En ville

Les conseillers citoyens font connaissance

Démocratie locale : Les trois coups d’une nouvelle expérience participative ont été frappés jeudi 21 janvier en mairie.
Jeudi 21 janvier, installation du conseil citoyen dans la salle des mariages de l'hôtel de Ville.
Jeudi 21 janvier, installation du conseil citoyen dans la salle des mariages de l'hôtel de Ville.

Bien qu’elle soit la plus vaste de l’hôtel de ville, la salle des mariages était particulièrement bondée ce jeudi 21 janvier, où se tenait la première réunion des conseils citoyens. Au côté du maire et des élus, Fadela Benrabia, nouvelle préfète déléguée à l’égalité des chances de Seine-Saint-Denis, s’est déclarée « impressionnée » par une telle affluence. À raison de 30 membres par conseil, pas moins de 210 personnes se répartissent à Saint-Denis dans cette nouvelle instance de participation instaurée par l’État dans les « quartiers prioritaires » (1). 

La liste en avait été établie le 15 décembre dans chacun des sept quartiers et pour autant de conseils. Le principe était de réunir habitants volontaires, habitants tirés au sort sur les listes électorales et de la CAF, et « acteurs » des mondes associatif et économique. « Le but de ce soir, c’est que vous fassiez connaissance, lançait le maire-adjoint Laurent Russier. Et que vous exprimiez ce qui vous tient à cœur. » Ainsi allait s’organiser pour chaque quartier un cercle de paroles, animé par le directeur et l’élu référent. Pour faire jaillir les propositions, les futurs conseillers étaient invités à imaginer le quartier transformé par une « baguette magique ». « Démolir la cité et tout reconstruire », lançait une habitante du conseil Franc-Moisin/Bel-Air/Stade de France, où l’on a parlé encore de « supprimer le trafic de drogue », de « désenclaver le quartier », ou de ne « plus avoir à raser les murs ».

« Je peux donner du temps à Saint-Denis. »

À quelques variantes près, les expressions sont partout les mêmes, sécurité, propreté, entretien et stationnement. Les motivations plus personnelles varient quant à elles en fonction des engagements associatifs. Pour Paul, les circulations douces?; pour Blaise, la scolarité et l’insertion des jeunes. « Moi, j’aime ma ville, parce qu’elle est multiculturelle. C’est ce vivre-ensemble qu’il faut préserver, insistera quant à lui Jean-François. Comme je travaille à temps partiel, je peux en donner à Saint-Denis. ». « Est-ce que cette réunion va aboutir à quelque chose, ou c’est seulement pour nous faire parler?? », lançait de son côté un homme échaudé par des consultations de quartier, dont « rien n’a été retenu », fulminait-il. 

De fait, tout reste à inventer de cette démocratie de proximité pour participer avec ses propositions à l’élaboration du contrat de ville, qu’il s’agisse de renouvellement urbain, de réussite éducative, d’ateliers santé ou de zones de sécurité prioritaire. À cet effet, un budget de 48?000 euros, financé par l’État et la Ville, sera mis à disposition des conseils citoyens en tant que « fonds d’initiatives associatives » qu’ils « vont arbitrer et gérer pour les associations naissantes », explique Laurent Russier. Au préalable, et pour y résorber les inégalités de compétences, 12 heures de formation seront prodiguées auprès de chaque conseil par des cabinets spécialisés dans la participation citoyenne. 

Ensuite, sans doute à partir de juin, les conseillers créeront leur propre structure, type association, dont ils auront rédigé la charte de fonctionnement. Des rencontres sont également prévues avec leurs homologues des villes de Plaine commune, en vue d’un conseil citoyen à l’échelle des neuf villes de l’agglo. Dans l’immédiat, les conseillers vont se voir proposer espace de réunion et de travail, pour la plupart dans les maisons de quartier. 

Marylène Lenfant

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