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Crise de l'accueil
/ Khaled et Mohamad : retrouvailles à porte de la Chapelle

Le Journal de Saint-Denis revient en photos et en textes sur quatre années de situations de vies indignes avenue Wilson. Focus sur l'histoire de deux réfugiés somaliens rencontrés quelques semaines avant le démantèlement des campements porte de la chapelle et sur la couverture de l'autoroute A1.
Khaled et Mohamad, deux réfugiés somaliens. © Yann Mambert
Khaled et Mohamad, deux réfugiés somaliens. © Yann Mambert

« En Hollande, on a vécu dans la rue ensemble », témoignent en anglais les deux réfugiés somaliens rencontrés un 17 octobre à proximité de la porte de la Chapelle. C’est au niveau du 38, avenue du Président-Wilson, presque en face du cimetière parisien situé sur le territoire dionysien qu’était installé le campement dit « des Somaliens ». Un recoin, discret, en bordure de la route, entouré de murs de tôles et quadrillé de barbelés. Mohamad, né en 1980 à Mogadiscio, vit là depuis déjà plusieurs mois.

Le 12 juin 2019, la préfecture des Yvelines lui a délivré sa première attestation de demandeur d’asile qui prendra fin le 11décembre 2019. Cela fait deux ans et demi qu’il est arrivé dans l’Hexagone. « La France a un peu plus d’humanité que la Hollande. Ici, au moins on peut vivre dehors dans des tentes », exprime le réfugié somalien. À ses côtés, son ami Khaled, planches de bois à la main, s’enthousiasme. Il va se confectionner un espace où dormir sur le campement. Ne lui manque plus qu’à trouver une tente.

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À 38 ans, celui qui en 2005 prend la décision de quitter sa Somalie natale pour la Syrie, puis la Turquie, la Grèce et enfin les Pays-Bas, a les yeux qui pétillent. Cinq jours avant notre rencontre, Khaled qui vient à peine d’arriver sur le territoire français part à la recherche de Mohamad, son ami de longue date et compagnon d’infortune dans les rues de la capitale hollandaise. « On m’a dit d’aller chercher vers porte de la Chapelle. Et je l’ai retrouvé ici », sourit-il. Les deux hommes qui se sont rencontrés en 2008 relatent leurs galères, leurs débrouilles pour s’en sortir, leurs longs mois en détention, leurs demandes d’asiles rejetées.

« La vie est difficile là-bas, on te permet de rester dans les centres d’hébergement pendant deux mois, après on te met à la rue », explique Khaled qui a été quatre fois en centre de détention. En tout, le réfugié y est resté dix mois. Même combat pour Mohamad. « Je suis arrivé en Hollande en 2000. J’ai fait une demande d’asile qui m’a été refusé. En 2002, je suis parti en Angleterre rejoindre une partie de ma famille. Les autorités m’ont expulsé en 2004. On m’a fait retourner en Hollande. Pourquoi ? En 2002, il n’y avait pas encore de règlement Dublin ? Les Européens ne prennent pas les réfugiés au sérieux », explique-t-il.

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Selon un communiqué de Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, en 2017, 538000 demandeurs d’asile se sont vus accorder un « statut protecteur » au sein de l’UE. Environ un tiers des bénéficiaires sont des Syriens. Ils sont suivis par les Afghans (19%). Quatre pour cent sont originaires de la Somalie.

Yslande Bossé

Réactions

Qui désarmera les islamistes shebab lesquels mènent des fusillades meurtrières dans la capitale Mogadiscio ? Qui arrêtera et livrera à un juge d'instruction les assassins de la militante des droits de l'homme Almaas Elman Ali ? Les shebab affiliés à Al-Qaïda terrorisent les zones rurales de Somalie. 1,7 millions citoyen(ne)s somaliens y manquent de nourriture (sur une population de 11,5 millions habitants). La Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie se contente de paroles. Les autres pays occidentaux semblent spectateurs de la famine et de la guerre civile en Somalie. La France n'est pas un pays neutre. La France doit prendre ses responsabilités proposer une aide militaire et économique au président Mohamed Abdullahi Mohamed et après accord du gouvernement d'Hassan Ali Khayre intervenir sur le sol somalien pour désarmer les shebabs. Quitte à subir des pertes militaires.

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