assemblée et le Sénat ? Vous voulez des informations vérifiées, à jour, d’un seul coup d’œil ? Le Projet Arcadie est pour vous. Vous y trouverez tout ça et plus encore : un blog avec des recensions d’ouvrages, des billets pédagogiques sur le fonctionnement des institutions, ou Radio-Buvette où l’on débat de questions politiques et techniques. Dans un avenir proche, la plateforme devrait présenter l’historique des positions de vote de chaque parlementaire, mais aussi une bibliographie les concernant.

« Comme le boulot était bien avancé, j’ai décidé de faire le reste toute seule. »

Le projet a été conçu par Tris Acatrinei, Dionysienne d’extraction parisienne (XVIIIe), juriste de formation, informaticienne autodidacte, qui a travaillé pour Hadopi avant d’être collaboratrice parlementaire. « Alors que je travaillais pour un député, au moment des primaires à droite, j’ai eu l’idée de faire une cartographie des députés pour savoir qui soutenait qui, se souvient-elle. J’ai commencé à collecter les données et à m’amuser avec. » À ce moment, on lui propose de développer le projet pour une SSII (Société de services et d'ingénierie en informatique). « J’ai accepté,  mais un peu plus tard la boîte a été placée en liquidation. Comme le boulot était bien avancé, j’ai décidé de faire le reste toute seule. »

Le site a été lancé en novembre 2015. « Ce devait être une plateforme payante par abonnement. Mais je n’ai pas réussi à en avoir assez pour que ce soit viable. Donc j’ai décidé de tout passer en accès gratuit. La contrepartie, c’est qu’il y  de la publicité. Ce n’est pas le modèle que je voulais, je voulais un modèle “pur”… » Afin de financer le projet Arcadie, il faudrait 50 000 €. L’outil pourrait intéresser les médias, les chercheurs, les instituts de sciences politiques – avec l’ambition de remplir un rôle civique et de combler une barrière entre des politiciens qui n’ont pas tous compris les vertus de la transparence et des électeurs déçus : « Il y a une crise de confiance entre ceux qui savent comment fonctionnent les institutions et ceux qui restent à la porte de la politique. C’est pour ça que le Projet Arcadie existe. »