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Conseil municipal
/ Le PLUi ne fait pas consensus

On aurait pu penser que le Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) allait faire consensus au conseil municipal du 22 mai. Il n’en a rien été. 19 élus ont émis un avis défavorable.
Corentin Duprey avait adopté le PLUi en mars au conseil de territoire de Plaine Commune. Mercredi 22 mai au conseil municipal, avec le groupe PS, il a choisi d'émettre un avis défavorable
Corentin Duprey avait adopté le PLUi en mars au conseil de territoire de Plaine Commune. Mercredi 22 mai au conseil municipal, avec le groupe PS, il a choisi d'émettre un avis défavorable

Les voies de la politique locale sont parfois impénétrables. Mardi 19 mars 2019, le conseil de territoire de Plaine Commune adoptait à l’unanimité le tout nouveau Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) (1), afin de solliciter ensuite l’avis des conseils municipaux et de le soumettre à enquête publique. Dans la salle ce soir-là, ni Corentin Duprey (opp.PS) ni Stéphane Privé (maj.PSG) ne pipent mot sur le rapport qu’ils approuvent comme le reste de l’assemblée. Idem pour Béatrice Geyres (maj.REVE-insoumis). Mercredi 22 mai en séance du conseil municipal, les deux premiers, ainsi que leurs groupes respectifs, ont pourtant donné un avis défavorable sur ce même PLUi, tandis que la troisième s’abstenait (2). Au final le PLUi a recueilli 25 avis favorables (FdG et EELV), 19 avis défavorables (PSG, PS, une partie du groupe REVE-Insoumis et Philippe Caro) et 4 abstentions (du groupe REVE-Insoumis). Au-delà des positionnements à géométrie variable, le PLUi, fruit de 18 mois de travail et de concertation, a été abondamment commenté et critiqué sur le fond. 

Pointer les manques ou relever les avancées

Dans sa présentation du rapport, David Proult (maj.FdG) rappelle la volonté des élus de faire de ce PLUi le socle de la politique d’aménagement d’un territoire qui va connaître des évolutions importantes dans les prochaines années. Un développement solidaire et polycentrique garanti par ce document cadre selon le maire adjoint à l’urbanisme. Il détaille : le PLUi s’oppose à l’exclusion des classes populaires de la zone dense, permet de prendre en compte fortement les enjeux environnementaux et offre une meilleure maîtrise de la densité.

Corentin Duprey, après avoir reconnu partager nombre des objectifs exposés, pointe les manques d’un PLUi qui maintient les quartiers dans leur spécialisation et ne répond ni suffisamment aux grands enjeux, ni à la construction d’une ville équilibrée, ni à l’urgence écologique. Sur ce dernier point, l’élu d’opposition regrette notamment que le jardin Haguette ne soit pas sanctuarisé. Corentin Duprey regrette aussi l’absence de l’énergie dans le document, alors qu’on pourrait inviter au développement du photovoltaïque sur les toitures. Pour Stéphane Privé, le document présenté multiplie les bonnes intentions sur lesquelles on ne peut que s’accorder. Mais ce qui compte est la réalité de ce que l’on fait, ajoute le maire adjoint aux finances. Et de citer en exemple l’objectif de mixité des fonctions, resté lettre morte dans certains secteurs de reconquête urbaine sur la Plaine. Michel Ribay (maj.EELV-non inscrit) juge la charge un peu sévère. Le maire adjoint au climat-air-énergie préférant saluer des avancées significatives comme l’augmentation des ratios de végétalisation et d’obligations de pleine terre, ou l’ajustement des ratios de stationnement.

