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Laïcité
/ Deux gardes de l’espace public pointés du doigt

Suite à un incident survenu samedi 5 octobre à la Fête de Saint-Denis, l’Observatoire de la laïcité à Saint-Denis (1) reproche à la Municipalité d’avoir manqué de fermeté quant au respect de l’interdiction du voile intégral dans l’espace public. La Ville défend ses agents pointés du doigt.
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Samedi 5 octobre, vers 17h30. Le village associatif de la Fête de Saint-Denis est sur le point de fermer ses portes. Un couple (un père et sa fille selon certains témoins) déambule dans les allées clairsemées en direction du stand de l’Observatoire de la laïcité à Saint-Denis (OLSD). L’homme vêtu d’un qamis (longue tunique arrivant au-dessus des chevilles) est accompagné d’une femme en niqab (voile intégral ne révélant que les yeux) (2). Le couple est alors photographié par un membre de l’OLSD à l’aide d’un téléphone portable. S’en suit une altercation. Le couple pris en photo contre sa volonté demande la destruction des images, ce que refuse l’auteur du cliché. Le ton monte. La personne vêtue d’un niqab réussit l’espace d’un bref instant à s’emparer du téléphone, selon les membres de l’OLSD. Le portable est aussitôt récupéré par son propriétaire. Le couple s’éloigne et revient quelques minutes plus tard avec deux agents municipaux gardes de l’espace public. À partir de cet instant les versions divergent.

Selon les membres de l’OLSD, les agents municipaux auraient délibérément pris fait et cause pour le couple importuné par les photos et appuyé la requête de destruction des images. Version que récuse la hiérarchie des gardes de l’espace public qui assure que ces derniers ont demandé le renfort de la Police municipale. Cette dernière étant indisponible, des agents de surveillance de la voie publique (ASVP) sont arrivés sur place. 

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Enquête

Après s’être fendu d’un communiqué dans lequel il dénonce « une agression salafiste », l’OLSD a pris l’initiative le 8 octobre d’adresser un courrier officiel à Laurent Russier maire de Saint-Denis (copie au préfet et au ministre de l’Intérieur) par l’entremise de Me Malka, avocat notamment de Charlie Hebdo. Dans sa missive, l’avocat rappelle que l’individu en voile intégral « contrevenait aux dispositions de la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public ». Me Malka insiste aussi sur le fait que le membre de l’OLSD « avait parfaitement le droit » de prendre un cliché du couple dans l’espace public comme l’y autorise la loi. Cette dernière se contente en effet de fixer des règles en matière de diffusion des images. Si les clichés n’ont pas été diffusés à ce jour, on peut en revanche se demander dans quel but ils ont été réalisés.

À travers la plume de son avocat, l’OLSD pointe « une situation invraisemblable dans la mesure où, le couple est revenu accompagné de deux agents municipaux demandant, non pas à la femme qu’ils escortaient de respecter la loi républicaine en ne dissimulant pas son visage, mais accusant mes clients d’avoir pris une photo et les sommant de détruire les clichés. » En conséquence de quoi l’OLSD réclame « qu’une enquête soit menée par les services de la ville. » La Ville a réagi dans un communiqué en date du 11 octobre.

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Elle rappelle notamment que les gardes de l’espace public « ne sont pas des policiers municipaux et ne disposent d’aucun pouvoir de verbalisation ». Le 5 octobre ces derniers « ont tenté de calmer l’altercation », selon la Ville qui assure face à des « accusations particulièrement graves » avoir immédiatement lancé « une enquête administrative. Les premiers éléments permettent de démontrer que certains membres de l’association ont tenu des propos et adopté une attitude, notamment en direction des agents, que la municipalité condamne ». La municipalité, qui assure que la police municipale s’emploie à faire respecter et appliquer la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, « recevra prochainement les membres de L’Observatoire de la laïcité de Saint-Denis et les invite à lui communiquer au plus vite tous les éléments en leur possession permettant de faire valoir leurs arguments ».

Yann Lalande

  1. Il s’agit d’une association.
  2. Certains témoignages disent qu’y compris les yeux étaient dissimulés.

Réactions

il ne faut pas inverser les responsabilités les agressés deviennent accusés le titre même est accusateur c'est sur le stand de laïcité et pas ailleurs que deux personnes dont l'une entièrement couverte , (on ne voyait pas les yeux , je le répète ) et il y a de nombreux témoins, s'en est pris à l'un d'entre nous ils sont revenus avec deux : "garde espace public " à qui nous n'avons jamais demandé de verbaliser la personne en infraction mais ces fonctionnaires municipaux s'en sont pris aux laïques présents , et ont demandé sur un ton très sec de détruire d'éventuelles photos. Bien sur , nous avons protesté devant cette situation complètement incongrue et surréaliste l'affaire se serait dégonflée d'elle même si ces deux fonctionnaires municipaux n'étaient pas venus en soutien je le répète de deux personnes en infraction et nous menacer de faire part à leur hiérarchie et ils nous ont pris en photo ainsi que le stand et nous avons pensé qu'ils allaient porter plainte contre nous c'est ce qui nous amené de déposer une main courante et de prendre un avocat Pour la petite histoire . il y avait sur notre stand une banderole " LIBEREZ RAIF " le blogueur qui a pris 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour la liberté d'expression et l'égalité hommes/femmes en Arabie . est-ce cette banderole qui gênait tant la salafiste? L'"affaire " aurait été étouffée si les employés de la mairie ne s'étaient pas érigés en police des mœurs comme dans les pays islamiques !! encore une fois nous avons été victimes et ce sont les salafistes(ou pire) les agresseurs
on l a vu sur le stand on ne voyait meme pas ses yeux c est une hors la loi et unr amende à payer
Les Français n'arrêtent pas de se prendre les pieds dans le tapis au sujet de leur interprétation du concept de laïcité … Vous savez, nous, les belges, rions à gorge déployée de cet incessant vaudeville !!!
Mais où se situe Saint-Denis ? Pas chez les communistes puisque la religion considérée comme l'opium du peuple doit être combattue, pas en France puisque la loi interdit le port du nikab, pas chez les féministes ou les fémen puisqu'elles n'ont pas appelé à manifester... Où alors ? Bon sang mais c'est bien sûr, en Braouezéquie !
Il m'arrive fréquemment dans mon environnement professionnel d'être pris en photo ou plus souvent en vidéo sans autorisation et cela me dérange car nous vivons dans un univers ultra médiatisé et je ne sais jamais où ces photos ou vidéos peuvent atterrir. Quel que soit le bien fondé de l'OLSD, je n'approuve pas cette prise de photos sans accord préalable.
Bonjour, je pense que nous ne connaîtrons jamais le fin mot de cette histoire. Ce qui est frappant ici, c'est clairement la confusion créée par l'absence de la police municipale (visiblement trop faiblement dotée pour assurer la sécurité pendant un événement aussi majeur que la Fête de Saint Denis, ce qui est inquiétant), qui doit être remplacée par cette structure parapublique qu'est l'ASVP: "Selon les membres de l’OLSD, les agents municipaux auraient délibérément pris fait et cause pour le couple importuné par les photos et appuyé la requête de destruction des images. Version que récuse la hiérarchie des gardes de l’espace public qui assure que ces derniers ont demandé le renfort de la Police municipale. Cette dernière étant indisponible, des agents de surveillance de la voie publique (ASVP) sont arrivés sur place". Ces agents ne peuvent pas verbaliser, c'est clairement dit par l'article (mais à quoi servent-ils alors?), mais tout le monde ne le sait pas et peut les confondre avec la police municipale. Cette confusion est la porte ouverte à tous les abus. La municipalité devrait tirer les enseignements nécessaires de cette situation: une seule entité devrait intervenir sur l'espace public et c'est la police municipale. C'est la seule solution transparente et proprement encadrée par le droit (pouvoirs et voies de recours clairement établis).
@luc davin. Il ny a aucune interprétation à faire mais juste l'application de la loi. Quand aux belges, vu la gestion des intégristes, je ne sais pas qui doit rire de qui.
@mourad: comment dans le cas présent nous faire avaler pareille couleuvre: "je n'approuve pas cette prise de photo sans accord préalable". Ces gens étaient en infraction et vous voudriez nous faire croire qu'ils auraient donné leur accord ? Et lisez bien l'article ces photos n'ont pas été publiées ! Ca commence à bien faire ! L'ambiance à Saint-Denis est devenue anxiogène et je connais nombre de femmes qui n'osent plus sortir seules ! On peut comprendre certaines réactions face au déni et au silence de la municipalité dont il est dit que certains membres n'habitent pas la ville
@georges- Vous conviendrez que l'on peut difficilement m'accuser sur ce site de complaisance avec l'Islam politique ... je vous donne uniquement ma position sur les prises de photos sans accord.
Je mets cette vidéo qui rappelle ce qu'est le principe de laïcité, et sa mise en place. (donc l'interdiction de se cacher le visage dans l'espace public est liée à une loi "sécuritaire". Cela n'a donc rien à voir avec la liberté de choix de culte et de religion.) https://www.youtube.com/watch?v=fx50d_aqaUo Pourquoi prendre en photo pour autant une femme qui se cache le visage? Si l'on s'inquiète que cette femme au visage caché puisse entraîner un danger, pourquoi ne pas appeler directement les services de police? Il me semble que prendre en photo une personne, même le visage caché, contre son gré est tout autant interdit. Concernant les gardes urbains, s'ils ne peuvent verbaliser, ils ont les moyens de faire appel, en cas problème de conflits graves dans l'espace public, de faire appel à la PM ou à la PN. l'ont ils fait?
La France est l'un des rares pays dans le monde avec l'Iran,l'Arabie Saoudite, Afghanistan..à légiférer sur les tenues vestimentaires des femmes..et on nous parle de liberté pour les femmes..MDR. Ces femmes sont exclu des écoles, activité sportive, politique..comme dans les pays intégristes.

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