En ville

L’Île-de-France dans trente ans

Le schéma directeur de la région sera soumis à la fin du mois au vote du conseil régional, puis à l’aval du gouvernement. Le Sdrif provoque des débats inséparables de ceux qui ont trait au Grand Paris.

Sdrif. Les 25 et 26 septembre, le conseil régional d’île-de France doit se prononcer sur le nouveau Schéma directeur de la région, qui envisage le développement urbain et économique de l’Île-de-France pour les trente prochaines années. Le gouvernement devra ensuite l’avaliser, après avis du conseil d’État. Ce Sdrif, inséparable des débats sur le Grand Paris, prévoit, entre autres, la construction de 60 000 logements par an, la création de 27 000 emplois annuels, et un fort développement des transports en commun. Ce qui fait dire au président de la région, le socialiste Jean-Paul Huchon, que c’est « un acte politique qui regarde très concrètement la vie des gens », et qu’un blocage de l'État serait « dramatique ». « Le texte actuel est pour nous tous inacceptable », ont répliqué le 11 septembre les responsables régionaux de l’UMP. Faisant en cela écho à la déclaration de Christian Blanc, secrétaire d’État, qui le 27 août à la tribune de l’université d’été du Medef, abandonnait sa réserve pour lancer : « Si le conseil régional continue de placer l’État devant le fait accompli, celui-ci ne signera pas. » Avis que partage Roger Karoutchi, secrétaire d’État et président du groupe du parti présidentiel à la Région. « Ce schéma directeur manque d’ambition », dit-il dès qu’on l’interroge. L’ancien sénateur des Hauts-de-Seine se démarque cependant de son collègue Philippe Dallier, sénateur de Seine-Saint-Denis, lequel réclame la suppression des départements franciliens. « Et ceux de la grande couronne, où seront-ils alors, complètement perdus autour de nulle part ? », s’exclame Roger Karoutchi.
Pierre Mansat (PCF), adjoint de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris, en élargissant le propos, regrette « qu’aujourd’hui personne ne travaille assez le cœur des mécanismes urbains, économiques et sociaux qui lient les territoires entre eux ». La « Conférence métropolitaine » initiée par Paris, dit-il, est un début pour « mutualiser nos points de vue, sans domination de qui que ce soit ». Elle se réunit à nouveau le 1er octobre à Nogent-sur-Marne.
Poussant plus loin le débat, la Verte Mireille Ferry, largement impliquée dans la rédaction du nouveau Sdrif, explique que s’il « faut un lieu de débat et d’articulation des politiques publiques, cela doit se faire sans murs autour. C’est le polycentrisme : une mécanique avec plusieurs pôles, plusieurs cœurs, plusieurs formes de coopération, plusieurs structures, et des ponts entre eux ».
Une explication qui est loin de déplaire à Patrick Braouezec, président de Plaine commune, depuis longtemps à l’initiative d’une réflexion sur le polycentrisme : « Il faut que Paris reste une métropole attractive, mais on ne peut pas en rester là. Un développement économique qui ne serait pas synonyme de réduction des inégalités sociales et territoriales, je n’en veux pas. C’est une question fondamentale, à laquelle le Sdrif répond au moins en partie. » Et d’ajouter : « Il y a à Paris et dans toute la métropole des gens qui vivent aujourd’hui dans des situations impossibles, inacceptables. »
Quant au Conseil économique et social régional, son président Jean-Claude Boucherat déclare « bien se retrouver » dans le Sdrif, avec notamment « la reconnaissance et la réaffirmation du polycentrisme ». Mais, avec prudence, il ajoute : « Le vrai test de validité du schéma régional sera sa mise en œuvre effective. »
Gérald Rossi

Colloque vendredi 26 septembre en mairie
« Demain la métropole : défi humain, défi urbain »
Le thème annoncé résume la soirée : « Grand Paris : demain la métropole : défi humain, défi urbain ». Le président de la communauté d’agglomération, Patrick Braouezec, est à l’initiative de ce rendez-vous public, vendredi 26 septembre à partir de 16h (1), qui réunira des architectes, des élus, des chercheurs, des acteurs économiques et sociaux, sur la question de l’avenir de l’Île-de-France.
Parmi les intervenants, Danièle Vigier expliquera comment « à Plaine commune nous faisons depuis des années de la polycentralité ; ce que nous faisons entre huit villes doit pouvoir fonctionner ailleurs », dit-elle. Notant qu’il ne s’agit pas de recettes toutes faites, elle ajoute : « On voit bien que la polycentralité, à notre échelle, est porteuse de développements. Sans elle, les zones d’activités de Pierrefitte ou de Stains, par exemple, n’auraient pu se déployer comme elles le font. » Autre exemple. Sur le site du Landy à Saint-Denis, les entrepôts de ED l’épicier seront replacés par une extension du site de bureaux et d’activités entre l’avenue Mitterrand et l’A86, mais ils vont se re-localiser sur la zone d’activités Mermoz de La Courneuve. « Ainsi, l’emploi et l’activité restent sur le territoire. »
Dans le même temps, Plaine commune travaille avec la ville de Paris, notamment pour l’aménagement « de zones communes, comme la Porte de la Chapelle ». Mais aujourd’hui, note Danièle Vigier, cette coopération à des limites, la réflexion s’organisant souvent à partir des intérêts de chacun et non d’un pôle ; et cela ne permet pas de bien prendre en compte l’intérêt des populations… ».
G.R.
(1) Vendredi 26 septembre de 16h à 20h, salle des mariages de la mairie de Saint-Denis. Avec notamment Ludovic Halbert (économiste), Chris Younès (philosophe), Philippe Subra (chercheur).

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