En ville

Contre les nuisances en centre-ville
/ Les arrêtés s'arrêtent

Photo d'archives (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis
Photo d'archives (©) Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis

Les arrêtés s’arrêtent. Ils interdisaient la vente d’alcool dans les épiceries et l’ouverture des salons de coiffure de l’hypercentre en soirée. Tant que les nuisances ne réapparaîtront pas, ces arrêtés municipaux ne seront pas reconduits. Au printemps dernier, le maire Laurent Russier (PCF) avait pris la décision d’interdire la vente d’alcool à partir 21h dans les épiceries du centre-ville ainsi que la fermeture des salons de coiffure de l’hypercentre, en raison des nuisances, et notamment des attroupements alcoolisés, favorisés par ces commerces. En vigueur du 1er avril au 30 novembre, ces arrêtés municipaux n’ont pas été reconduits par la Ville. Ils ont permis de réduire les nuisances et donc les plaintes des habitants. Pour prendre un arrêté, « le maire ne peut agir que sur des troubles répétés et signalés par écrit », précise son cabinet.

Mais ces arrêtés pourront être renouvelés si des nuisances sont de nouveau constatées, prévient la municipalité. « Les services de la ville – police municipale, santé environnementale, direction de quartier, médiateurs de nuit – restent pleinement mobilisés pour la tranquillité des riverains », affirme le cabinet du maire. Il invite par ailleurs les habitants à signaler les nuisances par mail à l’Unité santé environnementale (USE), chargée de la publication de ces décisions (1). Le bilan des huit mois d’interdiction est plutôt positif, même s’il n’a pas permis de régler tous les problèmes liés à la vente d’alcool. « Les salons de coiffure dans le centre-ville ont dans l’ensemble respecté l’arrêté. Il n’y a eu que sept verbalisations pour non-respect de la fermeture à 20 h », note Bruno Charles-Alfred, chef de la police municipale (PM). Principalement visés par cette décision, les salons de coiffure afro ont donc bien baissé le rideau à l’heure.

Flagrants délits difficiles à constater

En revanche, des épiceries de nuit n’ont pas respecté l’arrêté de vente l’alcool à partir de 21 h. Malgré tout, aucun procès-verbal (PV ) n’a été dressé par la police municipale. « C’est plus difficile de faire respecter cet arrêté parce qu’on est obligé de constater un flagrant délit », explique le chef de la PM. Les commerçants ont aussi profité de la fin de service des policiers municipaux à 22 h. La PM a utilisé des moyens détournés pour sanctionner les épiciers récalcitrants. « On cherche d’autres biais. On peut par exemple déclencher une inspection d’hygiène ou de sécurité. On a ainsi réussi à fermer administrativement une épicerie pendant plus d’un mois suite à un contrôle. On a mené des actions pour pacifier des situations, même s’il n’y a pas de PV pour le quantifier », défend Bruno Charles-Alfred. Avec le froid hivernal, moins de nuisances sont attendues. Mais le retour des beaux jours annoncera-t-il le retour des arrêtés ?

Aziz Oguz

(1) sante.use@ville-saint-denis.fr 

Réactions

Bonjour à tous, Je reviens sur cette article concernant la fermeture tardives des commerces, cela me fait rire quand je lis "En revanche, des épiceries de nuit n’ont pas respecté l’arrêté de vente l’alcool à partir de 21 h. Malgré tout, aucun procès-verbal (PV ) n’a été dressé par la police municipale." donc à quoi sert une police municipale si la sanction n'est pas appliquée. Après, il faut pas s'étonner que des personnes ne respectent pas la cadre de vie des citoyens. Bon courage.