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Migrants avenue Wilson
/ En quête d’un abri d’urgence

Vendredi 7 décembre, à l’issue d’une réunion avec le Collectif Solidarité Migrants Wilson, la Ville s’est dite favorable à l’ouverture d’un accueil de jour et réfléchit à une mise à l’abri de quelques migrants d’ici la fin du mois de décembre.
Avec la venue de l’hiver, le Collectif Solidarité Migrants Wilson s’inquiète des conditions de survie, déjà difficiles, des migrants et attend plus que des propositions d’ordre logistique.
Avec la venue de l’hiver, le Collectif Solidarité Migrants Wilson s’inquiète des conditions de survie, déjà difficiles, des migrants et attend plus que des propositions d’ordre logistique.

Le rendez-vous était attendu. Six bénévoles du Collectif Solidarité Migrants Wilson se sont entretenus, fin de semaine dernière, avec le maire Laurent Russier, des membres de son cabinet ainsi que quelques élus : Suzanna de la Fuente, en charge du quartier de la Plaine, et Jaklin Pavilla, adjointe aux solidarités. Le cas des 300 personnes réfugiées qui dorment depuis deux ans sur l’avenue Wilson à la Plaine a été au centre des préoccupations.

Dans une lettre adressée au maire, il y a une quinzaine de jours, le Collectif alertait sur « le caractère urgent de la situation » et demandait des mesures concrètes. Parmi elles : « un accès à l’eau », « des blocs sanitaires », des « containers poubelles » mais aussi « le nettoyage régulier des espaces publics » où vivent les réfugiés, en majorité des hommes, originaires de la corne de l’Afrique. La municipalité a fini par en mettre plusieurs sur la table : un système de nettoyage avec la mise en place notamment de containers servant de bacs à poubelles. Certains ont été installés jeudi 6 décembre. « On s’est également mis d’accord sur des containers pouvant abriter les affaires personnelles des migrants », a souligné Jaklin Pavilla. La Ville « fait des devis pour obtenir une douche mobile et des toilettes », a-t-elle encore précisé.

Mi-novembre, une commerçante dionysienne a dénoncé dans la rubrique @Vous du Journal de Saint-Denis, la « chasse aux migrants » qui serait opérée par la police municipale. Plaine Commune, en charge de la voirie, jetterait leurs affaires à la poubelle. Le Collectif Solidarité Migrants Wilson a aussi interpellé à plusieurs reprises la Ville sur la confiscation par les policiers municipaux des effets personnels des réfugiés. La Mairie a bien eu vent de ces actes. « Jeudi dernier, la police municipale aurait jeté les affaires des migrants. On les a alertés. Parfois il peut y avoir des loupés », a admis la maire adjointe aux solidarités et au développement social.
 

Accueil de jour ou accueil de nuit ?

Autres propositions faites par la mairie de Saint-Denis : l’ouverture d’un accueil de jour. « On serait plutôt favorable, nous, à un accueil de nuit, c’est mieux, toutes les associations le disent, Médecins du monde, Utopia 56. La bulle (1) l’a fait », a avancé Jean-Jacques Clément. Mais sur ce point, le bénévole est clair : « La Ville nous demande si on peut être un support sur lequel elle peut s’appuyer mais, nous, on n’a pas les compétences pour tenir un lieu comme ça. » Pour Jaklin Pavilla, le Collectif serait prêt à gérer un accueil de nuit, mais pas de jour. « On peut participer à la tenue mais on ne peut pas être un support », a détaillé le bénévole.
 

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Dans le cas d’un accueil de jour comme de nuit, la « gestion des entrées et des sorties » des migrants « est une question à régler », selon l’élue. « On va demander à l’État une association compétente qui soit à même de gérer le flux et faire un travail d’accompagnement. Il faut monter au créneau sinon le lieu va devenir insupportable ».

Si plusieurs pistes ont été mises en avant, trouver un lieu dans la ville pour mettre à l’abri les 300 réfugiés de l’avenue Wilson, avant la fin du mois de décembre, est délicat pour la municipalité. Elle se dit prête à trouver un abri pour 50 ou 100 migrants maximum mais pas plus. « Le maire l’a bien expliqué, on ne pourra pas aller jusqu’à 300 personnes », a justifié la première adjointe aux solidarités. Comment procéder dès lors ? « On va interpeller les villes alentour, Paris, Aubervilliers, Saint-Ouen pour qu’elles nous aident dans ce sens », a expliqué Jaklin Pavilla.
 

Pression

Avec la venue de l’hiver, le Collectif Solidarité Migrants Wilson s’inquiète des conditions de survie, déjà difficiles, des migrants et attend plus que des propositions d’ordre logistique. « La mairie répète qu’elle ne veut pas faire de camps mais il y en a déjà, toutes les nuits. Il y a des réfugiés qui dorment dehors », a souligné Jean-Jacques Clément. « Elle veut négocier avec l’État sur cette question mais je pressens qu’elle est prise en sandwich entre nous, le Collectif, qu’elle ne veut pas mettre en colère, et l’État qui reste sur ses positions, et qui veut évacuer », a continué le bénévole qui craint de voir un tel scénario se réaliser avant la fin de l'année 2018.

Yslande Bossé

(1) La bulle est un ancien centre humanitaire de la Chapelle (18e arr. de Paris).

Réactions

Mieux vaut tard que jamais ... mais c'est vraiment tard, très tardif ! Sinon JJ Clément un des rares "insoumis" local qui inspire le respect ...çà change du "chef de fil".

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