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Centre social coopératif
/ Le 110 a 1 an

Il a fêté le 30 mars son premier anniversaire. S’il communique encore peu sur ses activités, le centre socioculturel du 110 abrite quantité d’initiatives portées par des associations et des personnes de tous âges, attirées par son fonctionnement coopératif.
Samedi 30 mars,  le 110 a fêté son premier anniversaire sur la place du 8-Mai-1945 toute proche.
Samedi 30 mars, le 110 a fêté son premier anniversaire sur la place du 8-Mai-1945 toute proche.

En mars 2018, était inauguré au 110, rue Gabriel-Péri le « premier centre socioculturel coopératif de France » comme s’en félicitaient alors ses principaux financeurs, la CAF 93 et la Ville de Saint-Denis, propriétaire du bâtiment. Depuis, « Le 110 », puisque tel en est le nom, n’a quasiment pas communiqué sur ses activités. Y compris sur les réseaux sociaux, où était néanmoins annoncée sa fête d’anniversaire le samedi 30 mars en compagnie du collectif Mund Gawi. Maison de quartier, maison pour tous, que reste-t-il un an après du foisonnement d’envies qui avaient motivé les futurs coopérateurs ?

 

« C’est une ruche »

En fait, il suffit de passer la porte. Dans l’espace d’accueil où travaille Fariza, l’une des sept salariés, les présentoirs regorgent des flyers des associations, une quinzaine, impliquées dans les lieux. Quant aux activités, dont beaucoup sont proposées par des particuliers, on en dénombre une bonne trentaine, moitié pour adultes, moitié pour enfants et ados. Comme le dit Martine Bodineau, sociologue impliquée dans le projet depuis l’origine, « c’est une ruche ». Et qui inspire à beaucoup une irrépressible envie d’y prendre part.

Ainsi Jérôme, l’un de ses étudiants, a-t-il mis à profit ses compétences en informatique pour mettre en place un atelier d’initiation de huit postes qu’il anime 6 heures par semaine. Dans la pièce voisine en sous-sol, c’est une prof d’anglais au lycée Suger, Aurélie Gigot, qui a aménagé un atelier radio auquel elle forme des enfants de 5-12 ans. Et dont elle prolonge l’activité avec les soirées Bab El Oued Café, imaginées et programmées avec la complicité de musiciens. Parmi eux Hama, guitariste touareg, a débuté dans la foulée une initiation à son instrument. Et Jackson vient de se lancer à son tour pour ce jeune public dans des séances d’écriture-contes. Comme eux, c’est aussi en tant que bénévoles que Melaine assure un atelier de poésie-peinture, que Dalia dispense deux cours d’arabe, l’un aux enfants, l’autre aux adultes. Et que Françoise, avec Souad, anime ateliers couture et tricot. D’autres interviennent au titre d’une association. C’est le cas de Laure de « De l’encre sur les pieds », avec ses séances de danse improvisée, d’Évelyne avec son activité Récup’broderie au nom de Dionys’Sel.

Mais la palme de l’engagement revient assurément au tandem formé par Julien et Mamadou, de l’association Coïncide, qu’ils ont fondée à Péri, la cité voisine. Entre l’accompagnement scolaire en semaine et le « Coup de pouce emploi jeunes » du samedi, ce sont près de dix heures qu’ils consacrent au 110. « En septembre, on ouvrira une permanence entreprenariale pour les jeunes qui veulent monter leur projet », signale Julien, qui travaille lui-même avec Mamadou sur un projet d’entreprise de livraison.

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« Un projet d’entreprenariat social »

Étudiant avec « deux petits boulots » alimentaires, Julien Villain est à 21 ans le benjamin des 50 coopérateurs. Il n’en est pas moins depuis février le président de l’association qui les réunit pour la gouvernance du 110. L’AF3C (Association des futurs coopérateurs du centre social coopératif) a été constituée en attendant la mise en forme de la coopérative. SCIC ou SA, la structure de la future société est réfléchie par Coopérence, l’association porteuse du projet du 110, avec l’appui de l’URSCOP (Union régionale des SCOP), explique Nadia Merakchi, la cheffe de projet.

« Le bénévolat ne sera plus la ressource majeure. On sera sur un projet d’entreprenariat social », précise Mamadou. Investies dans le projet dès ses premières esquisses en 2016, les femmes de Péri travaillent déjà dans la cuisine du 110 à une activité de restauration traiteur, sur commande d’associations ou d’institutionnels. Et quelques autres trépignent d’impatience de se lancer à leur tour, tels ces deux lycéens de Bartholdi, formés en menuiserie et en ébénisterie. Avec l’association Dar Fab, ils s’activent dans leur atelier en sous-sol à des réparations ou des commandes de petit mobilier, voire des initiations pour les adultes.

Coopérative, le 110 n’en restera pas moins un centre social avec ses missions : permanences CAF et d’écrivain public, médiation sociale de PPV 93, cours d’alphabétisation, etc. Sans oublier le LAEP, lieu d’accueil enfants-parents qui est ouvert deux fois la semaine dans des espaces joliment aménagés pour les bambins.

Marylène Lenfant

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