En ville

Exposition photo : les lycéens de Paul-Éluard ouvrent les yeux sur le monde

Depuis trois ans, les élèves d’une classe de 1re ES partent en voyage, point d’orgue d’un projet pédagogique. Après l’Irlande du Nord et les États-Unis, leur séjour en Afrique du Sud nourrit l’expo photo visible en ce moment au théâtre.

Dans l’espace librairie du TGP, derrière le hall d’accueil, une exposition de photos attire les regards des spectateurs attendant l’ouverture des portes pour assister à Mary Stuart (lire JSD n° 800 et 802). Il s’agit d’un travail réalisé par des élèves du lycée Paul-Éluard. Visages, silhouettes, regards, scènes de la vie quotidienne, en noir et blanc et en couleurs, ces images sont de belle qualité et rendent compte d’un travail mené depuis trois ans. « L’idée de départ était de monter un projet pédagogique avec les élèves d’une classe de 1re ES, conclu par un voyage d’étude », explique de son accent chantant Jean-Pierre Aurières, professeur d’histoire et géographie. Avec deux de ses collègues, l’angliciste Martin Cayrel et l’hispanisant Nicolas Urlacher, qui a l’avantage d’être au moins autant photographe qu’enseignant, ils démarrent en 2006 avec un travail sur l’Irlande du Nord, conclu au printemps 2007 par un voyage de six jours sur place. Tierno, aujourd’hui étudiant en sciences politiques à Paris 8 se souvient : « On a vraiment découvert un pays, en profondeur. Nous avons fait des rencontres. Ça m’a montré qu’il n’y a pas que l’école, dans la vie, sourit-il, les voyages sont aussi importants pour découvrir les autres… » Surtout quand on peut rencontrer des personnes comme le prix Nobel de la paix 1998, John Hume.

« Nous voulions travailler sur l’idée de frontière »

Le projet fonctionne si bien qu’il est reconduit l’année suivante, toujours avec une classe de 1re ES. Et qu’il est développé. « Il faut dire que nous sommes bien aidés, non seulement par le lycée, mais aussi par Plaine commune », précise Jean-Pierre Aurières. Cette fois, direction le Sud des États-Unis. « C’était un projet fou. Nous voulions travailler sur l’idée de frontière », raconte Martin Cayrel. Et, après avoir approfondi la question, visité des expositions, rencontré des intervenants, les élèves et leurs professeurs s’envolent, durant quatorze jours à Pâques 2008, vers la frontière entre les USA et le Mexique, marquée par un mur se voulant être une barrière contre l’immigration. « Nous sommes allés des deux côtés du mur, et avons rencontré des acteurs de ces deux pays », ajoute Jean-Pierre Aurières. Une équipe prenait des photos, une autre alimentait un blog quotidien (1). Mohamed, cette année étudiant en classe préparatoire d’économie à Paris, y a vécu une belle expérience personnelle et humaine. « Nous avons fait un vrai travail de recherche. Nous avons aussi vu qu’aller des États-Unis au Mexique se faisait sans problèmes, alors que lors du passage inverse, il y a beaucoup de contrôles… Ce mur, c’est une vraie frontière entre deux mondes, on veut empêcher les gens de passer et on ressent le ridicule de cette situation. » Au retour, un autre défi attend les lycéens : ils donnent plusieurs conférences sur leur voyage au lycée et, excusez du peu, lors de la très sérieuse manifestation Savantes Banlieues en novembre 2008, à l’université Paris 13. « C’était assez extraordinaire de parler devant un tel auditoire et de voir qu’on nous écoutait… », se rappelle Mohamed.

Pour l’Afrique du Sud Lucile et Priscilla retient la gentillesse

Troisième année, troisième voyage. Cette fois, direction l’Afrique du Sud, au moment des élections présidentielles d’avril 2009. « Aller sur place a changé nos idées sur ce pays », disent d’emblée Lucile et Priscilla, encore sous le choc de ce qu’elles ont vu là-bas. Priscilla, qui « faisait la journaliste » pour le blog, retient la gentillesse et l’hospitalité des gens, « les plus pauvres sont souvent les plus accueillants », dit-elle, et raconte sa visite du lycée de Soweto ou encore ses rencontres avec des jeunes filles victimes de viols, les échanges autour de la question dramatique du sida… « Ce fut une aventure humaine dont nous sommes ressorties grandies », confie Lucile, qui a pris de nombreuses photos. Et toutes deux iront parler de leur voyage à Savantes Banlieues, les 19 et 20 novembre.
Pour l’heure, ce sont ses photos et celles de ses camarades, qui voisinent avec celles de Nicolas Urlacher dont le talent a manifestement déteint sur ses élèves, que l’on peut admirer au TGP jusqu’au 18 octobre. En attendant le prochain voyage, prévu au printemps 2010, en Bolivie. « Nous allons travailler sur la notion de peuple indigène », annonce Jean-Pierre Aurières.

Benoît Lagarrigue

Expo photo au TGP, 59, boulevard Jules-Guesde, aux jours et heures d’ouverture du théâtre. Jusqu’au 18 octobre. Entrée libre.
(1) Blogs États-Unis/Mexique : au-bout-de-la-frontière.com ; Afrique du sud : southafrica2009@eklablog.com

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