En ville

La grippe a trouvé à qui parler

Depuis le 16 novembre et pour quatre mois, le lundi après-midi et le mardi matin, la bourse du travail accueille patients et soignants dans le cadre du plan national. La Sécurité sociale convoque par courrier d’abord les personnes fragiles. La vaccination grand public est pour bientôt.

Sur la porte de la bourse du travail, une affichette indique en gros caractères « centre de vaccination ». Ce lundi 16 novembre à 14?h, le site dionysien ouvre ses portes pour la première fois. Dans le hall flotte une assez vague odeur médicale. Depuis une demi-heure, un groupe convoqué par la Sécurité sociale est là. « Nous ne nous attendions pas à un afflux dès l’ouverture », confient les deux fonctionnaires chargés de l’accueil. Leur tâche?: vérifier que les personnes qui se présentent sont en possession du « bon de vaccination » adressé à domicile et d’une pièce d’identité avec photographie.

Les premières, les personnes dites fragiles

Messieurs seuls, couples de personnes âgées, jeunes filles, jeunes couples avec toute la famille… ont répondu au rendez-vous. Le bon de vaccination est valable dix jours mais, si le délai est dépassé, il sera toujours possible de se faire vacciner. Pendant plusieurs semaines, le lundi après-midi et le mardi matin, sont convoquées les personnes dites fragiles, souffrant de maladies chroniques. Puis viendra le tour des femmes enceintes, de certains professionnels de santé, des nourrissons entre 6 et 23 mois, des plus de 65 ans avec facteurs de risque, des 2-18 ans sans facteur de risque et enfin des plus de 18 ans sans facteur de risque. Cette dernière catégorie étant beaucoup plus nombreuse, les centres entreront alors dans leur phase de vaccination intensive.

Calme et bonne humeur pour ce premier jour

Calme et bonne humeur règnent pour ce premier jour. Des tables, délimitées par des barrières en bois, permettent à chacun de remplir sa fiche de renseignements médicaux. Dans la salle du sous-sol, un médecin, qui porte comme les infirmiers et élèves médecins une vilaine blouse bleue jetable, reçoit les personnes une à une, et complète le dossier médical individuel.

Personne ne porte de masque. « Nous ne sommes pas du tout en situation de gravité », explique le docteur Isabelle Gibert, qui coordonne les effectifs médicaux pour la ville de Saint-Denis et est chargée de l’organisation du centre par la préfecture. De temps en temps, la bonne vingtaine de soignants et de personnels administratifs présents se lave soigneusement les mains.

Deux boxes sont réservés aux piqûres. Un autre contient les réserves de vaccins, stockées dans des réfrigérateurs spéciaux, et deux autres encore sont équipés de lits de camps et de matelas, en cas de besoin. Pour l’heure, seul le gros chat rayé de la bourse en profite.

« C’est un devoir pour les soignants »

Plusieurs médecins des centres de santé municipaux se sont portés volontaires pour assurer ces permanences. Ainsi que des libéraux, comme le docteur Haim Abensour qui explique que « 90 % des personnes qui se présentent sont déjà vaccinées contre la grippe saisonnière ». Le docteur Thibault Heimburger, également acteur à la Maison médicale de Saint-Denis (qui fonctionne en dehors des périodes d’ouverture des cabinets), plaide pour la vaccination?: « C’est un devoir pour les soignants et l’ensemble de la population. Moi, je me suis fait vacciner mardi dernier et je vais très bien », raconte-t-il avec le sourire.

La vaccination n’est possible actuellement que dans ces centres. Le vaccin n’est d’ailleurs pas conditionné sous doses individuelles mais en flacons de dix injections. Certains médecins de ville ont regretté de ne pas pouvoir pratiquer eux-mêmes les injections, mais d’autres comme Thibault Heimburger notent que « déjà nos cabinets sont pleins et cela va augmenter avec l’hiver, alors ce ne serait pas très sérieux… ».

« C’est bien organisé », reconnaît Mijajlovic

Après la piqûre, il est demandé de rester une vingtaine de minutes, pour s’assurer qu’il n’a y a pas de réaction particulière indique Isabelle Gibert. Alors, près de la machine à café, on patiente. « C’est bien organisé », reconnaît Mijajlovic, qui habite avec sa famille à Saint-Denis depuis 1972 après avoir quitté la Yougoslavie?: « Je suis diabétique et donc fragile, et comme ça, je ne contaminerai pas ma petite-fille que l’on garde souvent avec ma femme. » Elyane, 60 ans, venue avec son mari, n’a pas été convoquée, mais lui oui car il est également diabétique. « Je regrette un peu le manque de confidentialité dans les entretiens, dit-elle, mais sinon c’est une très bonne précaution. »

« Une seconde injection est nécessaire »

Trois semaines après la première, « une seconde injection est nécessaire », ajoute le docteur Gibert, pour qui « cette expérience nous montre aussi que nous serons capables d’organiser d’autres campagnes de vaccination à très grande échelle si un jour cela est nécessaire ». Pour l’heure, même convoqué, tout citoyen est libre de se faire vacciner ou pas. En tout cas l’organisation ne semble pas grippée.

Gérald Rossi

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