Cultures

Ligne 13
/ L’électro-pop dionysienne de Julian

Chanteur et multi instrumentiste, l’artiste installé près de la Gare a hâte d’être sur scène, fort du premier EP qu’il s’apprête à sortir. Ca tombe bien, c’est le 4 février.
Julian dans son home-studio prépare son live du samedi 4 février à La Ligne 13.
Julian dans son home-studio prépare son live du samedi 4 février à La Ligne 13.

Après avoir accompagné durant des années une pléthore d’artistes sur scène, Julian s’apprête à sortir son premier EP. C’est une consécration pour ce musicien de l’ombre qui présentera son projet lors d’un concert à la Ligne 13 samedi 4 février. L’affable trentenaire le prépare dans son home-studio près de la Gare de Saint-Denis. Sont accrochés aux murs instruments et disques, témoins d’un background musical hétéroclite. Sa Gibson Les Paul noire - qui trahit son penchant pour le son chaud de ce modèle légendaire – trône fièrement au-dessus des claviers, pads et autres machines électroniques au design rétro. Des pochettes vinyles de Prince, Michael Jackson et de la bande originale du film Saturday Night Fever sont fixées sur la cloison opposée. « Je sais que c’est ultra kitch, mais c’est cela qui me plaît. C’est kitch mais classe en même temps en fait », avoue-t-il. La production musicale des années 1970 l’a aussi beaucoup influencé. Grâce à un grand frère fan de rock psychédélique il découvre Pink Floyd, Jimmy Hendrix, Led Zeppelin… Plus tard, il pioche du côté du Brésil et de sa richesse musicale. Un tamborim, un pandeiro (percussions utilisées dans la samba ndlr) reposant sur une commode et un cavaquinho (petite guitare brésilienne à quatre cordes ndlr) suspendu à son stand confirment cet amour pour le pays de la bossa…

Julian est en pleine préparation de sa « release party ». La ligne 13 ne lui est pas inconnue, il s’y était produit aux côtés de la chanteuse soul Irina R l’an passé. Mais la soirée du 4 février aura une saveur particulière. « Je suis heureux que le concert de lancement se fasse à la Ligne 13. Après tout, les morceaux sont nés ici, à Saint-Denis. » Le chanteur et multi-instrumentiste est arrivé dans cette ville du 9-3 il y a trois ans. Il est vite tombé sous le charme de son foisonnement culturel. « Cet EP coïncide avec mon arrivée à Saint-Denis. Je n’avais jamais eu l’idée de faire mon propre projet, d’ailleurs ça me convenait comme ça. Mais j’ai ressenti une telle énergie culturelle ici que j’ai commencé à enregistrer de nouvelles chansons et à agrémenter celles que j’avais commencées. Sur les six titres certaines étaient des ébauches qui prenaient la poussière ».

Et son labeur a payé. Les amoureux de Damon Albarn, Sébastien Tellier et David Bowie sauront apprécier le timbre de Julian et ses arrangements synthpop léchés. Avec cet EP, l’artiste dionysien prouve l’étendue de son talent et de ses ressources. Sur « Wake Up », la chanson d’ouverture, Julian aborde le thème de l’absence dans un mélange audacieux de français et d’anglais porté par un piano et des synthétiseurs chaleureux. « Cavaquinho » est un hommage musical au Brésil plein de légèreté, appuyé par une rythmique funky syncopée à la manière d’un General Elektriks. « La vie des autres », morceau lunaire et entrainant, prépare l’atterrissage pour un très « bowiesque » « Take It Slow » qu’on se plairait à écouter sur une plage déserte ou au volant d’un cabriolet, cheveux au vent, le teint hâlé par un soleil qui s’apprête à se coucher… Julian réserve de beaux clins d’œil à Saint-Denis comme l’hommage éponyme qui clôt le disque. « J’ai écrit cette chanson pour réparer une sorte d’injustice, un matraquage médiatique. Même si je sais que Saint-Denis ce n’est pas tout rose, il y a plein de choses superbes qui s’y créées. Ma chanson est métissée comme la ville ».  Le titre « L’Odyssée » clos l’EP. Cette ballade mélancolique, prolonge le voyage dans les méandres décloisonnés de la galaxie Julian qui pourrait bien vous (re)-donner goût à l’électro-pop française. Résolument hybrides, ses chansons ne demandent plus qu’à s’exprimer sur scène. 

« Ce que je veux surtout c’est de jouer, cela fait des mois que je suis enfermé en studio », se réjouit le chanteur qui promet quelques surprises pour le live à La Ligne 13. 

Maxime Longuet

Concert samedi 4 février, à 20H30, suivi du live de The Begoody Experience, entrée gratuite. 

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