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/ L’Humanité n’échappe pas au plan social

35 emplois vont être supprimés cet été au sein de la rédaction du quotidien dont le siège est à Saint-Denis (5 rue Pleyel). Un plan social qui doit permettre à L’Humanité de survivre à terme.
Le journal L'Humanité placé en redressement judiciaire début février va supprimer  35 emplois au sein de sa rédaction dès cet été. © Yann Lalande
Le journal L'Humanité placé en redressement judiciaire début février va supprimer 35 emplois au sein de sa rédaction dès cet été. © Yann Lalande

Plan de sauvegarde de l’emploi. C’est ainsi que l’on dénomme les plans sociaux au XXIe siècle. Une euphémisation qui ne change rien à la réalité des charrettes de licenciement. Dès la semaine prochaine 35 des 157 salariés de L’Humanité, vont commencer à recevoir leurs notifications de licenciement collectif pour motif économique (1).

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Une coupe dans les effectifs rendue inévitable par la situation financière extrêmement inquiétante de l’entreprise placée en redressement judiciaire depuis le 7 février. A quelques semaines de la fin de la première période d’observation, et après deux mois de négociation, syndicats et administrateurs judiciaires sont donc parvenus à trouver un accord validé par la DIRECCTE fin juin, puis par le juge commissaire le 6 juillet. Le tribunal de commerce de Bobigny a, par la même occasion, prolongé jusqu’au 7 février 2020 la période d’observation. Charge au journal d’ici-là de redresser ses comptes. Les 2,2 millions € annuels d’économie générées sur la masse salariale par le plan de licenciement devraient l’y aider.

Si les prévisions sont exactes l’Huma doit pouvoir ainsi dégager 1 million € par an d’excédent (en 2018 le titre accusait une perte d’1,5 millions) et ainsi commencer à éponger une dette qui avoisine les 13 millions €. L’Huma peut aussi compter sur la générosité de ses soutiens pour redresser la barre. Depuis janvier la mobilisation autour du journal fondé par Jaurès en 1904 a permis de récolter 2,4 millions €. La renégociation des créances est également à l’ordre du jour.
 

Réussir impérativement la Fête de l’Huma

Bien que durement atteinte la rédaction de L’Humanité bouge donc encore, comme en témoigne Vadim Kamenka, représentant des salariés auprès du tribunal de commerce de Bobigny et journaliste au service international.

« Les salariés ont fait l’effort, afin de pouvoir rembourser la dette et mieux se développer. Aujourd’hui la question est : quel journal voulons-nous avec les moyens dont nous disposons ? A savoir une rédaction de 80-90 journalistes sans les pigistes. Que fait-on pour relancer le lectorat ? Nous devons faire le bilan de nos précédentes formules. Tout doit être mis sur la table. Une grosse refonte sera inévitable si on veut continuer à faire un média de qualité. On va sans doute devoir se recentrer. » Quelques signes sont encourageants pour L’Humanité, qui compte 5 400 nouveaux abonnés depuis janvier alors que le tirage était tombé à 33 000 exemplaires  pour le quotidien et 43 000 exemplaires pour L’Huma dimanche en décembre 2018

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Les abonnements internet à 9€ par mois ont également bien marché. Il sera d’ailleurs bientôt possible de s’abonner pour six mois et 47€. Il n’empêche l’édition 2019 de la Fête de l’Huma, du 13 au 15 septembre, revêtira un enjeu encore plus vital qu’à l’habitude.

« La réussite de la Fête (6 millions € de chiffre d’affaire) est impérative. On ne doit pas perdre d’argent et il serait vraiment souhaitable d’en gagner, » espère Vadim Kamenka qui garde une main sur le signal d’alarme. « Le plan de licenciement permet de sauver L’Humanité, mais tous les acteurs doivent rester mobilisés, y compris l’État. Si ce dernier est le garant de la liberté de l’information et du pluralisme et prétend lutter contre les fausses informations, il doit soutenir des médias comme le nôtre. L’État doit donner des garantis à la presse. La bataille ne fait que commencer. » 

Yann Lalande

  1. 9 d’entre eux vont recevoir une proposition de reclassement sur des postes qui correspondent à des compétences nouvelles dans l’entreprise.

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