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L’Écran
/ Grand Corps Malade, du livre au film

Inspiré de Patients, paru en 2012, où il racontait sa reconstruction en centre de rééducation après son accident, le slameur s’apprête à sortir Patients, long métrage qu’il signe avec son ami réalisateur Mehdi Idir. Projections en avant-première au cinéma du centre-ville.
Amis dans la vie, le réalisateur Mehdi Idir et Grand Corps Malade ont réalisé l'adaptation du livre du slameur "Patients". Avant-première le 13 décembre à l'Ecran.
Amis dans la vie, le réalisateur Mehdi Idir et Grand Corps Malade ont réalisé l'adaptation du livre du slameur "Patients". Avant-première le 13 décembre à l'Ecran.

Nous sommes dans les années 1990, Ben, jeune tétraplégique, suit sa rééducation dans un centre hospitalier. Alors que tout paraît vain, il trouve la force nécessaire pour se remettre sur pied après de longs mois de rééducation. Son histoire, c’est celle de Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade.

Après Patients, le livre paru en 2012, le slameur s’apprête à sortir Patients, le film, qu’il signe avec son ami réalisateur Mehdi Idir. Le long-métrage, en salle le 1er mars, sera présenté au cinéma l’Écran mardi 13 décembre lors de deux séances exceptionnelles programmées à 20h et 20h45.

« On en est très fier même si les débuts ont été difficiles, surtout quand on cherchait des financements, raconte Grand Corps Malade. Quand on a présenté le pitch du film à France Télévisions, on m’a dit texto que ça ne faisait pas très 'prime time du dimanche soir'. Mais maintenant, toutes les chaînes sont en train de revenir vers nous. C’est un peu notre revanche personnelle car à un moment on s’était même demandé si on allait pouvoir le tourner… »

Ils y croyaient et ont tenu bon. Et après sept semaines de tournage en Seine-et-Marne, dans le centre Coubert où, dix-neuf ans plus tôt, Fabien Marsaud réapprenait à marcher, le film est fin prêt à débarquer dans les salles obscures.

Les deux amis réalisent le chemin parcouru et le travail abattu. « La préparation pour les rôles était intense, se souvient Grand Corps Malade. Deux acteurs ont perdu dix kilos parce que, sur une chaise roulante, être musclé ce n’est pas très crédible. Un mois avant le tournage, nous les avons mis dans un fauteuil, ils ont été suivis par mon ancien kiné, ils ont mangé avec des tétras et des paraplégiques. Ils étaient en immersion. »

L’équipe retournera le 19 décembre au centre hospitalier pour projeter le film. « Il y avait une très belle ambiance pendant le tournage. Au final, ce centre n’est pas l’endroit glauque que l’on pourrait croire », affirme Mehdi.

Côté casting, le duo nous promet de belles surprises et du talent à la pelle. Le choix de retenir l’acteur Pablo Pauly pour interpréter Ben s’est imposé comme une évidence. « Au début, on voulait coller physiquement à Fabien. Mais certains acteurs qui avaient le bon physique et jouaient très bien les scènes d’amour, étaient à côté de la plaque quand il s’agissait d’une scène de vanne, ça sonnait faux. Il fallait que ça reste naturel », raconte Mehdi Idir.

Pari tenu pour Pauly qui sait jouer le petit chambreur de banlieue à la perfection. Le travail au montage a permis de conserver ensuite un équilibre dans le rire, entre la pirouette utile et l’humour qui tâche. « Cet humour-là, il est inscrit dans notre ADN », évoquent les deux amis, jamais avares d’une réplique bien sentie. Dans le film, les plaisanteries, parfois cruelles, ricochent entre les murs des longs couloirs du centre de rééducation pour exorciser la réalité.

Heureusement, Ben ne se bat pas seul dans cet hôpital. Il s’est recréé une petite bande : Toussaint joué par Moussa Mansaly, Farid par Soufianne Guerrab, Samia interprétée par Nailia Harzoune et Steeve joué par Franck Falise, les « nouvelles têtes » du cinéma français. Ensemble, ils vont réapprendre à vivre et se confronter aux affres de la vie.

Pas question pour autant de verser dans le pathos ni d’étouffer le spectateur : « Il y a des moments de gravité, mais on y a injecté de la vie, de l’humour, de l’autodérision », explique le poète dionysien qui souhaite combattre les préjugés sur les handicapés.

Ce premier long-métrage « grand-public », qui parle de jeunes dans un huis-clos hospitalier, pourrait bien créer la surprise. Au festival de Sarlat, Patients a décroché la Salamandre d’Or qui récompense la meilleure œuvre en compétition, le prix des lycéens et le prix d’interprétation masculine décerné exceptionnellement à titre collectif. En substance, ce film réussit à rassembler les spectateurs autour d’une leçon de vie. Renoncer à bouger, à courir, à marcher mais toujours espérer, aimer, résister, sourire… Et avant tout, être patient.

Maxime Longuet


Mardi 13 décembre à 20h et 20h45, en avant-première à l’Écran (14, passage de l'Aqueduc).

Séances suivies d’une rencontre avec Grand Corps Malade, Mehdi Idir et des comédiens du film. Tarifs habituels. www.lecranstdenis.org.


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