Cultures

Collectif 75e session
/ Immersion dans le temple du rap underground

Une websérie documentaire en cinq épisodes, truffée d’images d’archives et d’interviews croisées, retrace l’histoire du collectif 75e Session, de ses débuts en 2009 à son installation à Saint-Denis en 2012, dans une maison baptisée le Dojo.
Le rappeur Georgio en répétition au Dojo. Extrait du documentaire consacré à la 75e  Session.  © Yveline Ruaud - Radio Nova
Le rappeur Georgio en répétition au Dojo. Extrait du documentaire consacré à la 75e Session. © Yveline Ruaud - Radio Nova

C’est à l’ombre d’un grand figuier que l’équipe de la 75e Session accueille dans son jardin secret artistes et journalistes de presse spécialisée pour une release party un peu particulière. Le collectif organisait jeudi 13 juin la présentation de la websérie documentaire baptisée 75e Session - La famille du Dojo, tournée par Yveline Ruaud de l’association Gros Sourcils.

Ce documentaire coproduit par Radio Nova est disponible depuis le 17 juin. En cinq épisodes, le webdoc truffé d’images d’archives et d’interviews croisées retrace l’histoire de la 75e Session, de ses débuts en 2009 à son installation à Saint-Denis en 2012, dans cette maison que les membres du collectif ont rebaptisée le Dojo. Tout un symbole. Niché à deux pas de l’université Paris 8 et dont le jardin donne sur la cité Allende, ce temple du rap underground en a fait fantasmer plus d’un. S’y sont rencontrés des artistes aujourd’hui connus du grand public (Vald, Georgio, Doums, Nekfeu, Espiiem, Lomepal, Dimeh, Sopico…), parfois plus anonymes. 
 

« Comme une grande salade de fruits »

Mais qu’importe, le Dojo c’est avant tout un lieu d’apprentissage, de rencontres et de partage plus qu’un tremplin. Un lieu doté aujourd’hui de deux studios d’enregistrement « gérés » par le couteau suisse Sheldon qui porte à la fois la casquette d’ingénieur du son, rappeur, producteur, arrangeur… Avec Antonin, Selas, le rappeur Nepal, Paul, Elie ou encore le photographe Lucas Matichard, ils forment le noyau dur. La plupart vivent sur place.

« Là c’est propre, y’a du coffrage, y’a de la mousse partout mais quand on est arrivé ici c’était ghetto, on était vraiment dans une configuration très drastique… », témoigne Paul, l’un des associés du label 75e Session, qui profite de la présence de la presse pour faire le tour du propriétaire. L’espace, le prix et la proximité avec les transports ont été déterminants pour l’installation du collectif. Ensuite, il a fallu quelques litres d’huile de coude pour mettre tout ceci en forme. « J’ai voulu retracer leur histoire mais surtout comprendre ce lieu. Qu’est-ce que tu viens chercher ici, qu’est-ce que cela t’apporte en tant qu’artiste ? Ce qui m’intéressait c’était les dynamiques de groupe : comment d’une idée née entre potes, amateurs de rap, tu arrivais à créer une émulsion pareille, explique la réalisatrice Yveline Ruaud. Le Dojo a été rendu possible parce qu’ils ont su constituer ce groupe, cet aspect me fascinait. Il y a toujours un petit côté magique là-dedans. » L’important n’est pas de se mettre en avant mais de travailler ensemble pour stimuler le potentiel de chaque artiste, c’est en substance ce qui ressort du documentaire. Tout au long des épisodes, de nombreux artistes de la 75e Session tels les rappeurs Sanka, M le Maudit, Fa2L, Vesti, Hash24 ou Inspire témoignent de cette fraternité et de leur attachement au Dojo. « Ici, c’est comme une grande salade de fruits… Et c’est sucré », opine Sanka. 
 

Le bel esprit du collectif

Depuis sa création en 2009, le collectif a vu graviter autour de lui des rappeurs, réalisateurs et producteurs de tous horizons. Depuis leurs premières vidéos avec L’Entourage, des freestyles anonymes John Doe aux divers clips tournés, la 75e Session s’inscrit dans la lignée artistique de Kourtrajmé. Et si de l’aveu même des fondateurs du collectif il est difficile de savoir précisément quel est le degré d’implication de chacun, tous les membres ont participé d’une manière ou d’une autre à la réalisation de projets, de clips, de productions musicales, de mixage… « Il n’y a pas de sceaux délivrés », assure Paul dans le documentaire. Être estampillé 75e Session, ce n’est qu’une question de feeling et de bon esprit. La websérie se termine avec ce sentiment que le collectif a encore de beaux jours devant lui tant que les forces resteront mobilisées et la bienveillance entre artistes intacte. Quant à Yveline Ruaud, elle n’en est pas à son premier documentaire : un projet sur les concours de clash Dégaine ton style aux Ulis (Essonne) est en cours de finalisation.

Maxime Longuet

La websérie en 5 épisodes 75e Session - La famille du Dojo est disponible gratuitement sur www.nova.fr

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