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/ Gros travaux annoncés en gare

La SNCF s’apprête à lancer les travaux attendus de longue date pour adapter la gare aux flux des usagers. Et elle annonce pour le printemps de nouveaux commerces sur le parvis encore sporadiquement occupé par les vendeurs à la sauvette.
A l'est, le parvis devrait accueillir un food truck, un bar à jus, un service d'aide à l'embauche, voire un bibliobus.
A l'est, le parvis devrait accueillir un food truck, un bar à jus, un service d'aide à l'embauche, voire un bibliobus.

 D’après le décompte de la SNCF, la vieille gare de Saint-Denis absorbe chaque jour quelque 49 000 voyageurs. Et ce flux d’usagers sur le départ augmente à tel point qu’il devrait atteindre les 90 000 en 2030 ! Les aménagements projetés y suffiront-ils ? En tout cas, l’agenda des travaux est à présent arrêté comme l’ont expliqué les représentants de la SNCF lors d’une réunion publique le vendredi 15 février.

Ils devraient démarrer dans les jours à venir pour une livraison prévue en 2023. Soit deux ans de retard sur le planning initial de la consultation publique sur les espaces extérieurs. « C’est un des projets les plus importants de ces prochaines années pour la SNCF », a fait valoir l’un de ses représentants. Les travaux porteront à la fois sur les circulations et sur l’accessibilité. Intervention complexe entre toutes, un tunnel de 10 mètres de large sera creusé en biais sous les voies, au sud de la gare. Principal axe de circulation des voyageurs, il donnera accès aux quais et reliera les deux parvis, à l’est et à l’ouest, où seront ainsi aménagées les deux nouvelles entrées.

Sa mise en service s’effectuera en deux temps en 2022. Le côté est sera le premier desservi. Le vieux bâtiment voyageurs sera lui affecté à de nouveaux usages qui feront l’objet d’un « appel à manifestation d’intérêt en concertation avec les acteurs locaux », dont la Ville et Plaine Commune. Les travaux d’accessibilité, quant à eux, consisteront à rehausser les quais, à les doter chacun d’un ascenseur, ainsi que d’un escalier mécanique pour les plus fréquentés (2-3 et 5-6).

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Non moins appréciable, chaque quai sur toute sa longueur sera protégé par un abri. Deux autres souterrains seront rénovés et maintenus en service, l’un pour la sortie côté est, l’autre pour l’accès à l’ouest. Des guichets automatiques, une présence humaine « renforcée » pour l’information voyageurs, la SNCF promet aussi aux abords de chacun des deux accès un parking vélo sécurisé, des sanitaires automatiques. Plus des commerces, dont la présence côté ouest demeure encore des plus hypothétiques. Le programme de bureaux dont ils devaient occuper le rez-de-chaussée en contrebas des voies ferrées n’intéressant encore aucun promoteur. « Il faut que la filiale immobilier de la SNCF prenne en charge cette opération. » La suggestion de Michel Ribay, élu délégué au quartier, a laissé de marbre les représentants de la société ferroviaire. Lesquels pour l’heure ont adopté la friche comme base de chantier. 
 

Cinq implantations de commerces

Reste l’occupation du parvis est, en attendant sa complète réfection en 2022. Présent en début de réunion, Laurent Russier avait tenu à faire passer le message sur l’action municipale contre les vendeurs à la sauvette. Avec les agents de surveillance de la voie publique, recrutés pour le site, « nous continuons à sensibiliser les clients aux dangers en termes d’hygiène à consommer ces brochettes et à la nocivité des cigarettes de contrebande ».

Pour parer aux critiques formulées ici et là contre une politique de répression visant le gagne-pain des plus démunis, le maire signalait « le travail de la Ville sur un dispositif social de cuisine de rue ». Les vendeurs de brochettes intéressés « se comptent sur les doigts d’une main », tempérait cependant Jaklin Pavilla, première adjointe au maire, en charge des solidarités. Par contre, annonce était faite de cinq implantations de commerce et de services à partir du printemps sur le parvis.

L’initiative en revient à la SNCF avec son programme Gare Partagée dont l’appel à projets renouvelé depuis quatre ans portait en 2018 notamment sur la gare de Saint-Denis. Outre le primeur déjà en place, s’installeront un food truck, un bar à jus, ainsi qu’un service d’aide à l’embauche hébergé dans un conteneur. Devrait s’y joindre un bibliobus. Dans l’assistance d’une soixantaine de personnes, les inquiétudes ne se sont pas dissipées pour autant quant au report sur le parvis ouest des vendeurs à la sauvette. S’agissant des nuisances du chantier de la SNCF, promesse a été faite de mettre en place un comité de suivi.

Marylène Lenfant

Réactions

"sporadiquement occupé par les vendeurs à la sauvette". C'est quand même très fréquemment sporadique...
La SNCF réalise 70% de son chiffre d'affaires en région parisienne mais investit 60% de ses ressources financières en province, pour rénover des gares utilisées par quelques centaines de voyageurs, afin de satisfaire aux souhaits des députés locaux. La SNCF réalise ses ventes en Île-de-France sans rien investir dans les gares utilisées quotidiennement par les franciliens.