Les grands projets en question

Zaïa Boughilas (maj.EELV) en appelle à la vigilance afin de ne pas remplacer la pleine terre par l’artificialisation des sols, comme c’est le cas avec les terrasses végétalisées. Et Essaïd Zemouri (maj.EELV) de réclamer un ratio de 30% de pleine terre sur les nouvelles parcelles constructibles. Philippe Caro (opp.FdG non inscrit) fait le choix de concentrer son propos sur le quartier Pleyel et demande de retravailler l’orientation d’aménagement et de programmation en tenant compte du projet alternatif des habitants. Bally Bagayoko (maj.REVE-insoumis) estime que ce PLUi laisse Saint-Denis au milieu du gué vis-à-vis des immenses enjeux à venir. Pour le maire adjoint aux sports, les habitants aspirent à une ville apaisée et non pas épuisée. Le territoire s’aménage de manière déséquilibrée aux yeux du chef de file des Insoumis pour qui la densification ne semble pas compatible avec le besoin de plus d’espaces verts et d’équipements. Il pointe deux logiques qui s’affrontent : celle des grands projets et celle d’un urbanisme fait par et pour les habitants. Une sortie qui ne manque pas de faire réagir Michel Ribay qui demande si la future gare du Grand Paris express n’est pas faite pour les habitants ? Vincent Huet (maj.REVE-Insoumis) d’ironiser à son tour au sujet d’un PLUi qui ne permettra plus de construire des écoles à proximité des autoroutes, mais qui autorise la construction d’autoroutes à côté des écoles. Pour lui, le PLUi en l’état ne va pas. 

Un travail collectif de l’ensemble des élus territoriaux. C’est le rappel fait par Patrick Braouezec (maj.FdG) au sujet du PLUi. Un travail non achevé et à poursuivre mais qui a essayé de tirer le meilleur de chaque PLU communal afin d’avoir un cadre plus performant et plus ambitieux, se félicite le président de Plaine Commune, qui rétablit quelques faits au passage : Plaine Commune a deux fois plus d’espaces verts que Paris et est trois fois moins dense que la capitale.

Yann Lalande 

(1)  Depuis mars 2017 le Plan local d’urbanisme relève de l’intercommunalité aux yeux de la loi, d’où l’adoption d’un PLUi quatre ans seulement après la dernière révision du PLU à Saint-Denis. 

(2)  Bally Bagayoko et une autre partie du groupe Reve-insoumis ont donné un avis défavorable.  

Le JSD reviendra en détail en septembre sur les nouveautés de ce PLUi au moment de l’enquête publique

Réactions

Bonjour, Bon je crois que le divorce de la majorité ensemble semble bel et bien réel. Reve s’abstient quasiment à chaque vote. Comment Laurent Russier peut accepter ce genre de majorité. Ils tiennent à faire tenir cette majorité pour que les indemnités tiennent encore 1 an. Sinon le PLUI est la volonté de Braouezec de densifier encore la ville. Il ne parle que d’habitants alors qu’il faudrait parler d’usagés de la ville. Il y a plus de 300 000 usagés de la ville par jour. Quand à la volonté de faire plus de rue... contrairement aux dalles, pourquoi fermer le centre ville a tous autres quartiers. La piétonnisation est un échec. Les commerces de qualité ont disparu, les squats de personne alcoolisés sont fréquents. Et je ne parle pas de l’insalubrité, une marque de fabrique de Saint Denis. Il est tant que les élections arrivent.
Bonjour. Une dernière chose... Patrick Braouezec est un menteur lorsqu'il dit avoir été contre le projet Castro. https://www.lejsd.com/content/roland-castro-po%C3%A8te-du-grand-paris https://www.lesechos.fr/2014/11/un-central-park-a-la-courneuve-une-idee-folle-296725 Et comme d'habitude, personne ne le reprends.
Bien sûr qu'il ment. Comme quand les élus de Saint-Denis disent qu'ils "découvrent" le projet, puis "s'opposent" au réaménagement de l'échangeur Pleyel qui, à quelques microscopiques détails près, reprend trait pour trait les "hypothèses" d'aménagement de Plaine Commune qui datent, pour les plus récentes, d'il y a près de 4 ans. Ils devraient plutôt se féliciter que la "concertation" menée par la DIRIF ait abouti a une solution jumelle de leur propre hypothèse. Pour faire passer la pilule, on nous parle du ratio d'espaces verts (hors bois pour Paris), au ratio d'espaces vers (y compris le Parc de la Courneuve) pour Plaine Commune. Si l'on se focalise sur Saint-Denis, on aurait de quoi être très surpris, même en intégrant "les jardins Wilson". Ne manquerait plus qu'il compte dans ses statistiques les zones "espaces verts et boisés" auxquelles sont rattachées… les autoroutes ! Lors de l'adoption "à l'unanimité" du PLU de Saint-Denis, le conseil municipal était bien plus calme, mais contre-vérités et omissions - notoirement volontaires pour quiconque s'intéresse même de très loin au sujet - étaient déjà légion !

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