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/ La halte humanitaire s’organise pour la période estivale

Durant l’épisode caniculaire de ces dernières semaines, le centre d’accueil de jour du Dock des alcools a vu affluer chaque jour pas moins de cent personnes migrantes à la rue.
Le centre d'accueil de jour situé dans l'un des bâtiments du Dock des alcools, près de la Porte de la Chapelle. © Milena Favre (stagiaire)
Le centre d'accueil de jour situé dans l'un des bâtiments du Dock des alcools, près de la Porte de la Chapelle. © Milena Favre (stagiaire)

« On a changé de système ». Jeudi 11 juillet, au premier étage de la halte de jour inauguré fin mai, Marie Cougoureux passe en revue les changements apportés dans l’organisation du lieu inauguré fin mai. La chef de service du centre d’accueil de jour à la Fondation Armée du Salut, gérante de l’espace d’accueil ; expose aux différents acteurs du comité de pilotage – Villes de Paris et Saint-Denis, associations d’aide aux personnes migrantes à la rue (Solidarité Migrants Wilson, Utopia 56, Aurore, mais aussi le Samu social et autres partenaires) – les difficultés rencontrées après un peu plus d’un mois de gestion d’une halte humanitaire mise sur pied en urgence. Principal souci rencontré : la régulation des douches.

« Avant les douches, c’était de 8h à 19h non-stop, désormais c’est le matin et l’après-midi en aléatoire », précise-t-elle. Au nombre de 12, les douches ont été très fréquentées lors de l’épisode caniculaire de ces dernières semaines, tellement que la halte a dû à ce moment-là fermer ses portes, qui « étaient toujours ouvertes » durant la journée. « Les files d’attentes étaient trop difficiles à gérer », poursuit Marie Cougoureux. A présent le matin, 100 tickets douches sont distribués avec des kits contenant rasoirs, gel douche, crème à raser, serviettes hygiéniques… Et l’après-midi, l’accès aux douches se fait à partir de 14h. Les « personnes vulnérables », c’est-à-dire les femmes et les personnes âgées sont prioritaires. Mais Marie Cougoureux l’assure : « On n’est pas sur des contraintes de temps ». Au total, 200 à 300 douches sont prises par jour à la halte par un public masculin « composé à 98% de personnes isolées âgées entre 18 à 35 ans. »

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Sécurité

Une fois par mois, le comité de pilotage se réunit pour faire le point sur la situation dans les campements situés dans le nord de Paris. La question de la sécurité aux abords de la halte humanitaire a été abordée. Quelques « incidents » sont survenus il y a plusieurs semaines notamment des bagarres entre migrants aux abords de la Porte de la Chapelle. Ces faits de violences surviennent toujours à « l’extérieur » du dispositif d’urgence a souligné le comité, qui a cité l’exemple de deux cas « ingérables » qui fréquentent le centre. Il s’agit de deux personnes réfugiées souffrant de problèmes mentaux.

Qu’en est-il de la mise en place des permanences psychologiques à l’intérieur du centre d’accueil de jour ? « On a dû mal à trouver des psys », révèle Marie Cougoureux. Un projet de thérapies de groupe pour gérer les stress post-traumatiques est néanmoins en cours de discussion. Une demande a également été faite à la police municipale pour l’octroi d’équipes chargées de faire le tour du centre d’accueil.
 

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« Normalement, les migrants partent avec leurs tentes »

Durant la réunion, chaque association venant en aide aux migrants a pu prendre la parole et évoquer les problèmes rencontrés sur le terrain. Le collectif de la Plaine, Solidarité Migrants Wilson a mis sur la table la question de la récupération des tentes des migrants au moment des évacuations de campements. « Depuis mai et juin, plein de gens se retrouvent sans tentes avenue Wilson, on prévoit d’en racheter mais on aimerait s’assurer que ça ne finisse pas à la poubelle », explique Clarisse Bouthier, l’une des bénévoles du Collectif. « Normalement, les migrants partent avec leurs tentes », commente Dominique Bordin, en charge de la Mission SDF à la mairie de paris, et coordinateur des actions opérationnelles. Le sujet, sensible a fait l’objet de nombreuses discussions avec les villes de Paris et Saint-Denis. Comment faire en sorte qu’après chaque évacuation, les personnes migrantes à la rue puissent s’assurer de retrouver leurs tentes, qui leur servent d’abris ?

Sur ce point, les représentants des municipalités n’ont pas vraiment donné de réponses. « On va passer l’été sans avancer là-dessus », regrette Philippe Caro, conseiller municipal (opp.FDG-non inscrit) et membre du collectif Solidarité Migrants Wilson. « Il y a des choses sur lesquelles on peut agir », a exprimé Clarisse Bouthier qui a aussi relancé la Ville de Paris sur la « demande de protection pour les exilées de Paris et les personnes leur venant en aide », demandé mi-juin par le collectif dionysien. Enfin, le sujet de la recherche d’un autre lieu d’accueil pour les migrants après la fermeture de la halte (prévue le 31 août) a été évoqué. Dominique Bordin précise que la recherche est en cours et qu’un lieu est actuellement à l’étude. « Devant l’augmentation des flux d’arrivées et l’insuffisance des moyens mis par l’État, les campements vont recommencer à croître », a-t-il détaillé.

Yslande Bossé

Avenue Wilson : les campements se reforment et la solidarité est toujours là

Après l’évacuation du mercredi 19 juin, les campements se reforment à l’avenue du président Wilson. Jeudi 11 juillet, lors de la distribution des petits déjeuners, plusieurs migrants ont été aperçus endormis à même le sol ou sur les bancs des terre-plein. D’autres sont allés se réfugier sur la pelouse des squares environnants.

Sur sa page Facebook, les bénévoles du collectif Solidarité migrants Wilson exposent à chaque maraude et distribution de repas les conditions dans lesquelles vivent les migrants de la Plaine. En pleine période estivale, la situation est délicate et le collectif en appelle à la solidarité des citoyens-bénévoles. Des toilettes sont de nouveau disponibles avenue Wilson mais la question de la propreté se pose. « Le service de nettoyage de la voirie n'étant pas passé depuis 15 jours les lieux sont dégradés », a commenté le collectif jeudi 11 juillet. Le même jour, vers 9h30, les camions de Plaine Commune ont pu nettoyer les abords du campement qui s'est reformé. Selon les denriers chiffres recensés par les bénévoles, il y aurait 120 tentes le long de l'avenue Wilson. 

YB. 

Réactions

80% de ces hommes proviennent de pays en paix dans lesquels aucun citoyen ne se trouve en danger et dans lesquels ni guerre ni conflit armé ne se déroule. Ces personnes ne peuvent donc pas prétendre à la protection internationale garantie par la convention du 28 juillet 1951 dite convention de genève. D'après le rapport parlementaire du 31 mai 2018 des deux députés Rodrigue Kokouendo et François Cornut-Gentille, dans notre département de Seine-Saint-Denis, le nombre de personnes en situation irrégulière se situe entre 150000 et 400000 (page 22). En incitant de nouveaux migrants à venir camper avenue wilson en sachant que leur demande d'asile a été ou sera refusée, s'agit-il par calcul politique et par calcul électoral, de créer le chaos en Seine-Saint-Denis, afin de garder le pouvoir municipal et de garder des postes de conseillers départementaux ? S'agit-il de générer un maximum de désordres afin de dissuader les ménages parisiens de s'installer en Seine-Saint-Denis dans le but de ne pas modifier le corps électoral ?

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