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Prévention chez les 3-8 ans
/ L’obésité infantile à bras le corps

« Mission retrouve ton cap » vise à prévenir l’obésité chez les enfants. Ce programme expérimental a été lancé à Saint-Denis le 21 mars. Il est piloté par la CPAM dans quatre départements et va durer trois ans.
13% des enfants de 4 ans sont en surpoids à Saint-Denis et 6% sont obèses
13% des enfants de 4 ans sont en surpoids à Saint-Denis et 6% sont obèses

Le départ était modeste. Le mercredi 21 mars, jour du lancement de « Mission retrouve ton cap », le programme de prévention de l’obésité infantile chez les enfants de 3 à 8 ans à Saint-Denis, un seul patient était prévu, une petite fille de 3 ans et demi, venue avec sa maman. D’ailleurs à l’accueil du Centre municipal de santé (CMS) Le Cygne, où se tient le programme, personne ne semblait au courant. Et pourtant, cette mission expérimentale – lancée par la CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) dans quatre départements, le Nord, le Pas-de-Calais, la Réunion et la Seine-Saint-Denis – a bien démarré, pour une durée de trois ans. Et elle est de la plus haute importance.

« La situation est préoccupante : 13 % des enfants de 4 ans sont en surpoids à Saint-Denis. 6 % sont même obèses », s’alarme Samira Guedichi-Beaudoin, chef de projet en Santé publique à la direction municipale de la Santé. À titre de comparaison, au niveau national, le surpoids touche 14,5 % des élèves de CM2 selon une étude de 2015, mais l’obésité touche seulement 3,6 % des 9-10 ans. Un taux presque deux fois plus faible chez des enfants deux fois plus âgés, c’est évidemment problématique. Mais cette situation n’est pas spécifique à Saint-Denis. Elle touche en fait tous les quartiers populaires. Dès l’âge de 10 ans, les enfants qui en sont issus ont deux fois plus de risque d’être en surpoids et jusqu’à quatre fois plus de probabilité de souffrir d’obésité que les enfants de cadres et professions supérieures.

Comment expliquer cette disparité? Les mauvaises habitudes alimentaires, le fait de manger des produits trop gras ou trop sucrés qui sont souvent moins chers... Et des enfants qui viennent en consultation quand l’obésité est déjà installée. « Notre ambition avec ce programme : développer au maximum la prévention pour éviter les soins », explique Élisabeth Belin, maire adjointe déléguée à la santé. La Ville encourage d’ailleurs vivement les médecins à calculer régulièrement l’IMC (indice de masse corporelle) de leurs jeunes patients, et à construire avec les parents la courbe de corpulence pour être capable de dépister les soucis le plus rapidement possible. Le surpoids chez les très jeunes enfants n’est en effet pas toujours visible à l’œil nu.  

Pour enrayer le fléau de l’obésité infantile, Saint-Denis et la CPAM ont donc lancé ce programme de consultations gratuites et accessibles sur prescription du médecin traitant. Au programme, une approche pluridisciplinaire : un suivi par la diététicienne (qui réalise également un bilan physique et sportif) et un volet psychologique, s’il est jugé nécessaire par le médecin. En tout ce sont 6 séances gratuites – le mercredi de 14h à 19h – qui sont prévues pour la première année. Et, si besoin, 12 autres séances pour la seconde année.

« L’objectif n’est pas de faire rentrer rapidement l’enfant dans les courbes de poids, mais de faire en sorte que les familles soient mieux informées, mieux armées et surtout qu’elles soient autonomes », explique Laura Ovide, la diététicienne du programme. À la fin de chaque séance, la famille et la diététicienne se mettent d’accord sur les habitudes alimentaires à modifier. « Mais sans restrictions ! On n’interdit pas le chocolat ou les gâteaux car cela crée de la frustration, et donc de l’envie… Par contre, on parle avec l’enfant du bon moment pour se faire plaisir, et de la bonne quantité. » Sans oublier de faire en sorte que son enfant ait une activité physique, et qu’il mange de tout. L’objectif est que 150 enfants soient suivis par le programme d’ici deux ans. Si cette expérimentation est jugée efficace au bout de trois ans par la CPAM, elle pourrait être élargie à l’échelle nationale.

Arnaud Aubry

Réactions

vous ne pourriez pas changer la photo??? Il n'y a que les fillettes qui sont susceptibles d'être enrobées? est-ce de l'obésité ici? pourquoi les maillots de bains...? déjà que les filles sont assez complexées d'aller à la piscine et ce dès le plus jeune âge à cause d'un regard masculin qui juge, scrute, évalue, classe et se moque... je trouve votre illustration très malvenue... pour une cause légitime.
@flo si vous avez pris le temps de lire l'article, vous avez constaté que le programme en question ne s'attaque pas la lutte contre l'obésité, mais a pour but de prévenir l'obésité et s'adresse donc aux enfants en surpoids. Sujet évidemment délicat à illustrer. Nous n'avions pas pléthore de choix dans nos photos d'archive. Cette photo est celle qui cadre le mieux avec le sujet et ses contraintes. Votre point de vue est parfaitement respectable, merci en revanche de ne pas prêter à la rédaction du JSD des intentions qu'elle n'a pas. Si nous avions eu un garçon en photo, vous en auriez conclu que seuls les garçonnets sont concernés par le surpoids? Restons sérieux. Il ne s'agit pas de regard masculin ici, mais d'un sujet de santé publique, qui touchent les petits garçons comme les petites filles. La question du maillot de bain et de la piscine chez les ados et les adultes est un autre sujet. Cordialement Yann Lalande.
J'apprends dans le même temps que mon point de vue est respectable mais que je ne suis pas sérieuse. Là où je signale une maladresse, vous dîtes que je vous prête des intentions. Non, je constate juste une intériorisation de certains clichés. Je conçois qu'il soit difficile d'illustrer un tel sujet. J'aimerais à ce titre une enquête sur la fréquentation de la Baleine, sur le fait que seules les classes de CM2 aillent à la piscine pour obtenir le savoir-nager requis pour la 6°selon les critères de l'éduc nat dès le CE2... Mais franchement je verrais cette photo, je serais fillette en sur-poids, croyez-vous que cela me donnerait envie d'aller à la piscine? et allons plus loin, je serai parent de cette petite fille, est-ce que je me sentirais à l'aise pour qu'elle aille à la piscine? N'aurai-je pas peur des quolibets qu'elle subirait (elle ou il), puisqu'un journal comme le vôtre en fait sa une? Déjà que le rapport du corps féminin au sport n'est pas évident pour X raisons, est-il besoin d'associer corpulence enrobée à piscine et obésité??? je verrai ce qu'en pensent mes enfants (des garçons) demain quand nous aurons l'édition-papier, puisqu'ils vous lisent. Et si je vous dis tout cela, c'est parce qu'à mon avis, mais c'est à vérifier, il n'y a pas beaucoup de petites filles de Saint-Denis qui vont à la piscine... alors qu'elles y aillent quelque soit leur physique ou leur façon de s'habiller (là pour le coup vous me prêtez des intentions) ! et à mes yeux les inhibitions d'ado ou d'adulte par rapport au corps se construisent dès l'enfance. Comme le rapport à la nourriture... Bref si je résume, vous auriez pu prendre un groupe d'enfants, habillés et pas à la piscine... mais je le répète je ne trouve pas que cela soit facile à illustrer... quoique une photo d'enfants au mac do, ça doit se trouver...Tout aussi cordialement.

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