En ville

Les couleurs retrouvées de l’immeuble Coignet

Métamorphose. L’immeuble de la rue Charles-Michels qui a abrité le plus gros squat de la ville a désormais fière allure.
L'immeuble Coignet, au 59-61 rue Charles-Michels, après sa réhabilitation complète.
L'immeuble Coignet, au 59-61 rue Charles-Michels, après sa réhabilitation complète.


Le 59-61, rue Charles-Michels. C’était pendant près de vingt ans l’adresse du plus gros squat qu’ait jamais connu la ville. Derrière les hautes façades, sombres, lugubres, rongées par l’insalubrité, s’abritaient là des centaines de personnes. Autant dire qu’une telle métamorphose était difficile à imaginer. Mais après un chantier de deux ans, la société Histoire et Patrimoine a bel et bien livré l’immeuble qu’elle avait représenté dans sa brochure commerciale. Composé de trois corps de bâtiments, l’édifice de cinq étages a retrouvé son teint de jeunesse couleur sable et ses fenêtres moulurées. Les 72 petits logements pour ouvriers ont été remodelés en 58 appartements aux aménagements soignés. Ouvert à ses habitants en décembre, l’immeuble a été inauguré le samedi 16 janvier en présence des descendants de François Coignet, son constructeur, en 1856. Ce patron bâtisseur l’avait édifié avec un matériau tout nouveau de son invention, le béton aggloméré. Inscrit à l’inventaire des Monuments historiques, en 1998, l’immeuble a été rénové sous le contrôle des Bâtiments de France et de la Direction régionale des affaires culturelles. La ville ne pouvait espérer meilleur dénouement, comme l’a rappelé ce samedi le maire-adjoint Stéphane Peu.


Du T1 de 24 m2 au T3 de 60 m2


C’est à partir de 1994 qu’elle rachète lot par lot l’immeuble insalubre et en reloge les occupants. En 2001, alors qu’il est vidé depuis deux semaines et que le Pact Arim s’apprête à le réhabiliter, « il y avait là 298 personnes. C’était complètement squatté », rappelle M. Peu. En avril 2008, un incendie y dévaste une cage d’escalier et fait deux victimes, un homme de 25 ans et un bébé qui décédera à l’hôpital. 150 personnes, sans papiers comme la plupart, doivent être évacuées et hébergées. Parmi elles, une vingtaine de familles sont accueillies quatre mois après dans la résidence sociale voisine, tout juste livrée. Son bailleur et constructeur Adoma est sollicité par la ville pour réhabiliter le vieil immeuble Coignet aux fenêtres noires et béantes. Il est question là encore d’une résidence sociale. Le projet capote. La ville se tourne vers Histoire et Patrimoine, un promoteur qui a déjà mené à bien une réhabilitation a priori improbable, celle du coron Meissonnier. « Après notre première visite ici, il y a eu entre nous un grand silence », raconte Alexandre Mauret, son président, au souvenir des conditions de vie des familles. En août 2012, l’immeuble est enfin vidé de tout occupant. Et dûment gardienné. Missionnés par Histoire et Patrimoine, les architectes de l’Atelier Monchecourt & Co ont dû réaliser un diagnostic minutieux et effectuer maintes recherches pour reconstituer le mortier d’origine et réparer par des greffes les parties abîmées. Du T1 de 24 m2 au T3 de 60 m2, les appartements ont été vendus de 3 700 à 4 150 euros le mètre carré. L’offre commerciale était assortie de trois dispositifs fiscaux à l’attention des investisseurs pour y répartir les locations entre loyers conventionnés (de 7 à 13 euros le m2) et loyers libres. C’est à présent le service gestion d’Histoire et Patrimoine qui veille au fond au fonctionnement de la copropriété, partagée entre une cinquantaine de personnes. Acquis en 2014 par Altarea Cogedim, Histoire et Patrimoine s’apprête à livrer un autre immeuble rénové de 19 logements au 9 boulevard Félix-Faure.


Marylène Lenfant

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