Cultures

Pleyel
/ L’École de la Cité du cinéma en sursis ?

Cours suspendus, équipe administrative licenciée, épreuves du concours d’entrée 2018 tout bonnement annulées… L’annonce fin juin de la fermeture de l’École de la Cité du cinéma a semé la panique auprès de ses étudiants qui ont cru assister au clap de fin.

Les élèves de la promotion Jan Kounen (2017-2019) ont mal vécu ce cliffhanger, se mobilisant instantanément sur les réseaux sociaux pour partager leur colère et leurs inquiétudes. Mais, alors que le sort des étudiants semblait scellé, une solution a été trouvée in extremis pour remettre sur les rails l’école située à Pleyel et fondée en 2012 par le réalisateur Luc Besson. L’équation était simple : de l’équilibre financier de l’école de cinéma dépendait leur retour en cours. La rentrée aura bien lieu et se tiendra sous la férule du nouveau directeur Romuald Drault, directeur des productions chez Europacorp, la société de Luc Besson.

 

L'Ecole de la Cité : une formation gratuite 
 

Ce twist surprenant rappelle la fragilité financière de l’école qui forme à chaque session une soixantaine de jeunes âgés de 18 à 25 ans et ce, gratuitement, aux métiers d’auteurs-scénaristes et de réalisateurs. Son modèle économique repose sur les subventions accordées par l’État et les donations de mécènes privés. Au moment des révélations d’accusations de harcèlement sexuel portées à l’encontre du réalisateur du Cinquième Élément et du Grand Bleu, on apprenait le désengagement de nombre de grands groupes médiatiques et partenaires historiques tels que Pathé, M6, Gaumont et Canal Plus. 

Pour autant, le lien reste difficile à établir entre les déboires judiciaires de Luc Besson et le désistement des mécènes car une diminution progressive du montant des donations a été observée depuis 2012, les donations passant d’environ 1,8 million d’euros la première année à près de 179 660 euros seulement en 2017. Néanmoins, quelques partenaires tels que Kering et NextShot sont restés fidèles à l’École de la Cité, tout comme le Centre national du Cinéma (CNC) et la Région Île-de-France. Ces derniers devraient verser 200 000 euros de subventions chacun (soit une augmentation de 140 000 euros directement de la poche du CNC).  

Pour en savoir plus : Europacorp licencie

Si l’établissement est encore convalescent, sa réouverture prochaine est salutaire pour Luc Besson, aujourd’hui au creux de la vague. La situation financière d’Europacorp, sa société de production cotée en bourse, connaît des difficultés depuis l’échec commercial du long-métrage Valerian et pourrait s’aggraver avec les soupçons qui pèsent sur son patron.

Maxime Longuet

 

 

 

Pour en savoir plus: