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JOP 2024
/ La piscine olympique a du mal à émerger

Il doit devenir l’équipement emblématique construit pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Le Centre aquatique olympique sera bâti à la Plaine Saulnier et relié au Stade de France par une passerelle au-dessus de l’A1. Mais à ce jour, son coût et sa réalisation soulèvent interrogations et inquiétudes.
Le Centre aquatique olympique sera relié au Stade de France par une passerelle. (©) Paris 2024
Le Centre aquatique olympique sera relié au Stade de France par une passerelle. (©) Paris 2024

 À l’image du Stade de France pour le Mondial de football en 1998, le Centre aquatique olympique (CAO) sera l’équipement emblématique construit pour les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Il doit symboliser l’héritage laissé aux Franciliens, notamment aux Dionysiens, et à la natation française. Bâtie à la Plaine Saulnier, sur le terrain occupé actuellement par Engie, la piscine sera reliée au Stade de France grâce à une passerelle qui s’élèvera au-dessus de l’autoroute A1.

Pendant les Jeux, le CAO aura une capacité de 17 000 places assises, avec deux bassins de 50 m (l’un pour la compétition, le second pour l’entraînement) et un autre pour le plongeon (de 25m x 25m). En configuration post-JOP, la piscine gardera 2 500 places en tribune, qui pourront être portées à 5 000 en cas de grand événement, conservant un bassin olympique et le bassin de plongeon. L’objectif affiché est double: le centre doit être un fleuron de la natation française, tout en répondant au déficit de piscines sur le territoire (59,6 m2 de bassin de natation pour 10 000 habitants à Saint-Denis, contre 161,1m2 en moyenne en Île-de-France).

Coût compte triple ?

Mais ce projet olympique soulève de nombreuses interrogations et inquiétudes sur son coût et sa réalisation. Dans un rapport daté du 30mars, remis aux ministères des Sports, des Comptes publics et de la Cohésion des territoires, les inspecteurs généraux ont consacré un chapitre sur le CAO. Ils estiment que son coût pourrait dépasser les 260 M€, « soit presque un triplement par rapport à l’estimation initiale ». Et s’ils considèrent que la priorité doit être donnée à la Plaine Saulnier, ils préconisent de « rechercher une alternative pour l’implantation de cet équipement, y compris sous la forme d’une installation provisoire », ailleurs en Île-de-France. Enfin, les rapporteurs demandent que la construction du Centre aquatique soit directement confiée à la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo), au détriment de la Métropole du Grand Paris (MGP), l’actuel maître d’ouvrage.

Le président de la MGP, Patrick Ollier, a critiqué les calculs du rapport. « Le Centre aquatique sera financé à hauteur de 108 M€ par la Solideo. Il y a les 30,60 M€ qui vont venir du COJO (Comité d’organisation des Jeux olympiques) […] Le coût est donc de 138,60 M€. Point. C’est la somme prévue dès le départ, il n’est pas question qu’elle soit dépassée », tacle-t-il dans une interview donnée le 14 mars à L’Équipe. Le 30 mars, dans une tribune commune, des élus locaux sont également montés au créneau contre le rapport. Ils refusent un projet « au rabais ». Le CAO est un « grand équipement utile et structurant » pour leur territoire, soulignent ses signataires, dont le président du Département Stéphane Troussel, le président de Plaine Commune Patrick Braouezec et le maire de Saint-Denis Laurent Russier. Ils veulent « un héritage ambitieux ».

Du côté de la Métropole, de Plaine Commune et de la Ville, on estime que le projet est sur de bons rails. Les arbitrages devraient intervenir mi-juin. Selon le calendrier prévisionnel, le permis de construire du CAO devra être déposé à l’été 2019, pour un démarrage du chantier fin 2020 et une livraison attendue à l’été 2023.

Aziz Oguz

 

Et après les Jeux ?… 

Le Centre aquatique olympique n’est pas le seul équipement qui sera érigé dans la future Zone d’aménagement concerté (ZAC) de la Plaine Saulnier, qui fait environ 12 hectares. Après les JOP 2024, le Centre en occupera seulement 2,4 hectares. La Métropole imagine un pôle sportif autour de la piscine, envisageant l’implantation d’une clinique du sport, de terrains de squash ou de foot en salle. Un hôtel et des bureaux pourraient également s’y implanter. C’est « le prestataire qui aura la délégation [du CAO] qui fera l’investissement, pas la Métropole », précise Patrick Ollier dans L’Équipe. Plus à l’ouest, un nouveau quartier sortira de terre, avec « au moins 500 logements, mixtes », selon Plaine Commune qui parle d’un « projet sur 10- 15 ans ». La Métropole doit lancer la concertation d’ici septembre prochain.

AO

Pour en savoir plus: 

Réactions

Je cite : (59,6 m2 de bassin de natation pour 10 000 habitants à Saint-Denis, contre 161,1m2 en moyenne en Île-de-France) et à l'inverse combien de m2 de béton à Saint Denis pour du HLM en comparaison avec l'Île de France ? Les voilà les visions courts-termistes que nous dénonçons depuis des décennies ! Béton-HLM-vos ghettos. Nous aussi aimerions un « un héritage ambitieux » voire juste plus Républicain ! Cessez votre ghettoïsation électoraliste d'abord ! ►à côté de cela ce sont + de 6 millions d'Euros pour les seules Associations contre 802 000€ alloués pour notre -Sécurité-tranquillité et seulement 2 millions d'euros contre l'Habitat insalubres... La fête des Tulipes a + de 1 500 000 d'euros de budget contre 200 000€ de budget citoyen. De qui se moquent-t-ils les Elus-ues popolitiques de Saint-Denis et de Plaine Commune ? Il est où le Comité vigilance J-O pour dénoncer cette maltraitance et cette vision à court terme ? envers les habitants comme toujours !