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Expulsion
/ Le squat de la Poterie évacué

Il restait encore une dizaine d’occupants dans l’ancien local commercial du 5, rue de la Poterie. L’intervention de la police pour les expulser met fin à onze mois d’existence du centre social autogéré de l’Attiéké-Poterie.
L'ancien local commercial du 5, rue de la  Poterie a été évacué de sa dizaine d'occupants par les forces de police ce vendredi 11 octobre. © Aziz Oguz
L'ancien local commercial du 5, rue de la Poterie a été évacué de sa dizaine d'occupants par les forces de police ce vendredi 11 octobre. © Aziz Oguz

C’est la fin du squat du 5 rue de la Poterie. « Il faut sortir de la maison ! », lance, désolée, une militante à un petit garçon qui vivait là avec ses deux frères et ses parents. Vendredi 11 octobre au matin, les policiers ont évacué ce bâtiment commercial de 900 m2 situé dans le nord de la ville, à la limite d’Épinay et Villetaneuse. Les occupants ne se sont pas opposés à l’intervention policière qui s’est déroulée dans le calme. Aidés des militants du Collectif d’aide et de soutien aux personnes étrangères et réfugiées (Casper) et du centre social autogéré de l’Attiéké-Poterie, les habitants des lieux ont rempli les véhicules de tout ce qu’ils pouvaient : lits, matelas, frigos, affaires personnelles… Dans le grand hangar et les bureaux transformés en chambres, au milieu des canapés et des tables, il reste encore quelques jouets et peluches au sol.

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Trêve hivernale

« L’expulsion a lieux à deux pas de la trêve hivernal [du 1er novembre au 31 mars].C’est rageant, souffle Claudia, militante dionysienne de l’Attiéké. Ce n’était pas seulement un lieu d’habitation. C’était aussi un centre social. C’est la fin de tout ça. »

Le jour de l’expulsion, le squat comptait onze personnes, dont deux femmes enceintes et trois enfants, contre une trentaine d’occupants (Ivoiriens, Nigérians ou Maliens) il y a quelques semaines. Des résidents étaient déjà partis s’installer ailleurs. En effet, l’expulsion était devenue inévitable depuis le 24 septembre quand la décision de la juge d’exécution du tribunal de Bobigny a notifié par courrier sa décision d’expulsion. Vendredi 4 octobre, l’huissière mandatée par le propriétaire des locaux, la société Jsoons Poterie, s’est rendue au 5 rue de la Poterie. Le lundi 7, des agents de police ont voulu rencontrer des occupants pour connaître le nombre de personnes dans le squat, mais l’accès au bâtiment leur a été refusé.

« On a toujours demandé qu’il y ait un diagnostic social. Mais ce n’est pas aux policiers de le faire à quelques jours de l’expulsion. Ce sont des travailleurs sociaux qui doivent faire ce travail », critique Claudia. Ce vendredi, la police a répertorié les derniers occupants présents pour transmettre ces informations à la préfecture de Seine-Saint-Denis. La militante tempête aussi contre l’attitude de la municipalité. « La Ville nous a soutenu a minima. Elle nous explique qu’elle ne peut pas se substituer à l’État pour la prise en charge des situations d’urgence. On comprend cette position, mais elle est indigne humainement et politiquement », estime la militante.

Ouvert en décembre 2018, le squat de la Poterie aura au final duré 11 mois jusqu’à cette date du 11 octobre. Contactées par le JSD, la Préfecture et la Ville n’ont pas répondu pour l’instant.

Aziz Oguz

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