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Artiste peintre
/ Ko a la cote

Ko, jeune peintre au style frénétique et dense, a monté avec une bande d’amis un collectif d’artistes nommé LTR. En novembre prochain, il exposera ses plus belles toiles à Paris – inspirés du 93 et de Saint-Denis – qui ont toutes déjà trouvé preneurs !
Une toile de l'artiste peintre Ko, intitulée Airmax 2.0
Une toile de l'artiste peintre Ko, intitulée Airmax 2.0

Le JSD : Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

Ko : Je m’appelle Alexis Ko Honlam, je suis Franco-Chinois. J’ai vécu toute ma vie à Hong-Kong. Je suis de retour en France depuis 2012 et je me suis installé avec des amis en colocation, dans le quartier Romain-Rolland, à Saint Denis…

Le JSD : Et c’est comme ça que tout a débuté…

Ko : On a commencé en créant le collectif LTR avec trois amis, Jules Abeccassis un rappeur, de son nom d’artiste JWLS (le JSD l’avait rencontré pour un projet musical avec des rappeurs palestiniens, ndlr), Paul Galmiche, un autre peintre, et Patrick Bonat, un photographe. Progressivement d’autres artistes se sont greffés au collectif.

Le JSD : Comment Saint-Denis influence-t-elle votre pratique artistique ?

Ko : Avant tout, Saint-Denis m’a aidé grâce à la force que les gens nous ont apportée sur place. L’architecture de la ville m’inspire aussi énormément dans mon travail. Les habitants que nous avons rencontrés ont cru en notre travail et sont devenus nos plus grands supporters et amis. Je leur en suis très reconnaissant, c’est un truc que je ne cesse de répéter ! C’est leur soutien qui m’a permis de passer graduellement à des niveaux supérieurs. 

Le JSD : Un élément revient souvent dans vos tableaux : le crocodile. D’où vous vient cette idée de décliner ce reptile et de le rendre plus urbain ? À quoi se réfère-t-il ?

KO : En fait, le crocodile est inspiré directement des jeunes de Saint-Denis et de la banlieue. J’ai remarqué que beaucoup portaient des ensembles Lacoste. J’aime l’idée qu’ils aient détourné un produit de luxe, qu’ils se soient appropriés cette marque qui ne leur était pas forcément destinée à la base


Acheter une toile est un investissement

Le JSD : Aujourd’hui, vous parvenez à vivre de votre art. Comment vous organisez-vous pour diffuser votre travail ?

Ko : Tout le processus post-production, c’est-à-dire la mise à jour de tous tes clients et les ventes, c’est la Galerie Ground Effect qui gère. Parler aux clients, entretenir le réseau, faire parler de l’artiste, pour moi, c’est des litres et des litres de salives gaspillées. En vrai, plus de trois quarts des personnes intéressées ne vont pas passer le cap d’acheter une œuvre. Mais moi je ne m’occupe pas de démarcher les potentiels clients, mon boulot ça reste la production. C’est ce que j’aime !

Le JSD : Vous commencez à vous faire une place sur le marché de l’art. Comment ont évolué vos ventes depuis vos débuts jusqu’à aujourd’hui ?

Ko : J’ai vendu entre 30 et 40 toiles depuis mes débuts, c’est-à-dire depuis 2015. Je suis vraiment content parce que les prix de mes toiles ont évolué. Je me souviens qu’il y a quelques années, un client m’avait acheté une toile pour 500 balles, donc des cacahuètes. J’arrive à vendre aujourd’hui autour de 2 000, 3 000 voire 4 000 euros, selon la taille du tableau. Quand cet ancien client a reçu les mails de relance qui l’ont informé de ma nouvelle cote, il a ramené tous ces potes pour acheter mes peintures. Finalement, pour lui, c’était un très bon investissement…

Le JSD : Vous considérez qu’acheter une toile c’est un investissement ?

Ko : Exactement. En tant qu’artiste, tu as ce que l’on appelle une cote de référence. Les prix moyens d’un artiste sont référencés sur le site Artprice. Les collectionneurs et les connaisseurs consultent régulièrement ce site pour voir l’évolution des cotes des artistes. Tous les artistes du monde sont sur ce site Internet. Ça sert surtout pour les ventes aux enchères.

Le JSD : En novembre va avoir lieu votre première exposition personnelle. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Ko : Ma première exposition est justement prévue à la galerie Ground-Effect à Paris. Il y aura des toiles de mon collectif LTR. Pour cette exposition, une vingtaine de toiles seront exposées et toutes sont déjà vendues et payées. Donc, finalement, cette exposition sera plus une rétrospective.
 

Mohamed Errami

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