Cultures

François-Théodore Legras, sa vie, sa verrerie

Un couple de passionnés est à l’origine d'un beau livre consacré à cette usine de la Plaine à Saint-Denis, qui a produit des pièces de verrerie populaires et artistiques jusqu’à la moitié du XXe siècle.
Une des très belles réalisations présentées dans l'ouvrage
Une des très belles réalisations présentées dans l'ouvrage


Dominique et Jean Vitrat sont Vosgiens. Tout comme l’était François-Théodore Legras, dont l’une des deux usines de verrerie, à Saint-Denisque quartier de la Plaine de 1855 à 1944, était au début du XXe siècle la plus importante de France avec 1 200 ouvriers verriers (l’autre était à Pantin).


L’Unité d’archéologie avait, en 2006, exposé au musée les résultats des fouilles qu’elle avait entreprises sur son site, auxquels elle avait ajouté plusieurs pièces de collectionneurs. Dont celles de M. et Mme Vitrat. Le couple avait auparavant publié un ouvrage intitulé Legras verrier, vite épuisé (éditions Argus Valentine, 2002).


Et, dix ans après, la deuxième édition, largement enrichie et améliorée, sort des presses sous la forme d’un magnifique ouvrage de 380 pages, François-Théodore Legras, verrerie artistique et populaire française, cette fois à compte d’auteur. Une somme qui couronne dix années de recherches en compagnie des historiens Marie-Françoise et Jean-François Michel.


« Tout a commencé chez nous, où le petit musée d’Hennezel-Clairey présente plusieurs exemples de verres Legras », raconte Dominique Vitrat. « Et c’est à Hennezel que Legras avait fait son apprentissage », poursuit Jean Vitrat. Tous deuxcollectionneurs dans l’âme, ils écument les brocantes, cherchent des documents, amassent une foule d’informations. D’où le premier livre, puis plusieurs expositions, dont celle de Saint-Denis, enfin ce second ouvrage.

Expositions universelles

« En fait, nous voulions réparer une injustice, car les verres Legras sont mal côtés alors qu’il a fait des choses superbes à côté de sa production en série pour les parfumeurs, les pharmacies, l’industrie… Il a exposé ses créations lors de plusieurs expositions universelles, dont celles de Paris en 1889 et 1900 », ajoute Jean.


Le livre, préfacé par Didier Paillard, commence par l’histoire de l’homme, né en 1839 dans les Vosges, arrivé à Saint-Denis à 24 ans, et suit son ascension, « de la fabrique française à l’usine de renommée mondiale ». Mais il ne masque rien des travers de l’époque, comme le travail des enfants ou la « viande à feu », terme qui en dit long sur les conditions d’exploitation des ouvriers verriers.


Enfin, il répertorie de manière quasi exhaustive les productions Legras, du moins celles connues à ce jour, à travers une classification par objets, décors et séries et une iconographie de belle qualité. 3 000 exemplaires de l’ouvrage ont été tirés, à commander en ligne (1).


Benoit Lagarrigue


François-Théodore Legras, verrerie artistique et populaire française de Dominique et Jean Vitrat et Marie-Françoise et Jean-François Michel, 2012, 380 pages, 75 €.


(1) Ouvrage disponible sur http://www.legras2-lelivre.fr/


(Première mise en ligne en juin 2012)