À la une En ville

Quartier Delaunay-Belleville
/ La cité Gaston-Dourdin dégradée par le trafic

À l’instar des cités Gabriel-Péri ou Pablo-Neruda, la résidence HLM abrite l’activité bien organisée de dealers qui pourrit le quotidien des habitants.
L'entrée du parking dans lequel se déroulent une partie des transactions
L'entrée du parking dans lequel se déroulent une partie des transactions

Ce sont des Dionysiens qui aiment leur quartier. Pas du genre à dénigrer là où ils vivent. Mais certains réfléchissent sérieusement à partir. Ils sont fatigués par la situation : le trafic de stupéfiants mine la cité Gaston-Dourdin. « C'est devenu très pesant. Le quartier est quadrillé », soupire une mère de famille. « À la base, il y a toujours eu du deal, raconte une riveraine qui y habite depuis dix ans. Mais c'était plus discret. Depuis environ deux ans, cela se fait en plein jour. Tout le monde le voit. C'est un gros trafic. »

La cité est au cœur du quartier Delaunay-Belleville surnommé aussi « DDF » du nom des résidences Jacques-Duclos, Gaston-Dourdin et Colonel-Fabien. C'est un ensemble de grands et de petits immeubles, mêlant des résidences privées et sociales, situé non loin du centre-ville et à quelques centaines de mètres du commissariat centrale.

Le trafic a lieu dans cette résidence HLM constituée de sept bâtiments qui forment un C. Au milieu sous une dalle se trouve un parking souterrain sur deux niveaux. Les transactions se déroulent principalement à l’extrémité est de la cité dans une entrée d'immeuble qui donne accès au parc de stationnement. Le trafic est très organisé pour protéger le point de deal. Des guetteurs sont positionnés tout autour de la cité à chaque coin de rues. À l'ouest, les portes du parking ont été cassées. À la place, un grillage a été installé pour contrôler l'entrée des voitures. À l'intérieur, le parking est dans l'obscurité à cause de la destruction des ampoules.

Le bailleur social Logirep, qui gère les 400 logements, reconnaît l'ampleur du trafic et des dégradations mais il est dépassé. En début d'année, les portes du parking ont été réinstallées avant d'être rapidement démontées par les trafiquants. Le bailleur dit collaborer avec les forces de l'ordre. « Nous leur avons donné l'autorisation de réquisition permanente dans l'ensemble des parties communes et du parking », explique-t-on.

 « La plupart sont du quartier Delaunay-Belleville. J'en ai vu grandir certains »

Le deal, lui, commence vers midi pour s'étaler jusqu'à généralement minuit. Il nécessite au moins une dizaine de personnes. Selon certains témoignages, il y a parfois plus d'une vingtaine de jeunes. « La plupart sont du quartier Delaunay-Belleville. J'en ai vu grandir certains », raconte une riveraine. Les guetteurs sont souvent mineurs. « J'ai déjà vu des gamins de 13-14 ans, » déplore un habitant. Le lieu est surtout connu pour vendre de le la résine et de l'herbe de cannabis. Mais il y aurait aussi du crack ou de la cocaïne. Les clients viennent des alentours et d'ailleurs, souvent en voiture avec des plaques des Hauts-de-Seine, du Val-d'Oise ou de Paris. Selon plusieurs sources, le trafic à Gaston-Dourdin est comparable aux cités Gabriel-Péri ou Pablo-Neruda (lire article dans le JSD n°1084) générant environ 15 000 euros par jour. Contacté, le commissariat de Saint-Denis n'a pas voulu réagir.

Les interventions des forces de l'ordre sont régulières mais ne permettent pas d'enrayer ce business. « Tu vois les jeunes narguer les policiers », soupire une habitante d'une résidence privée juste en face de la cité. « Beaucoup de personnes veulent partir, mais cela devient difficile de vendre », poursuit-elle. Les riverains sont fatigués de vivre dans cet environnement. D'autant que sans être forcément lié au trafic, des témoins font état d'une recrudescence d'agressions. Mi-mai, l'école maternelle Delaunay-Beville a été cambriolée. Installée dans le quartier depuis près de 30 ans, une ancienne habitante se souvient d'un endroit « très calme ». Depuis une dizaine d'années, elle a vu la cité HLM se dégrader au niveau du bâti tout en voyant le trafic se développer. Elle se désole surtout de voir une jeunesse désœuvrée. « Ces jeunes ne sont pas du tout idiots. Ils ont des capacités mais c'est perdu. Ils finiront mal. Ce n'est pas une vie. »

Aziz Oguz

Réactions

Et on ose parler de tranquillité publique??? Qu'il y a juste un "sentiment" d'insécurité comme dirait P. BRAOUEZEC et pas d'insécurité. Je reprends ses mots. Il y fait bon vivre? Je retiens la phrase de cette ancienne habitante... « Ces jeunes ne sont pas du tout idiots. Ils ont des capacités mais c'est perdu. Ils finiront mal. Ce n'est pas une vie. » C'est exactement cela. Ils finiront mal. En prison dans le meilleur de cas. Morts pour certains. Triste effectivement.
Il ne reste plus qu'a murer ce parking, c'est invivable surtout en été,entre le mot " à l’affût et les motos, on ne vie plus, on subit
Ce trafic dépasse aujourd'hui la rue et se développe tout autour, il serait grand temps, avant que la situation ne dégénère de faire évacuer ce parking par la force ou le MURER comme dit CR , en effet pour les gens qui ne peuvent pas partir l'été "sera très chaud"
"Le bailleur social Logirep, qui gère les 400 logements, reconnaît l'ampleur du trafic et des dégradations mais il est dépassé. " La mairie de Saint-Denis, qui est gère toute la ville, reconnaitrait-elle l'ampleur des trafics et des dégradations, et serait-elle dépassée ?
Ce qui me rend dingue, c'est que beaucoup d'écoliers sont obligés de passer devant les guetteurs, vautrés sur des chaises, en train de fumer leurs pétards...Magnifique exemple pour notre jeunesse que cette impunité arrogante des petits voyous qui nous pourrissent la vie ! Quand on pense que le commissariat est à 300 mètres ! On devrait obliger Paillard et Braouezec à passer toutes les vacances d'été dans le quartier...On verra alors si ils nous ressortent le "sentiment" d'insécurité !
@Cephalaphore Vous êtes impayable! Pour vous c'est le maire, le président d'agglo qui doivent arrêter les trafiquants, ce n'est pas la police dont vous dîtes vous même que le commissariat est à 300 mètres. Vous voulez élire des shérifs, c'est ça?
Je suis stupéfait de voir la nonchalance de certains,si je suis malade je me soigne par moi même. Une bonne chose serait de se réunir de montrer que nous sommes fatigué de voir cette situation perdurer. Puis ne serait-il pas possible de "remuer" les parents de ces délinquants par un moyen ou un autre? Le maire ne peut-il pas faire interdire le "job" de ces jeunes, par le biais des parents ", à qui on infligerait une amende", et qui seraient attrapés à laisser leur gosses si tard dans la rue? ,n’oublions pas la drogue = la mort douce.
@doumé. Vous faites comme si vous n'avez pas compris...Depuis 20 ans, les Paillard, Braouezec et Haye (longtemps adjointe à la sécurité) sont dans le déni de l'insécurité et dans la culture de l'excuse pour les pôvres délinquants, victimes de la société (ça a mis des années pour créer une police municipale et installer quelques malheureuses caméras de vidéoprotection. Résultat, depuis des années, St Denis est la ville numéro 1 en France métro pour les atteintes aux personnes. Alors, oui, ils ont une part de responsabilité dans l'ambiance délétère de St Denis.
@Cephalaphore bien sur, on pourrait demander au maire de monter la garde jour et nuit aussi!! Alors que même la police n'arrive pas à les déloger? et puis au député, et et puis au Président aussi, non? A saint-ouen les CRS ont occupé la cité du cordon pendant de nombreuses semaines sans que cela ne stoppe le trafic, alors je ne suis pas sur que le maire d'une commune qu'elle qu'il soit puisse y faire grand chose...
Encore moi Je m étonne que le commissaire envoie ses effectifs en uniforme alors qu'il serait plus intelligent de les "habiller" en civil pour attraper ce monde emm..... Faire intervenir les véhicules de la police toute sirène hurlante n'est ce pas idiot?, c'est comme de jouer à cache-cache en indiquant d'avance ou se trouve la cachette?. N' a t-elle pas de voitures banalisées? Un peu de bon sens et de professionnalisme svp.
@doumé Il n'y a pas si longtemps, le 26 mai 2016, des personnalités locales signaient une tribune dans Libé sous le titre "Notre fierté de vivre à Saint-Denis" ; parmi ces signataires ... tous les journalistes du JSD. Se pose alors la question : comment peut-être fier d'une ville où au quotidien sont relatés des incivilités, des trafics de drogue, des marchands de sommeil, des écoles occupées, de l'islamiste intégral omniprésent, une majorité municipale désunie, des bidonvilles dignes de favellas, des commerces illicites, des fumées toxiques, des incendies criminelles, la saleté dans toutes les rues etc etc. etc.? Fier de quoi exactement ? d'être la ville la plus raillée et brocardée de France ?
@Doumé Bonjour. Ce que dénonce Célaphore, c'est le décalage entre le discours de la municipalité et la réalité des habitants. On ne peut pas parler de tranquillité publique quand on a un supermarché de la drogue à ciel ouvert à Saint-Denis comme si c'était légal. Les trafiquants ne se cachent même plus. Il est évident que ce n'est pas le maire de faire le shérif mais il doit prendre ses responsabilités en tant que premier magistrat de la ville. Jusqu'à preuve du contraire, Saint Denis fait partie de la république, et le maire doit se faire en relais en non en adversaire. D. PAILLARD ne doit pas arrêter les trafiquants de drogue mais il doit agir AVEC l'état, les forces de police, les services sociaux pour endiguer ces trafics. D. PAILLARD agit uniquement par idéologie. Et ce sont les habitants qui paient pour cela. Et certains paient de leurs vies. C'est volontairement provoquant mais les paroles mielleuses de la municipalité, les habitants n'en peuvent plus. Vraiment.
Un message très fort doit être envoyé aux dealeurs qui à Saint-Denis s'installent à un endroit et en quelque sorte mettent au défi la police, la municipalité, les riverains de les déloger, ça ne peut pas durer, les riverains s'exposent et certains ont peur mais malgré tout on ne peut pas laisser faire et ce sont les autorités de cette ville qui sont en première ligne pour trouver toutes les solutions, à la gare il a fallu la présence du Ministre de l'Intérieur pour que le trafic cesse et bien il faudra peut-être en arriver là! solutions toutes les solutions
Ne nous trompons pas de cible. Saint-Denis est une ville de plus de 110000 habitants et qui grossie, d'année en année. De l'autre, il y a un peu moins de 300 policiers à Saint-Denis, alors que tout le monde s'accorde à dire qu'il faudrait au moins 200 policiers supplémentaire. Est-ce que c'est le maire qui a le pouvoir de réduire ou d'augmenter les effectifs de la police nationale sur son territoire ? Bien sûr que non. Par contre, c'est bien le gouvernement et à travers lui son ministre de l'intérieur qui portent la lourde responsabilité de ne pas accorder tous les moyens qui s'averrent nécessaires, notamment en terme d'effectif de police, pour assurer la tranquilité et la sécurité des habitants de Saint-Denis. Rendons à cesar ce qui appartient à cesar ...
