À la une En ville

Municipales 2020
/ L’école publique débattue

Samedi 1er février s’est tenu à l’école Jean-Vilar un débat avec les candidats aux municipales autour de l’école publique. Il était organisé par le collectif Grandir Ensemble en partenariat avec le JSD.
Huit candidats aux élections municipales ont participé samedi 1er février au débat sur l'école publique organisé par le collectif Grandir ensemble. © Olivia Kouassi
Huit candidats aux élections municipales ont participé samedi 1er février au débat sur l'école publique organisé par le collectif Grandir ensemble. © Olivia Kouassi

Le collectif Grandir Ensemble à Saint-Denis a su attirer du monde pour son débat autour de l’école publique samedi 1er février à l’école Jean-Vilar. Huit candidats aux municipales ont fait face à près de 200 personnes et ont défendu leurs propositions pour valoriser l’école publique. Un échange de plus de deux heures rythmé de questions du public, de piques assénées entre candidats et d’applaudissements contenus. « Je venais pour découvrir tous les candidats et j’ai appris beaucoup de choses », témoigne Agnès à la fin de la rencontre.

LIRE AUSSI : « Quels projets pour l’école publique » (VIDÉO)

Le débat a été l’occasion pour les candidats de revenir sur leurs propositions phares pour l’école publique et sur les solutions envisagées pour la promouvoir et lutter contre l’évitement scolaire. L’aspect sécuritaire a été mentionné par la moitié des candidats présents. Pour Bally Bagayoko (LFI), Alexandre Aïdara (LREM) et Houari Guermat (UDI), il faut renforcer la sécurité aux abords des établissements. Laurent Russier (PCF) souhaite lui développer la présence de médiateurs dans les collèges. La gratuité de la cantine scolaire est également une proposition récurrente chez les prétendants à la mairie.

Quand Mathieu Hanotin (PS), Alexandre Aïdara et Houari Guermat proposent la gratuité pour tous les enfants, Bally Bagayoko préfère la destiner à la frange la plus fragile de la population et souhaite mettre l’accent sur le bio et le végétarisme. Pour Georges Sali (PSG) et l’actuel maire Laurent Russier, il faut contribuer en fonction de ses moyens pour assurer l’équité.

LIRE AUSSI : Ecole publique : comment déconstruire les clichés ?

Qualifiés de révolutionnaires par le candidat En Marche, Catherine Billard (NPA) et Philippe Julien (LO) reconnaissent les compétences limitées de la municipalité en matière d’éducation. Pour Philippe Julien, l’instauration d’un rapport de force avec l’État et la mise en place « d’une municipalité de combat », « font avancer les causes ». La professeure de lycée Catherine Billard n’a pas manqué d’afficher son soutien aux mobilisations en cours contre les E3C et la réforme du baccalauréat. « Le budget de la police municipale ou de la vidéosurveillance pourrait être réaffecté à l’école publique », a-t-elle déclaré sur la question du budget alloué à l’éducation. « Il faut s’inscrire dans une posture de désobéissance et se mobiliser pour enrayer le délitement de ce qui représente le dernier service public non dématérialisé. »

Face aux nombreuses questions des Dionysiens venus prendre part au débat, les candidats n’ont pas toujours su y répondre ou seulement superficiellement. Celles du dédoublement des classes ou de l’accompagnement des mineurs isolés n’ont par exemple pas été détaillées. Tous les candidats se sont en revanche accordés sur la question des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) qui doivent être plus nombreux et mieux accompagnés.

Les applaudissements finals ont été pour la directrice de l’école qui accueillait le débat. Fière des compétences et de l’esprit d’innovation que défendent les équipes pédagogiques dionysiennes, elle s’est désolée de voir partir les élèves vers le privé et interpelle les candidats. « À quel moment peut-on travailler ensemble pour la réussite de tous les élèves ? »

Olivia Kouassi

Réactions

Bonjour, merci pour l'organisation de ce débat. Une vidéo est-elle disponible pour celles et ceux qui ne pouvaient pas s'y déplacer? Lulu
"les candidats n’ont pas toujours su y répondre ou seulement superficiellement. Celles du dédoublement des classes ou de l’accompagnement des mineurs isolés n’ont par exemple pas été détaillées"... est-il écrit dans l'article. La signataire de l'article est-elle une éminente spécialiste de ces questions pour se permettre de juger les candidats ?...
Réponse à Thomas : Faut-il être une spécialiste de ces questions pour juger les candidats ? Certes, on ne peut pas absolument déduire un manque de réflexion en profondeur sur ces sujets à partir des réponses hésitantes. Il est possible que tous les candidats soient des experts dans les domaines en question. Toutefois, il est possible d'induire à partir des réponses hésitantes qu'il y a un manque de réflexion en profondeur sur le sujet du dédoublement des classes ou de l'accompagnement des mineurs isolés. Les réponses hésitantes peuvent évidemment être expliquées par d'autres facteurs : heure de la prise de parole, fatigue, distraction. Or on peut exclure (sans certitude absolue) ces facteurs dans la mesure où il s'agit d'un débat public, ce qui a pour conséquence le fait que les candidats devraient être (et étaient) disponibles intellectuellement. Ainsi, il ne faut pas être spécialiste de ces sujets pour juger du caractère superficiel de la réponse : il ne faut pas connaître les sujets en tant que tels, mais induire de leur réponse un manque de connaissance.