Cultures

Maison d’édition
/ Evalou, l’évasion pour les p’tits loups

D’une jeunesse agitée à la cité Floréal, David Ribet a su garder le meilleur et a fondé en 2018 sa maison d’édition de livres jeunesse, Evalou. Une passion pour les histoires qui l’a suivi toute sa vie, comme une échappatoire à un quotidien autrefois mouvementé.
David Ribet, Dionysien pur jus désormais exilé en Seine-et-Marne (77)  a fondé en 2018 sa maison d'édition Evalou qui propose des ouvrages jeunesse « non moralisateurs ».
David Ribet, Dionysien pur jus désormais exilé en Seine-et-Marne (77) a fondé en 2018 sa maison d'édition Evalou qui propose des ouvrages jeunesse « non moralisateurs ».

David Ribet, Dionysien pur jus désormais exilé en Seine-et-Marne (77) « dans les champs de patates », publie en avril 2018 le premier livre de sa maison d’édition. Contraction des prénoms de ses deux filles, Evalou propose des ouvrages jeunesse aux enseignements « non moralisateurs ».

À travers ses œuvres originales, Evalou met en avant des artistes du bout du monde comme Ousmane Diara, conteur malien de talent. Un véritable projet familial après plusieurs années passées au sein de grandes maisons d’édition et de quelques bifurcations professionnelles.
 

Fada de livres

Le Dionysien se passionne très tôt pour les livres et notamment ceux sur les aventures maritimes du commandant Cousteau. Élevé par sa mère à la cité Floréal, il trouve dans la bibliothèque Centre-ville « un vrai refuge ». « Ma mère était seule pour élever trois enfants aux casiers judiciaires fournis, mais elle nous a donné le goût du travail », précise l’éditeur, qui ne s’étale pas plus sur ses erreurs de jeunesse.

Après quelques années turbulentes, David devient animateur dans les centres de loisirs et traîne déjà les petits dont il s’occupe dans les bibliothèques. Il se lance parallèlement dans des études de psychologie à Paris 8. Un Deug qu’il abandonnera après avoir croisé, sur les bancs des amphithéâtres, sa future femme. David concrétise alors sa volonté de diffusion et de transmission. Il se déplace dans tout Saint-Denis à bord du bibliobus et se rend au cœur des quartiers pour promouvoir la lecture et raconter des histoires aux enfants. « Certains quartiers de Saint-Denis étaient de véritables déserts culturels, le bibliobus était un îlot de culture dans les cités », se rappelle l’entrepreneur.
 

« La cité c’est formateur »

Pour éviter le service militaire, David demande à intégrer ce qui s’appelle alors le service-ville et part travailler dans les bibliothèques de Saint-Denis. « Mon rapport aux jeunes a changé à ce moment-là. J’avais uniquement une relation de répression avec eux. Ma position faisait qu’il n’y avait plus de partage et j’ai réalisé que travailler dans une bibliothèque n’était pas pour moi », se souvient-il. David décide alors de se lancer dans un BTS édition en alternance qu’il réussira avec brio avant de quitter le monde du livre quelques années plus tard pour un projet d’entreprenariat en Chine. Le lancement d’une agence de service à la personne plus tard, David et sa femme investissent dans l’édition en 2017 et fondent Evalou l’année suivante.

Sa niaque, l’homme de 42 ans l’attribue à sa jeunesse en cité. « C’est une vraie richesse d’en venir. C’est formateur, on est obligé de se débrouiller », précise-il, bien qu’il souhaite que ses filles grandissent dans un environnement plus serein. Aujourd’hui concentré sur le développement de sa maison d’édition, David Ribet tente de diffuser la culture à son échelle et donne des livres régulièrement aux bibliothèques. La petite entreprise familiale devrait, elle, voir naître entre avril et juin deux nouveaux albums.

Olivia Kouassi

evalou-editions.fr ; commandables à Folies d’encre.