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Covid-19
/ La queue devant les labos, le calme à l’hosto

Si le rebond épidémique est indéniable à Saint-Denis en cette fin d’été, à la différence du printemps dernier, il ne se traduit pas pour l’instant par un engorgement hospitalier. Tous les acteurs de la santé restent néanmoins sur leurs gardes.
File d'attente pour réaliser un test Covid devant le laboratoire d'analyse du centre cardiologique du nord à la porte de Paris. (c) Yann Lalande
File d'attente pour réaliser un test Covid devant le laboratoire d'analyse du centre cardiologique du nord à la porte de Paris. (c) Yann Lalande

Les files d’attente devant les laboratoires d’analyse. Avec le port obligatoire du masque dans l’ensemble des espaces et lieux publics depuis vendredi 28 août (sur décision de la préfecture), c’est l’autre image de cette rentrée marquée par la peur de la contagion et la contagion de la peur.

Avec un taux d’incidence de 71,1/100 000 habitants, la Seine-Saint-Denis a dépassé le seuil d’alerte fixé à 50/100 000 habitants par les pouvoirs publics. Le Sars-Cov-2 circule activement dans le département. Logiquement les Dionysiens vont donc massivement se faire dépister comme le gouvernement les y invite depuis plusieurs semaines (Pour rappel la prescription médicale n’est plus nécessaire et le test est remboursé par la Sécu). Problème : « ça bouchonne, c’est du non-stop, constate-t-on à l’accueil du Centre Biologique République (7 rue des Chaumettes), un des six sites de prélèvement dionysiens. Rien que jeudi 27 août, on a réalisé 126 tests. On a des retours de congés dans les entreprises, des cas contacts, etc. »

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Si certains labos sont à saturation ce n’est en revanche pas le cas de celui de l’hôpital Delafontaine où les prélèvements se font sur rendez-vous afin d’éviter les effets de masse. Dans la semaine du 23 août Delafontaine a analysé 546 tests PCR pour une capacité hebdomadaire théorique de 1 500 tests. Sur ces 546 tests, 22 se sont avérés positifs. A titre de comparaison ce même laboratoire avait réalisé 504 PCR dans la semaine du 27 juillet. Huit seulement s’étaient révélés positifs. Le taux de positivité est donc passé d’1,8 % à 4% en quelques semaines. Preuve supplémentaire du rebond épidémique.

Manque de préleveurs

Une situation sanitaire qui oblige les responsables locaux à s’adapter en permanence. Si le traditionnel pique-nique de rentrée sur le parvis de la Basilique prévu le 29 août a ainsi été annulé à trois jours de sa tenue, le Forum des sports programmé samedi 5 septembre est maintenu.

« L’enjeu est de vivre avec le virus, rappelle la première adjointe au maire Katy Bontinck, en charge notamment des questions de santé. Notre critère d’appréciation est notre capacité à faire respecter les gestes barrières. Pour le pique-nique nous ne pouvions pas gérer la jauge. Et organiser un moment de convivialité juste pour y faire la police n’a pas vraiment de sens. En revanche, pour le Forum des sports au Stade de France nous pourrons gérer l’affluence. Dans tous les cas la préfecture autorise chaque manifestation au cas par cas. »

L’autre problème du moment c’est donc la question des tests sur laquelle se penche également la municipalité. « Les territoires doivent se réapproprier leurs stratégies de test, lance l’élue. Le point d’entrée c’est la question des préleveurs plus que celle des analyses. L’ARS a élargi le champ des professions en capacité de prélever. Nous voudrions donc construire une mobilisation de préleveurs dionysiens. » Un premier essai aura lieu samedi 5 septembre à l’occasion du Forum des sports. En partenariat avec l’hôpital Delafontaine, la ville espère à cette occasion être en capacité de tester entre 100 et 200 dionysiens qui le souhaiteront.

