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Procès de Cyril Ferrari
/ L’accusé condamné à 8 ans de prison

L'ancien employé municipal, interpellé lors de la saisie, en novembre 2016, de 504 kg de cannabis au CTM a été condamné à 8 ans de prison et a l'interdiction de séjourner à Saint-Denis pendant cinq ans. Deux autres prévenus ont été condamnés à 9 ans de prison.
En novembre 2016, 504 Kg de cannabis ont été saisis au Centre technique municipal.
En novembre 2016, 504 Kg de cannabis ont été saisis au Centre technique municipal.

Une demi-tonne de cannabis. C’est la saisie record que les enquêteurs des douanes ont réalisée il y a plus de deux ans au Centre technique municipal (CTM) de Saint-Denis. Lundi 1er et mardi 2 avril, trois personnes mises en cause dans ce trafic ont été jugées au tribunal de Bobigny. Assis dans le box, Cyril Ferrari, 42 ans, est au cœur de cette spectaculaire affaire. L’ancien employé municipal est accusé d’avoir réceptionné la marchandise en provenance d’Espagne au CTM le 17 novembre 2016. Polo blanc, rasé de près, l’homme conteste en bloc les accusations qui lui sont reprochées et clame son innocence. « Je n’ai rien à voir de près ou de loin avec le trafic de drogue », jure-t-il au tribunal. « J’ai fait 30 mois de détention pour rien du tout. Je suis fatigué », se défend-il à la barre, tantôt de manière calme, tantôt sur un ton plus énervé. « Je ne sais pas ce que je fais ici, s’agace-t-il auprès des juges. Aujourd’hui, il me reste ma femme, mes trois enfants, mon éducation et ma morale. »

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L’homme, qui a commencé à travailler à la Ville en 1994, a été révoqué par la municipalité suite à son arrestation. Il est poursuivi pour toute une série de délits liés dont le trafic de stupéfiants et l’association de malfaiteur, comme les co-accusés. Deux ans et demi plus tôt, le 17 novembre, il est 21h20 quand les douaniers font irruption au CTM. Ils procèdent au contrôle d’un camion dans lequel ils trouvent, dans une cache aménagée sous des oranges, 504 kg de cannabis. Son conducteur espagnol, la soixantaine, est arrêté, tout comme le conducteur d’une voiture Audi A6 qui a escorté le convoi jusqu’au CTM.

Ces hommes sont ceux qui comparaissent aujourd’hui au côté de l’employé municipal. Un gardien est interpellé mais il sera relâché sous le statut de témoin assisté. Au moment de l’intervention des douanes, un autre individu réussit à s’enfuir. Finalement, cet homme sera arrêté par les douaniers sur le toit du bâtiment principal du CTM vers 2h du matin. Il s’agit de Cyril Ferrari.
 

95 000 euros dans son véhicule personnel

Pendant son procès, le Dionysien a contesté être le fuyard. L’ancien adjoint du service des fêtes a expliqué qu’il s’était bien rendu au centre municipal vers 20h30 pour ranger des outils avant d’aller une demi-heure plus tard chez sa cousine qui habite un logement de fonction au CTM. Dans son véhicule personnel, les douaniers ont découvert environ 95 000€ dans trois paquets thermosoudés. Ils ont aussi découvert dans le bâtiment où travaillait l’agent municipal, une plaquette de 93g de cannabis et des emballages ayant servi à transporter de la drogue. Dans sa zone de travail, ils ont trouvé des brouilleurs et des boîtes de téléphones mobiles. Malgré ces éléments, l’ex-employé donne des explications alambiquées.

Il se présente comme un « bouc émissaire ». « À écouter M. Ferrari, c’est toujours la faute des autres, a attaqué Matthieu Henon, l’avocat de la Ville de Saint-Denis qui s’est portée partie civile. C’est l’institution qui a été salie. Cela porte atteinte à l’image de la Ville, de ses administrés et ses agents », demandant 30 000€ de dommages et intérêts aux trois accusés.

« Ce n’est pas le sale type qu’on vous a décrit », a plaidé l’avocat de Ferrari, Me Guillaume Valat, en demandant sa relaxe : « Les preuves ne sont pas au rendez-vous ». La procureure, elle, a dépeint un homme « menteur et manipulateur, à l’inverse de ce qu’il prétend être. Il se présente comme un honnête citoyen, or c’est un délinquant chevronné ». Elle a requis 9 ans d’emprisonnement contre les trois accusés et a demandé que Cyril Ferrari soit interdit de séjour en Seine-Saint-Denis pendant 10 ans.

Le jugement est tombé mardi 2 avril à 20 h 20 : Cyril Ferrari est condamné à 8 ans de prison et a l’interdiction de séjourner à Saint-Denis pendant 5 ans. Les deux autres accusés – le conducteur espagnol Juan Rueda Amaro et le conducteur de l’Audi Amine Abbas – sont condamnés à 9 ans de prison. Ils doivent tous les trois payer une amende douanière d’environ 1 million d’€ et 15 000 € à la Ville de Saint-Denis pour préjudice moral.
 

Aziz Oguz

Réactions

Bonjour. Dans 2 ans maximum il sera sorti puisqu'il a déjà fait 30 mois. Il a été condamné mais le préjudice pour la ville et ses habitants ne vaut pas les 15000€ pour préjudice morale. C'est à peine plus que le pseudo rapport sur le CTM. Non, ce qui me désespère, c'est que beaucoup de monde savait, y compris les cadres dirigeants du CTM, mais aucune sanction pour eux. Des motos et des voitures... C'est pas des trucs qu'on cache dans un vestiaire. C'est du n'importe quoi... Fabienne Soulas aurait du être démise de ses fonctions pour incompétence. Mais la non. Mais bon tous va bien.
Ouf ça y est, le procès est terminé et certains doivent se détendre, les responsabilités sont restées très limitées, 3 personnes condamnées et c'est tout... Aucune question gênante sur la supervision et la gestion des ressources humaines, l'omerta totale. C'est bon, l'orage est passé sans une goutte de pluie, c'est reparti pour un tour, fiesta ce weekend !
Dans l'article du jsd on ne retrouve pas de questionnement sur la responsabilité de la mairie dans cette affaire. Dans de nombreux journaux on note que la responsabilité ne peut se limiter aux seuls accusés.
Bonjour Tout le monde a saint Denis sait qui est cyril Ferrari Un NARCO TRAFIQUANT !!! UN EMPLOYÉ QUI VENAIT BOSSER EN BERLINE DE LUXE ET ROLEX AU POIGNET ! ET IL NE S EN CACHAIT PAS IL EST EN PRISON BON DÉBARRAS !!!

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