En ville

Violences conjugales
/ Leïla, 20 ans, serait morte de complications de sa grossesse

Photo d'archives © Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis
Photo d'archives © Yann Mambert / Le Journal de Saint-Denis

Enceinte de trois mois, Leïla, femme de 20 ans, est décédée à l'hôpital Delafontaine mercredi 3 juillet au matin. Victime de violences conjugales, elle ne serait néanmoins pas morte à cause des coups portés par son compagnon, selon les premiers éléments de l'autopsie révélés ce jeudi 4 par le parquet de Bobigny. Une grossesse extra-utérine serait la cause du décès de la jeune femme.

Mercredi 4 juillet, les cris de Leïla ont alerté un voisin de palier de la résidence étudiante où elle habitait dans le nord de la ville. Le voisin s'est alors rendu chez la victime. Lorsque le conjoint, âgé de 22 ans, a ouvert la porte, le riverain a vu le corps inanimé de la jeune femme puis il a appelé les secours. Selon Le Parisien, le compagnon était dans un état de panique. Il a été placé en garde à vue. 

La jeune femme - qui portait des traces de coup - a été ranimée par les secours avant d’être prise en charge à l’hôpital Delafontaine où elle a succombé à ses blessures. La veille, l'homme a reconnu avoir frappé sa compagne. Elle avait porté une main courante au commissariat central de Saint-Denis. Néanmoins, elle n'avait pas porté plainte. Dans la soirée, la jeune femme aurait été prise de vomissements. Son compagnon n'aurait pas voulu l'emmener à l'hôpital. 

Selon le parquet, qui se base sur l'autopsie, seuls les coups ne peuvent expliquer la mort de la jeune femme. Le conjoint risquait d'abord d'être poursuivi pour homicide, mais il pourrait finalement être mis en examen pour non-assistance à personne en danger. 

Leïla habitait depuis la rentrée scolaire 2018 dans une résidence étudiante dionysienne du quartier Semard. Elle était scolarisée à l'université Paris 8.

« À nouveau, le sexisme a tué », a déploré le maire de Saint-Denis, Laurent Russier, dans un communiqué de presse. Il a dénoncé un « drame effroyable »  adressant « [sa] première pensée […] en direction des parents, de la famille et des ami.e.s de la victime ». 

« Au début du mois de juin, une autre habitante de la circonscription, enceinte de 5 mois, était poignardée par son mari. Si elle a eu la vie sauve grâce à l’intervention de ses voisins, son futur enfant, lui, n’a pas survécu. Cette situation est insupportable, insoutenable », a réagi Stéphane Peu, député de la circonscription. Il appelle à se joindre au rassemblement organisé par la Fondation des femmes et plusieurs organisations féministes ce samedi 6 juillet à 17h sur la place de la République à Paris. 

La ville de Saint-Denis invite à participer et à soutenir le rassemblement d’un collectif de familles et de proches de victimes de féminicides organisé ce samedi 6 juillet à 17h place de la République à Paris.

La Ville de Saint-Denis organisera un rassemblement en la mémoire de Leïla lundi 8 juillet, à 19h, devant l’Hôtel de Ville.

Aziz Oguz