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« Il y a une tension actuellement sur les prélèvements, » reconnaît Simon Bonnaure. Et le directeur de la santé de la ville de Saint-Denis de détailler les problèmes :  « La question du matériel nécessaire aux prélèvement reste posée. » Ce que confirme Chantal Chaplain cheffe du service microbiologie de l’hôpital Delafontaine : « Nous n’avons pas de grosses réserves de réactifs. Nous rencontrons aussi quelques pannes d’automates. Enfin nous sommes en rupture de stock sur les écouvillonnages petits modèles. » Alors que l’épidémie sévit aux quatre coins du monde, la production peine parfois à suivre. Mais ce sont aussi les bras qui manquent. « Nous avons besoin de davantage de préleveurs, indique Simon Bonnaure. Le sujet des lieux de prélèvement est aussi sur la table alors que les labos prennent aussi en charge d’autres pathologies. »

Dans les prochaines semaines, le prélèvement en centre municipal de santé, interrompu pendant l’été devrait donc être réactivé. La Ville travaille également dans d’autres directions selon Simon Bonnaure : « Nous allons monter des actions de formation au prélèvement en direction des aides-soignantes en Ehpad qui doivent gagner en autonomie sur ce sujet.

Un patient en réanimation

Préservées du rebond épidémique pour le moment, les maisons de retraite dionysiennes adoptent des stratégies diverses en cette rentrée. « On ne veut pas revivre ce qu’on a subi en mars-avril explique-t-on à La maison des lumières où 8 pensionnaires sur 71 sont décédés de la Covid-19. Nous n’avions donc pas touché au protocole cet été et les visites continuaient de se faire sur rendez-vous. » Pas de rendez-vous en revanche au Laurier Noble (75 pensionnaires) où la directrice espère « ne pas avoir à refermer l’établissement. »

A Casanova, où, comme dans les autres établissements, tous les professionnels de santé sont testés à leur retour de congé, le Dr Boughalem, chef du pôle gériatrie considère « avoir appris de ce qu’on a subi. » Cette fin d’été n’a donc rien d’un bis repetita pour le moment comme le confirme Jean Pinson, directeur de Delafontaine : « La remontée de la Covid dans la population ne se traduit pas à l’hôpital pour le moment, sans que l’on sache l’expliquer. » Ce lundi 31 août, Delafontaine dénombrait un patient en réanimation pour Covid-19 et six patients en hospitalisation conventionnelle. Néanmoins le centre hospitalier reste vigilant. « Nous avons déterminé des seuils d’alerte avec la possibilité de transférer des patients vers des établissements de l’AP-HP mieux dotés en lit de réanimation afin de nous permettre de continuer à prendre en charge normalement nos patients non-Covid. » Un seuil d’alerte de niveau 2 qui serait déclenché à raison d’une unité Covid-19 pleine et d’un tiers de patients Covid-19 en réanimation.

Yann Lalande 
 

Liste lieux de prélèvement, sans rendez-vous

Centre cardiologique du Nord, 32 rue des Moulins-Gémeaux, 01 48 20 67 20, du lundi au vendredi 7h-19h, samedi 7h30-15h

Centre cardiologique du Nord, 10 boulevard Anatole-France, 01 48 20 42 52, du lundi au vendredi de 8h à 13h

Centre biologique République, 7 rue des Chaumettes, 01 42 43 04 49, du lundi au vendredi de 8h à 16h, le samedi de 8h à 12h

Bio 2000, , 81 rue de Strasbourg, 01 48 29 66 46, du lundi au vendredi de 7h à 12h et de 14h à 15h, le samedi de 8h à 11h

Biopath, 100-102 rue Gabriel-Péri, 01 48 22 22 22, du lundi au vendredi de 7h à 17h

Réactions

Le dépistage massif sert à trier les habitants d'une région. Il ne s'agit pas de rassurer les uns, ni de permettre aux autres de partir en vacances à l'étranger. Il s'agit de trier pour stopper l'épidémie. Les nouveaux tests antigèniques rapides permettent de repérer la protéine du Sars-Cov-2 en quelques minutes. Espérons que ces tests antigèniques soient disponibles dés septembre 2020 à Saint-Denis et dans les quarante communes de Seine-Saint-Denis. Ce mardi 8 septembre 2020 le directeur de l'ARS Ile-de-France Auréien Rousseau annonce la création de vingt barnums capables de réaliser dix mille tests par jour pendant quatre mois. Espérons qu'un de ces vingt barnums soit installé sur la place Jean Jaurès ou à la Porte de Paris (afin de tester un maximum de personnes habitant ou travaillant à Saint-Denis).

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