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Examens : les étudiants tentent la négociation

En plein mouvement social contre la réforme des retraites, les étudiants continuent de se mobiliser pour le report ou l’aménagement des partiels en cette rentrée universitaire.
A Paris 8, les examens du premier semestre ont été reportés ou aménagés dans certaines filières et pour tous les étudiants qui n'ont pas pu passer leurs examens. © Yann Mambert
A Paris 8, les examens du premier semestre ont été reportés ou aménagés dans certaines filières et pour tous les étudiants qui n'ont pas pu passer leurs examens. © Yann Mambert

« Pas de transports = pas de partiels ! » Dans une pétition adressée fin décembre à la présidence de l’université Paris 13, l’Union nationale des étudiants de France (Unef) de cette faculté se veut transparente. L’organisation syndicale étudiante a commencé à négocier bien avant la rentrée officielle, le lundi 6 janvier – date à laquelle devaient démarrer les examens du premier semestre – le report des partiels pour les quelque 25 000 étudiants que compte l’université. Le vendredi 3 janvier, l’Unef est parvenue à arracher une première victoire.

« Le report des examens a été accepté dans toutes les composantes de Paris 13 et pour toutes les filières », a expliqué Kacper Gruczka, étudiant en licence 1 Sciences politiques et président de l’Unef Paris 13. Ce report d’examens concerne également l’IUT Paris 13 de Saint-Denis. « Nous continuons d’estimer que la meilleure solution pour les étudiants est la tenue de devoirs maison. De cette façon, les étudiants pourront être évalués convenablement sans le stress de savoir ou pas s’ils auront des transports pour venir à leurs examens », a-t-il éclairci.

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« Solutions adaptées »

À Paris 8, le calendrier des partiels a lui aussi été chamboulé en raison des difficultés dans les transports. Des examens qui devaient avoir lieu les semaines du 9 et 16 décembre ont été aménagés ou reportés. Dans un court communiqué en date du lundi 6 janvier, l’équipe présidentielle a avancé qu’elle mettrait en place des « solutions adaptées : report, utilisation de la plateforme Moodle, etc. » pour tous les étudiants qui n’ont pas encore pu passer leurs examens. Mathilde, étudiante en master 1 cinéma à Paris 8, ne se rendra pas à la fac cette semaine car le cours intensif qu’elle devait avoir « est actuellement en suspension ». Au sujet de ses examens, compte tenu de sa filière, très peu d’aménagements ont été nécessaires.

« En master cinéma, on a très peu de partiels sur table. Et avant les vacances, on a rendu pas mal de devoirs maison. » La jeune femme qui vit à Paris a dû se rendre à sa fac « une seule fois en pleine grève » pour passer un exposé en binôme. « Je n’ai pas mis trop de temps, j’ai pris le RER D, puis suis arrivée à Saint-Denis. J’ai marché jusqu’à l’université. » Pour Mathilde, la mobilisation contre la réforme des retraites doit « s’étendre ». « Je comprends cette colère. J’ai participé à la manifestation du 5 décembre, je participerai à celle du 9 janvier. Je ne me mobilise pas seulement contre la réforme des retraites mais aussi contre la hausse des APL, la précarité étudiante ».

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Au sujet des reports et aménagements des partiels, le syndicat Solidaires étudiant de Paris 8 milite pour une « égalité de traitement ». « Si ça doit passer par des devoirs maison, ce qui est moins pénalisant, il faut que les délais accordés pour leur préparation soient pris en compte », a exprimé Sophie, étudiante en master sciences politiques et membre du syndicat, qui craint aussi que ces reports posent problème aux étudiants. « Il n’y a pas de visibilité pour la suite. »
 

Yslande Bossé