En ville

Le combat sans fin de RESF pour les papas sans-papiers

La nouvelle a été accueillie le 9 septembre par un cri de victoire parmi les militants du Réseau éducation sans frontières (RESF). Au terme d’une vaste mobilisation amplifiée par les médias, Joao Abel Gabriel, Angolais sans-papiers et habitant de Saint-Denis, venait d’être libéré la veille au soir du centre de rétention de Bobigny où il était maintenu depuis le 26 août. Il était sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière qui avait soulevé l’indignation. M. Gabriel ayant à sa seule charge un fils de 5 ans et demi, Chama. L’enfant, élève de CP à Jean-Vilar, a donc retrouvé son père. Mais les militants de RESF n’ont pas relâché leur appui. Ils ont appelé pour ce mercredi 16 septembre à accompagner M. Gabriel à la préfecture de Bobigny, où rendez-vous lui a été donné pour le réexamen de son dossier.

Depuis le 3 septembre placé au centre de rétention de Bobigny

Mais aujourd’hui, dans leur combat sans fin pour les parents sans-papiers, les Dionysiens du Réseau s’emploient à relancer une nouvelle mobilisation pour contrer l’expulsion d’un père de famille. Un Tchétchène de 32 ans, originaire de Russie, qui est depuis le 3 septembre placé au centre de rétention de Bobigny. Père d’Alina, fillette de 3 ans et demi, scolarisée à l’école maternelle des Drapiers, Usup Mazhidov a été arrêté lors d’un contrôle d’identité le 2 septembre à Noisy-le-Grand. C’était au bas de l’immeuble où avec son épouse, elle aussi tchétchène, il est hébergé depuis cinq mois. La famille vivait auparavant à la résidence hôtelière Plaine Lumière, où l’avait adressée le Samu social de Paris.

M. Mazhidov a épuisé tous les recours

En France depuis quatre ans, le couple a fui le Daguestan, république de la Fédération de Russie, où « M. Mazhidov est menacé de mort. Il y est toujours recherché, raconte Malika Chemma, de RESF. Mais il n’a pas pu en fournir les preuves quand il a fait sa demande d’asile en 2005 ». Son épouse Zulipat a été elle aussi déboutée par l’OFPRA, Office français de protection des réfugiés et apatrides. Aujourd’hui, M. Mazhidov a épuisé tous les recours. Le juge des libertés a décidé le 5 septembre de son maintien en rétention. Et le tribunal administratif (TA) a avalisé le 9 septembre l’arrêté de reconduite à la frontière consécutif à tout rejet d’une régularisation. Malgré la pétition des parents de l’école des Drapiers (1). « En une matinée, on avait eu 90 signatures », rapporte Rafael Catoire, qui se dit très préoccupé du devenir de M. Mazhidov dans un pays où « il y a des disparitions, des exécutions sommaires ». Il s’inquiète aussi du sort de la petite Alina, qui est suivie en centre médico-psycho-pédagogique (CMPP).

«On veut sensibiliser tout le monde à l’impact dans les classes sur les enfants de cette traque aux sans-papiers.»

Avec d’autres parents, M. Catoire a eu l’initiative d’un « petit-déjeuner de sensibilisation » le mardi 15 septembre à l’école des Drapiers, où étaient conviés le député Patrick Braouezec et plusieurs médias. « On a apposé aussi des affiches un peu partout dans l’école. On veut sensibiliser tout le monde à l’impact dans les classes sur les enfants de cette traque aux sans-papiers. Il y a trois ou quatre autres cas dans cette école, dont celui d’une personne avec trois enfants qui fait l’objet d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français). » Cette « traque », les militants dionysiens ont également tenté d’y parer tout l’été pour Joseph Kofi Asamoa, un Ghanéen, père de cinq enfants nés à Saint-Denis depuis dix ans, pour Ruben Lazaro, un Bolivien, dont la petite Rosa est née en 2007… 26?000 reconduites à la frontière, c’était en janvier dernier l’objectif annoncé pour 2009 par le ministre de l’Immigration.

Marylène Lenfant

Pétition en ligne : http://resf.info/P1287

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