En ville

Le square Degeyter cumule les nuisances

Une salle des fêtes en sous-sol occasionnant tapage nocturne et déchets sauvages, un manque de surveillance pour prévenir casses de voitures et circulation intempestive de petites motos… Les riverains ont exposé leurs griefs à la mairie.

L’endroit est a priori l’un des plus agréables à Saint-Denis. Parce qu’il voisine avec le canal, et surtout grâce au square Degeyter, un espace vert à l’ancienne, aux plantations bien ordonnées, aménagé là dans les années 1880. Mais habiter sur son pourtour n’est pas une sinécure, si l’on en croit des riverains qui disent s’en plaindre depuis des années auprès de la mairie. Dans la longue liste de leurs griefs, arrive en tête le tapage nocturne des fêtes du samedi soir dans la salle Robbes. Situé dans le square, au sous-sol de la maternelle Les Gueldres, ce local municipal peut être réservé gratuitement par les habitants de Saint-Denis, en principe pour des réunions familiales.

« J’habite là depuis trente ans, raconte Josiane. Il y a toujours eu une salle pour les retraités. Mais depuis une quinzaine d’années qu’ils ont construit l’école, cette nouvelle salle est devenue du jour au lendemain presque une boîte de nuit. » Véronique et son voisin Hugh pestent eux aussi à cause de ces nuits d’insomnie. « Les gens mettent des grosses baffles dans cette salle alors qu’elle n’est pas insonorisée. Et faute d’aération, les portes restent souvent ouvertes. » De plus, poursuivent-ils, ces fêtes, qui s’étirent dans la nuit, débordent souvent dans le square. « Ça s’est encore terminé l’autre jour à 7h du matin par une bagarre ! » D’après eux, depuis la mi-septembre, « ça s’est vraiment dégradé. Il y a souvent des bastons. » S’ajoutent à cela les rebuts des fêtards, avec des sacs poubelles qui traînent sur le trottoir. « Le lundi, les mamans qui viennent à l’école avec leur poussette sont obligées de contourner la saleté. »

Et ce n’est pas tout. Les riverains se plaignent aussi des troubles multiples à ce qu’on appelle « la tranquillité publique ». « Le square est très mal géré, il n’y a pas de surveillance », critiquent-ils pour s’insurger surtout contre les petites motos qui en sillonnent les allées. Plus grave, ils relèvent des coups de feu déjà entendus « dans la nuit, dans le square ». Et « à chaque manifestation au Stade de France, les voitures immatriculées en province ou à l’étranger sont systématiquement cassées », dénonce encore Véronique, qui dit s’inquiéter pour ses visiteurs motorisés.

« On fait appel à une société privée de surveillance »

En juin dernier, ces riverains du square ont rencontré Jaklin Pavilla, élue en charge des associations et, à ce titre, des locaux mis à disposition par la Ville. Parmi ceux-là, les deux salles Robbes et Croizat prêtées pour les fêtes familiales. « Deux, c’est peu. Mais nous avons quand même pris des mesures pour la salle Robbes, qui devra être libérée non plus à 2h du matin, mais à 23h, indique Mme Pavilla. La fermeture sera assurée par des agents de service de la bourse du travail, qui gère ces locaux. Déjà, depuis un mois, on fait appel à une société privée de surveillance pour veiller à ce que tout se passe bien. »

Quant aux inconvénients des poubelles, ils devraient être également résolus, après « arbitrage budgétaire », par la pose d’un « container à l’extérieur du square, au premier trimestre 2010 ». D’ici là, le trottoir devrait être déblayé le lundi matin par une société de nettoyage. Pour le reste, la Ville n’entrevoit guère de solutions à portée de main. Excepté contre les intrusions motorisées. « On a voté l’installation pour les portails de chicanes d’entrée, qui devraient être posées courant 2010, indique Christophe Girard, maire adjoint délégué pour le quartier. Mais pour la question de l’insécurité, commune à pas mal de quartiers, on n’a de cesse d’avertir la police nationale qui a une présence à assurer. La police municipale, dont ce n’est pas le travail, effectue des rondes aux heures d’entrée et de sortie de l’école.

Deux gardes de l’environnement ont été affectés au quartier pour un travail de surveillance et de médiation en lien avec l’antenne jeunesse, située près du square, et les établissements scolaires les plus proches. "Ils sont mieux à même que des gardiens de square de connaître les personnes susceptibles de provoquer des troubles. » L’élu reconnaît les limites de telles mesures, face aux incidents les plus marquants de ces dernières semaines, l’agression d’un garde de l’environnement, et une bagarre entre deux bandes armées de battes de base-ball à l’heure de la sortie des classes devant l’entrée de la maternelle.

Marylène Lenfant

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