@Yan AMAR : Certes le pouvoir de police, nationale, ne relève pas du Maire. En revanche, le Maire dispose du pouvoir de police. Hormis réclamer (à très juste titre, c'est suffisamment rare pour le souligner) davantage de policier nationaux, que fait le maire ? Il promet un doublement des effectifs de policiers municipaux (depuis 10 ans...) Or, sauf erreur de ma part, je n'ai pas reçu dans ma boîte aux lettres de document de propagande, grassement payé aux frais des dyonisiens indiquant "engagement tenu". Après tout, la spécialité ici est de réclamer tout, tout de suite, et de tout faire, mais plus tard. Saint-Denis est gangrenée par les incivilités, en sus des trafics en tout genre. Comment voulez-vous que des dealeurs pensent nécessaire de se cacher, quand au quotidien, chaque pas que vous faites dans la ville vous confronte à la réalité des faits, Saint-Denis est une ville de non droit. Le stationnement en double file (c'est la faute de l'état) est omniprésent (les bus n'avancent as et ne respectent pas leur horaires, c'est la faute de la ratp et du stif ). Avant de réclamer, il faut balayer devant sa porte. La mairie prône le laisser aller, au nom d'un "brassage culturel", "d'une ville populaire", etc. (Arrêtons là les périphrases), nous l'avons élue, nous n'avons que ce que nous méritons. Rendons à César ce qui appartient à César, en continuant à voter pour une municipalité qui ferme les yeux et se défausse de ses responsabilités, nous sommes responsables de l'état épouvantable dans lequel se trouve aujourd'hui "la cité des rois de France". Aux Urnes Citoyens.
Pourquoi n'avons nous jamais entendu les mots "tolérance zéro" je suis sûre que des tas de parents se disent "heureusement que mon fils n'y est pas ou n'y sera pas, avec le cœur qui bat" à Marseille, il y a des familles entières qui pratiquent le banditisme avec des règlements de compte à la clef, veut-on en arriver là à Saint-Denis? la banalisation et la "normalisation" du deal à Saint-Denis deviennent quelque chose d'effrayant et l'on entend trop souvent : "en bas de chez moi, il y a des dealeurs, et il n'y a rien à faire" comme si c'était une fatalité irréversible, cela fait partie de l'environnement. Ce laisser faire fait que l'on considère presque les dealeurs comme des petits malins qui se font de l'argent (au lieu d'être au chômage) alors que ce sont des délinquants à part entière avec une épée de Damoclès au dessus de leur tête mais à les entendre "tout est cool, tout va bien, tout est impunité" circulez y a rien à voir, LE PROBLEME est plutôt chez les riverains qui vivent là où ils se sont installés : c'est le monde à l'envers!
@Fabien - Je ne crois pas que le "brassage culturel'' soit la cause première de la décrépitude et de la paupérisation de la ville ; la cause première c'est la concentration VOLONTAIRE pendant trois décennies (Braouezec+Paillard) de personnes en extrêmes difficultés (les "sans") dans certains quartiers. La première analyse que font les sus-nommés après chaque élection est de repérer les bons bureaux de vote et les mauvais bureaux à ''rééquilibrer". A vrai dire, je pense même que c'est leur seule préoccupation : se faire réélire ... cela marche de moins en moins ...
Je ne comprends pas ceux qui préconisent de murer l'entrée d'un parking, qui est édifié pour les propriétaires de véhicules: Un besoin pour stationner. Je préconise une meilleure solution :se crever les yeux pour ne voir le trafic. Enfin n' y a t'il pas d'autres solutions?eh bien réfléchissons ensemble peut-être quelqu'un(ou quelques uns) trouvera (ou trouverons) une idée pour essayer d'éradiquer cette plaie.J'ai déjà parlé de la police dans les moyens d'intervenir et des parents de faire leur boulot de responsables.
@Yan Amar: oui, la ville grossit jour après jour et c'est bien un des problèmes: les infrastructures et tous les services qu'un habitant lamba est en droit d'attendre ne suivent pas!La municipalité tient là une de ses responsabilités: elle doit arrêter cette croissance anarchique, à mon humble avis!!!