En ville

Grand Paris, affaire d’État

Le secrétaire d’État Christian Blanc doit présenter devant le gouvernement son texte précisant l’avenir de la région capitale. Le document pourrait enlever aux élus une partie de leurs pouvoirs en matière d’urbanisme et de développement.

Le Grand Paris frappe à la porte. Ce mercredi 7 octobre, le secrétaire d’État Christian Blanc présente son projet de loi en Conseil des ministres. Il sera ensuite soumis au Parlement. Ce projet voulu par le président de la République, est articulé autour d’un réseau de transports en commun, de pôles de développement économiques et de zones aménagées autour des 40 gares de ce réseau de 130 kilomètres. Le tout réalisé non pas par les collectivités locales ou régionales, mais par une Société du Grand Paris, dans laquelle l’État aurait les pleins pouvoirs.

La mise en place d’une police métropolitaine

Ce Grand Paris a déjà vu un commencement de concrétisation avec dès la fin de l’été la mise en place d’une police métropolitaine, pouvant intervenir aussi bien à Paris que dans les trois départements dits de la petite couronne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne). Certains aspects ne sont pas encore ficelés (ou rendus publics) comme la création de gares TGV, l’une d’entre elles devant se situer dans le quartier Pleyel.

« Ce serait un pouvoir d’exception absolument anormal »

Mais ce qui semble certain, déjà, c’est la prise en compte de Plaine commune comme un des sites de développement en devenir (comme Saclay dans le sud de la région) autour de la création (cinéma, mode, multimédia, musique…). « Nous pouvons en faire l’un des trois pôles mondiaux du secteur », explique Christian Blanc. Le même propose la création de cette Société du Grand Paris, dont la mission serait, sous couvert de permettre l’accélération des dossiers, un outil au service direct de l’État, qui dessaisirait les communes de leurs prérogatives urbanistiques dans un certain périmètre (peut-être 1,5 km autour des gares du futur métro), ce qui ne plaît pas du tout aux édiles locaux. « Ce serait un pouvoir d’exception absolument anormal », a par exemple indiqué le maire de Saint-Denis Didier Paillard. (1)

Le métro automatique circulerait en sous-sol et roulerait à 70 km à l’heure

La marmite s’est tellement mise à bouillir chez les élus locaux que, dans ses « arbitrages », le Premier ministre a tenté de leur rendre une partie de ces pouvoirs. Mais, dans une lettre qui a été rendue publique, Christian Blanc a évoqué une « atteinte à l’économie générale du projet de loi, au risque de le rendre incohérent ». Depuis, l’incident est très officiellement considéré comme clos. Ce qui ne rassure pas les élus. Dans les méandres du Grand Paris, ce qui semble à peu près certain, c’est que le métro automatique circulerait en sous-sol, roulerait à 70 km à l’heure, relierait les pôles du nord et du sud aux aéroports et à la capitale ; réalisé en « double boucle », il utiliserait la ligne 14 prolongée au nord et au sud. Elle desservirait alors la station Pleyel.
Les travaux de ce réseau pourraient débuter en 2012 ou 2013 et durer dix ans. Les procédures administratives seraient raccourcies. Une dizaine de tunneliers pourraient en même temps perforer les entrailles franciliennes. Là encore, du jamais vu …

Gérald Rossi

(1) Selon l'édition du Monde datée du 7octobre 2009, le texte présenté prendrait finalement plus en compte la grogne des élus.

***************

Financement des nouvelles lignes de transport

Augmentation des tarifs et taxe nouvelle au menu

Rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, le député UMP du Val-de-Marne Gilles Carrez a été chargé d’un rapport sur le financement du Grand Paris et donc des systèmes de transport imaginés par le secrétaire d’État Christian Blanc (lire ci-dessus). Le député sarkoziste imagine deux séquences, la première de 25 milliards (sur les 35 au total sans parler du coût de l’exploitation) sur la période de 2010 à 2025, pour réaliser une partie du métro automatique, l’amélioration des RER, etc. La seconde séquence, après 2025, devant financer la suite.

Une hausse du prix des billets et des abonnements

Il serait fait appel à l’emprunt pour 25 milliards. S’ajouteraient diverses rentrées financières, comme une augmentation du montant des amendes de stationnement (de 11 à 20 euros), une hausse du prix des billets et des abonnements (pass Navigo, carte intégrale, etc.) et une « taxe d’équipement du Grand Paris » qui pourrait s’élever à 20 euros par ménage. L’idée de péages urbains semble abandonnée, alors que les poids lourds seraient mis à contribution avec une augmentation de 30% de la nouvelle « écoredevance », et que le versement transports des entreprises serait augmenté.

« L’engagement formel et financier de l’État sur la réalisation de ce plan »

Pour Jean-Paul Huchon, président socialiste du conseil régional et du Stif (le syndicat des transports d’Île-de-France), « le rapport Carrez (qu’il prend là à contrepied) conforte le Plan de mobilisation des transports », initié par la Région. En revanche, l’élu demande « l’engagement formel et financier de l’État sur la réalisation de ce plan ».
Quant à Jean Brafman, du groupe communiste (CACRPG), il dénonce la taxe spéciale de 20 euros, les incidences sur les fiscalités régionales et départementales. Avec son groupe, il refuse aussi l’augmentation des tarifs et parle d’une « politique profondément injuste et inefficace ».

G.R.

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur