En ville

Grève du bac
/ Le bras de fer des enseignants contre Blanquer

Les professeurs des lycées dionysiens ont profité du moment médiatique des examens pour se mobiliser avec une grève des surveillances, des corrections, mais aussi avec une rétention des notes.
© Dessin de Marc Bertrand
© Dessin de Marc Bertrand

Lundi 17 juin, jour du début des épreuves du bac, des piquets de grève ont pris place à l’entrée de certains lycées. Les enseignants ont répondu à un appel à la mobilisation nationale pour une grève des surveillances des salles. L’objectif : « gêner l’administration, manifester notre opposition à la réforme du bac de manière symbolique pendant cette période médiatique », explique Jimmy, enseignant délégué SNES au lycée Angela-Davis.

Dans son établissement, seules quatre personnes sont en grève, car « les grévistes habituels n’ont pas été convoqués ». Au lycée Suger, une douzaine d’enseignants étaient grévistes. Les épreuves se sont tenues avec seulement un surveillant par salle et un par couloir, au lieu du double habituel.

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La grève du bac, comme dernier recours

« Pour un prof, faire la grève du bac, c’est un peu franchir la ligne rouge, car nous préparons nos élèves à cet examen toute l’année. C’est quelque chose d’assez inédit depuis 1968 », souligne Jimmy. Une cinquantaine d’enseignants étaient présents au rassemblement du 17 juin, devant l’hôtel de ville de Saint-Denis, avant de rejoindre la manifestation parisienne.

Au lycée Paul-Éluard, 35 enseignants ont été grévistes sur 115 convoqués. « Il y a eu plus de convocations qu’il n’y en avait besoin. Les grévistes du lundi ont été convoqués au dernier moment pour le mardi, c’est une mesure de représailles pour nous faire perdre une nouvelle journée de salaire », estime Agnès, enseignante de français. Réunis en assemblée générale à la bourse du travail de Saint-Denis, le lundi 17 puis le mardi 18 juin, la grève reconductible a été votée par environ 70 personnes. Si la grève des surveillances s’est essoufflée dès le mercredi, c’est pour mieux se réserver pour le bras de fer suivant : la rétention des notes. « Nous n’allons pas rentrer les notes des copies et ferons grève pour le jury de délibération du 4 juillet », explique Jimmy. Les résultats pourraient donc être retardés de quelques jours.

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Des familles inquiètes

Si aucun examen n’a été reporté à Saint-Denis suite à la grève des surveillances, certains parents, comme le témoigne « une maman en colère » dans une lettre ouverte sur le site Internet du JSD, ont regretté que les enseignants ajoutent ainsi du « stress en plus » aux élèves. Pour Arnaud Blanc, représentant local de la FCPE à Saint-Denis, « les familles étaient globalement inquiètes, car il y avait une incertitude quant aux conséquences de la grève ».

Marisa, mère d’élèves au lycée Suger, était sereine, mais « avait tout de même préparé [s]es filles en leur disant qu’au pire il y aurait un décalage de quelques jours de leur épreuve de français ». Malika, mère d’élève au lycée Paul-Éluard, fait partie, elle, « des parents qui soutiennent cette grève, car nous avons conscience de la dangerosité de ces réformes ».
 

Grève des corrections dans les lycées pros

Dans les lycées professionnels, la grève des enseignants de lettres-histoire se concentre sur la correction des copies, qui s’effectue en présentiel, avec un taux de 50% de grévistes pour le BEP en Seine-Saint-Denis. Ces matières générales sont menacées dès la rentrée 2019. « Les heures diminuent (environ un tiers), nos élèves auront encore plus de difficultés à poursuivre des études », explique François Lopez, enseignant à l’Enna et syndiqué à Sud Éducation 93. Est aussi en cause la baisse des dotations horaires globales pour l’académie de Créteil, qui va faire perdre les heures passées en demi-groupe.

Pour Cathy Billard, enseignante au lycée Bartholdi, « la visibilité de la mobilisation dans les lycées généraux peut convaincre nos collègues hésitants pour la grève des corrections du bac pro les 24 et 25 juin ». La grève pour le BEP avait obligé le rectorat à convoquer de nouveaux professeurs, allongeant le temps de correction de deux jours supplémentaires.

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Du côté du collège, une grève pour le brevet pourrait se profiler. « Mardi 25 juin nous serons en grève et nous aviserons après le CTSD (Comité technique spécial départemental) qui doit se tenir ce jour-là si des moyens suffisants sont mis en œuvre pour garantir la sécurité au sein de l’établissement », explique une enseignante du collège Elsa-Triolet.
 

Delphine Dauvergne

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