À la une En ville

Réinsertion sociale
/ L’intérêt local des travaux d’intérêt général

Alors que de nombreuses communes sont encore réticentes à accueillir des personnes condamnées à des travaux d’intérêt général, Saint-Denis fait figure de bon élève.
Sur les 40 communes que compte le département de la Seine-Saint-Denis, seulement 20 jouent le jeu et sont habilitées à recevoir des «TIGistes ». Saint-Denis fait figure de bon élève.
Sur les 40 communes que compte le département de la Seine-Saint-Denis, seulement 20 jouent le jeu et sont habilitées à recevoir des «TIGistes ». Saint-Denis fait figure de bon élève.

Ce n’est pas une nouveauté, la France a un problème avec ses prisons.
En 2018, la densité carcérale était de 118%. Ce taux atteignait même 200 % dans certaines maisons d’arrêt, les établissements pénitentiaires qui accueillent les courtes peines ou les personnes en attente de jugement. Il existe pourtant une alternative à l’incarcération : le travail d’intérêt général (TIG). Cette sanction – un travail non rémunéré réalisé par une personne condamnée, majeure ou mineure de plus de 16 ans, et volontaire – ne représente aujourd’hui que 6 % des peines prononcées. Alors qu’un TIG peut pourtant servir de peine alternative à l’emprisonnement après un délit et pour certaines contraventions de cinquième classe. Il peut également être prononcé aussi dans le cadre d’un sursis, la mesure est alors appelée « sursis TIG ». 


Réinsertion sociale

« La principale qualité des travaux d’intérêt général est qu’ils permettent de réinscrire le condamné dans son territoire, de faire de la réinsertion sociale », explique Hafida Akdim, directrice du Service pénitentiaire d’insertion et de probation de Seine-Saint-Denis (SPIP 93). Les effets sur la récidive sont ainsi très encourageants : « Sur une période d’observation de cinq ans, le taux de récidive a été de 61% pour les sortants de prison, contre 34% pour les bénéficiaires d’un TIG », précise un rapport de 2018 du ministère de la Justice. « Les TIG sont une mesure intéressante, mais encore faut-il trouver suffisamment de places », prévient néanmoins Hafida Akdim.

Ainsi sur les 40 communes que compte le département de la Seine-Saint-Denis, seulement 20 jouent le jeu et sont habilitées à recevoir des «TIGistes » (du nom des personnes qui ont été condamnées à des travaux d’intérêt général). Parmi elles, une des plus à la pointe est Saint-Denis. « Les TIG sont un axe prioritaire du Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance de la politique municipale », rappelle Catherine Bedouret, de la Direction prévention de la Ville. En 2018, Saint-Denis a accueilli 31 TIGistes.

 

Une certaine méfiance

La principale difficulté est de trouver des tuteurs qui acceptent de prendre en charge des personnes condamnées : « La mise en place d’un TIG repose sur les tuteurs, des personnels qui sont sur le terrain », rappelle Catherine Bedouret. Et parfois ça bloque : « Ce n’est pas un stagiaire comme un autre, c’est un TIGiste. Certaines associations ou certaines communes se méfient », concède Sara Bounab, directrice du Service territorial de milieu ouvert de Saint-Denis/Saint-Ouen/Pierrefitte. Malgré les méfiances, 8 nouvelles structures ont été habilitées et 48 postes créés en 2018, dans le 93. En tout, 207 postes habilités à recevoir des personnes condamnées à des Travaux d’intérêt général sont répertoriés dans le département.

En 2018, 47 140 heures de TIG y ont été réalisées, par 533 personnes, réparties entre collectivités territoriales, associations, et « personnes morales de droit privé chargées d’une mission de service public ». Les communes, mais aussi les Restos du cœur, Emmaüs, la Poste, ou encore la SNCF accueillent donc des personnes condamnées. La durée de ces travaux varie en fonction de la nature de l’infraction : de 20 à 210 heures en cas de délit jugé par un tribunal correctionnel. Surtout les TIG ne sont plus réservés qu’aux services techniques des mairies – ce qu’on appelle parfois les « TIG ramassage de feuilles ».

La mairie de Saint-Denis dispose ainsi de postes à la direction de la jeunesse, pour l’accompagnement de personnes âgées, au sport, à la restauration, etc. Grâce à cette diversité, les TIGistes peuvent potentiellement découvrir un métier ou développer des capacités, et la peine se muer en une politique de réinsertion sociale. Et la mesure devrait encore évoluer. Six Français sur dix sont favorables à cette peine créée en 1983, selon un sondage Harris du 21 juin 2018. Emmanuel Macron a même annoncé en octobre dernier sa volonté de créer une agence chargée d’encadrer et de promouvoir les TIG.

Arnaud Aubry

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur