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/ Le Red Star s’installe à Marville

Le club audonien (Ligue 2) va implanter dès septembre 2019 son nouveau centre de formation au parc interdépartemental des sports de Marville. Un complexe de Five ouvrira aussi sur le site. Les choix d’aménagement pour la piscine seront arrêtés en janvier.
Vue de ce que pourrait être le futur centre de formation du Red Star
Vue de ce que pourrait être le futur centre de formation du Red Star

La dernière Coupe du monde de football l’a mis en évidence de façon spectaculaire. Paris et ses banlieues sont le plus grand réservoir mondial de champions. Pas moins de 15 Franciliens ont pris part au mondial russe. Aucune autre métropole au monde n’a fait mieux. Paradoxe, les futures stars du foot font rarement leurs gammes en Île-de-France, faute de centre de formation. Jusqu’à cet été, seul le PSG (Ligue 1) disposait d’un tel outil. Depuis juillet, le Paris FC (Ligue 2) a ouvert le sien à Orly.

En septembre 2019 ce sera au tour du Red Star (Ligue 2) d’inaugurer sa pépinière de talents, à Saint-Denis. Une question de survie à moyen terme pour la vénérable institution audonienne, fondée en 1897. « Il y a aujourd’hui trois types de clubs, constate Grégoire Potton, directeur général du Red Star. Les amateurs, les professionnels sans centre de formation et les professionnels avec centre de formation. Le Red Star rentre dans la deuxième catégorie. Nous ne sommes donc pas concernés par les règles qui protègent les amateurs (indemnités de formation)et nous ne pouvons pas proposer de contrats à des moins de 14 ans. Un centre de formation est un atout majeur pour garder les jeunes talents. Nos équipes restent compétitives jusqu’en moins de 15 ans, mais après, les recruteurs de toute la France viennent se servir. Or le déracinement est une cause d’échec majeur, tant sur le plan footballistique que scolaire. »
 

Polir sur place les diamants locaux

L’équipe à l’étoile rouge aspire donc à transformer sur place cette formidable matière première. Mais à la sauce Red Star. Une recette qui se veut forcément différente pour un club à l’histoire si particulière. « Les jeunes des quartiers populaires se ruent dans les centres de formation, mais seuls 15% d’entre eux deviendront pros, analyse Grégoire Potton. Il faut donc prendre en compte ceux qui n’iront pas au bout du cursus et ceux qui vivront du football, mais mal.»

Et le DG audonien de détailler sa stratégie : « Sur le plan sportif nous allons conclure des partenariats avec des clubs locaux pour orienter notre recrutement presque exclusivement sur le 93. L’internat sera une option marginale. Sur le plan éducatif nous avons conclu des accords avec les lycées Éluard et Bartholdi de Saint-Denis pour que les jeunes y suivent leur scolarité. Enfin, sur le plan extra-scolaire, nous allons dispenser une formation culturelle à nos 60 apprentis footballeurs (trois promotions de 20 jeunes) âgés de 15 à 18 ans, via le Red Star lab. Afin qu’ils s’émancipent par la culture, développent leur niveau en langues étrangères et découvrent d’autres horizons professionnels. »

Enthousiasmant sur le papier, le projet ne devrait pas pâtir des mauvais résultats actuels de l’équipe première, lanterne rouge de Ligue 2. « Une descente en national ne remettrait pas le projet en cause, assure Grégoire Potton. Simplement nous ne pourrions plus l’appeler centre de formation mais pôle élite. Il faut bien voir que c’est l’élément essentiel de notre feuille de route qui doit nous permettre d’accéder à la Ligue 1 en 2024, dans notre nouveau stade Bauer. » 

 


 

¼ du site pour le centre de formation

 En termes d’aménagement, le Red Star sollicite une concession de 10 ans pour occuper en quasi-exclusivité un quart (8 hectares environ) du parc des sports, autour notamment du grand stade et de sa tribune principale qui accueillera les installations du centre de formation.

« Dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêts, une commission d’appel d’offres a retenu la semaine dernière le projet du Red Star plutôt que celui du Flash de La Courneuve, explique Mathieu Hanotin, vice-président du Syndicat interdépartemental des parcs des sports (Sips) et conseiller départemental (PS) délégué aux sports.La directrice générale du Sips a donc été mandatée pour négocier une convention d’occupation du domaine public qui sera validée dans un prochain conseil d’administration (sans doute en février). »

La phase 1 des travaux du projet (aménagement du rez-de-chaussée de la tribune principale) devrait démarrer dans la foulée. Le club pro, qui s’acquittera d’une redevance annuelle d’environ 50000€, compte investir 1,5 million d’€ sur le site. « Le Red Star s’installe dans une zone du parc aujourd’hui faiblement exploitée. Le projet ne va donc pas supprimer les usages actuels mais au contraire les démultiplier, assure Mathieu Hanotin. Le centre de formation disposera d’un usage exclusif, tout en permettant l’accès à la piste d’athlétisme aux scolaires et à deux terrains de foot en soirée pour les clubs locaux. Ce projet intègre un plan plus global qui vise à redonner vie au parc des sports aujourd’hui utiliser à 20% de son potentiel. » Un sacré coup de fouet en effet.
 

Yann Lalande

 

Un Five pour l’automne

Décidément, le renouveau du parc des sports se précise avec l’annonce du démarrage dès janvier des travaux du futur complexe sportif Five, côté entrée principale, avenue Salengro à La Courneuve.

« Nous tablons sur une livraison en octobre, estime Joseph Vieville, co-fondateur du réseau Five.Il s’agit de notre 10e centre. Il compte, en intérieur, 6 terrains de foot à cinq et 3 terrains de padel, et en extérieur 4 terrains de foot à cinq et 2 terrains de padel. Le bâtiment respecte les normes HQE avec sa charpente bois et sa toiture en toile textile tendue. Tous les terrains seront filmés et connectés pour délivrer les statistiques individuelles de chaque joueur. Pour nous c’est un investissement de 2,5 millions d’euros. »
 

50 millions d’investissements sur 5 ans
 

Une somme qu’il faudra rentabiliser à raison de 5 €/heure/personne en heure creuse et jusqu’à 10 € en période de pointe. Titulaire d’une convention d’occupation temporaire de 30 ans, le Five a aussi des obligations vis-à-vis des collectivités locales.

« Nous avons signé avec le Département une convention d’accueil pour les centres de loisirs. 1 000 heures de pratiques annuelles leur seront ainsi offertes, se réjouit Joseph Vieville. » « Le site souffre d’un sous-investissement chronique depuis 30 ans, reconnaît Mathieu Hanotin, vice-président du Sips, dirigé par l’élu parisien Jean-François Martins. Avec la nouvelle dynamique olympique les choses changent. D’ici 2024, le parc va bénéficier de plus de 50 millions d’investissements publics et privés. » Dont 25 millions pour la seule piscine de Marville. « Il faut qu’elle soit davantage ouverte au public, revendique Françoise Douzenel, présidente du collectif des usagers de la piscine de Marville qui s’était mobilisé cet été alors que le bassin extérieur était resté fermé en juillet. On souhaite que le Département mette plus de moyens. Il y avait 8 maîtres-nageurs il y a 10 ans, il n’y en a plus que 3 aujourd’hui. Concernant le projet nous espérons que le principe d’une plage, très appréciée des habitants en été, sera conservé. » 

Pour Mathieu Hanotin, impossible de s’engager sur ce point pour le moment, mais l’horizon devrait se dégager rapidement. « On saura en janvier quelle est la commande faite aux architectes. Sur le principe on devrait conserver la piscine actuelle mais en changer la destination et en construire une nouvelle côté avenue Salengro. L’enjeu est de lancer un concours d’architecte au printemps. Avec le budget imparti l’objectif est de ne pas faire moins bien qu’aujourd’hui a minima. » Wait and see.

YL

Réactions

Une piscine constitue l'équipement le plus cher à entretenir pour une collectivité territoriale. Le Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis totalise une dette de 1,6 milliard d'euros à rembourser aux banques et il projette de construire une piscine à Saint-Denis, histoire de creuser un peu plus sa dette. S'agit-il de rendre les finances du Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis impossibles à gérer ?

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