En ville

L’Écran a projeté le documentaire «Le Journal d’Elise» : Un éclairage sur les relations filles-garçons

Il y a Juan, le « beau gosse », comme il se définit lui-même, et Elton, son souffre-douleur. Il y a Karim, toujours la blague aux lèvres. Il y a Annabelle, la jolie fille, et son petit ami, Damien. Et puis il y a Elise, seule au milieu des autres, qui confie à son journal intime ce qu’elle ne peut pas dire à ses amis. Quand ce petit groupe quitte la cité pour des vacances à la campagne, les certitudes sont remises en question. Le flirt soulève des interrogations sur les relations entre filles et garçons, sur la façon de considérer son rapport à l’autre dans une relation amoureuse. Et les réponses ne sont pas toujours celles que chacun s’attendait à trouver…

Le Journal d’Elise, court-métrage de 26 minutes réalisé par Arlette Girardot et produit par la Cathode, avec l’aide de la Région, du Département et de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), a été projeté au cinéma l’Écran jeudi 18 février, en présence des sept jeunes qui ont participé à son élaboration, de la réalisatrice et des membres du comité de pilotage sur les relations garçons-filles de la PJJ, à l’origine de ce projet. « Depuis trois ans et demi que le comité de pilotage existe, nous avons essayé chaque année de créer de nouveaux outils pour parler de ces sujets?: un théâtreforum, des affiches, une émission de radio… Il y a un an et demi, des jeunes nous ont dit?: pourquoi pas un film?? Nous avons décidé d’y croire malgré les obstacles, financiers et techniques. On a fait appel à la Cathode. » L’association, qui a pour but de favoriser l’insertion par des projets audiovisuels dans le 93, a contacté Arlette Girardot.

« Contrairement aux stéréotypes »

« On a commencé par regarder des films, parce qu’on avait du mal à se parler de relations amoureuses, raconte la réalisatrice. On a discuté des manières de raconter une histoire qui n’est pas forcément la sienne. Chacun, à partir de là, a commencé à construire un personnage et puis nous avons tissé ensemble l’histoire. » Les jeunes ont dû surmonter leurs propres inhibitions au moment du tournage, et l’arrivée de deux comédiennes les a aidés à trouver leur marque, au point qu’il est difficile, au vu du résultat final, de dire qui est professionnel et qui est amateur. « On a tous pris du plaisir à jouer, parce qu’on a développé une complicité avec Arlette », explique Samir (1). « Au début on a tous eu du mal, et puis à force d’avoir la caméra sur nous, c’est devenu naturel », confirme Karine.

Le film est également édité en DVD, enrichi d’un commentaire d’Isabelle Clair, sociologue et auteur du livre Les jeunes et l’amour dans les cités, également présente à la projection et qui explique son rôle?: « C’est intéressant pour moi de voir comment est reçu le film, entendre à quel moment ça rigole, sur quels mots, quelles scènes, aux moments où on sent que quelque chose est sur le point de se passer. Ça montre toute la complexité du film?: rien n’est simple, rien n’est déterminé dans les relations amoureuses, contrairement aux stéréotypes. »
« On va peut-être faire un autre film », espère Arlette Girardot, en conclusion. « On n’a pas un rond, mais certains ont de très bonnes idées… »

Sébastien Banse

(1) Les prénoms des acteurs ont été modifiés.