Sports

Break Dance
/ H-I-P, J-O-P

Le Comité international olympique a annoncé l’ajout au programme, dès les Jeux de 2024, du break dance, une des disciplines du hip-hop, ce mouvement populaire et urbain né en France dans les années 1980. Une consécration qui fait débat dans le petit monde du hip-hop dionysien.
Maeva, 12 ans, l’une des danseuses du cours de hip-hop dispensé à l’Avant-Garde par Céline Plumey.
Maeva, 12 ans, l’une des danseuses du cours de hip-hop dispensé à l’Avant-Garde par Céline Plumey.

 Les basses résonnent dans la salle de danse baignée de soleil. Un rythme entraînant fait taper du pied et dodeliner la tête. Ils sont treize, de 8 à 14 ans, à apprendre les bases du hip-hop deux fois par semaine à l’Avant-Garde.

« La culture hip-hop est très présente à Saint-Denis, explique Céline Plumey, professeure de danse au club. Les jeunes vivent là-dedans. Quand je donne des cours dans le 92, je vois la différence. » La culture hip-hop qui, en France, a en partie vu le jour entre les murs de l’université dionysienne Paris 8 dans les années 1980, se développe à contre-courant et crée une véritable identité populaire. « C’est une culture underground qui a mis vingt ans à se former dans les boîtes de nuit et dans les rues », développe Gabin Nuissier, l’un des pères fondateurs du hip-hop français et créateur d’Aktuel Force.

Plus de trente-cinq ans après la naissance de cette compagnie pionnière du break dance hexagonal, installée depuis quelques mois à Saint-Denis, le mouvement n’a jamais eu autant de succès et de visibilité. Consécration ultime : le Comité international olympique (CIO) a annoncé, mercredi 27 mars, l’arrivée du break dance dans la plus prestigieuse des compétitions sportives. 

 


 

« Toucher un public jeune »

Les JOP 2024 de Paris devraient donc accueillir, avec le surf, le skate et l’escalade, une des expressions de cette culture populaire aux codes bien précis. « C’est une victoire ! », se réjouit Gabin Nuissier, bien que la discipline doive encore faire l’objet d’une nouvelle validation en juin pour enfin recevoir l’ultime approbation lors d’une réunion du CIO en décembre 2020. « Nous avons été séduits par la candidature de la Fédération internationale de break dance, détaille Tony Estanguet, président du Comité d’organisation des JOP 2024. C’est un sport qui permet de toucher un public peu connecté aux Jeux : les jeunes. Le break dance représente un patrimoine, une identité culturelle que nous voulons mettre en avant et son univers créatif correspond à l’image que nous voulons donner à Paris 2024. »
 

« La danse a besoin de garder son authenticité »

« Le mouvement est divisé », résume Émilie Fritz, responsable de la section hip-hop du collège Garcia-Lorca. Si l’arrivée du break dance aux JOP confirme sa légitimité, beaucoup craignent une institutionnalisation de la discipline. « Ils redoutent que la pratique perde son âme, confie la professeure. Je suis partagée, car mon côté enseignante y voit une opportunité pour les élèves. Et puis c’est bien de reconnaître le break dance comme étant un sport.»

Surnommés b-boys et b-girls, les danseurs de break s’interrogent sur le jugement des futures épreuves. « En battle, les décisions sont très subjectives. Il y aura besoin de critères beaucoup plus objectifs pour juger une épreuve olympique, mais il ne faut pas qu’ils soient trop éloignés des valeurs de cet art », s’inquiète Émilie Fritz. « La danse a besoin de garder son authenticité », clame Gabin Nuissier. La mainmise des crews sur l’organisation des épreuves est pour lui la condition sine qua non. « Il n’est pas envisageable qu’une personne chapote une culture qui n’est pas la sienne », argue-t-il. Émilie Fritz, elle, est plus positive. « Ça ne va pas complètement dénaturer la discipline. Ça ne sera pas la mort du hip-hop. Et au pire, cela créera une nouvelle forme de break dance. »

Olivia Kouassi

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur